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Hollande et Aubry, directs mais corrects


Jeudi 13 Octobre 2011 modifié le Jeudi 13 Octobre 2011 - 00:11

Une maire de Lille plus offensive, un député de Corrèze plus rassembleur, les deux finalistes de la primaire du PS se sont affrontés hier sur France 2.




Hollande et Aubry, directs mais corrects
Ça commence fort. François Hollande : «Je connais Martine depuis longtemps.» « Je n’étais pas sur tes genoux», corrige Martine Aubry. David Pujadas vient de leur demander si les deux finalistes de la primaire se détestent autant que la presse l’écrit. La maire de Lille reconnaît des relations «amicales et franches». Et Hollande préfère parler de respect «en ce qui [le] concerne». Elus à l’Elysée, ils pourraient donc nommer l’autre à Matignon, s’enquiert, perfidement, David Pujadas ? «Je pense qu’il faut un Premier ministre plus jeune que moi», dégaine la maire de Lille. «Je suis plus jeune que toi», plaisante Hollande pour qui, cependant, contexte de crise oblige, le choix d’un Premier ministre «n’est pas un arrangement, une combinaison. Cela correspond à un moment politique».

Bref, après ces douceurs, peut-on vraiment s’attendre à ce que le vaincu du deuxième tour soutienne le vainqueur, à l’instar d’Hillary Clinton réconciliée avec Barack Obama dès la primaire américaine pliée.

«Dès lundi, nous serons tous unis», assure Aubry, qui entend reprendre son poste de première secrétaire du PS et rappelle qu’à ce titre, c’est elle qui a organisé la «convention d’investiture» du grand pardon, prévue pour le 22 octobre. L’unité, «c’est une évidence et une exigence», confirme Hollande. «Il ne peut pas y avoir de victoire sans unité».


Thèmes. Le décor est planté, les candidats se cherchent, assis «en triangle» sur le plateau. Ni face-à-face comme l’aurait aimé Aubry, pas côte à côte comme le souhaitait Hollande. Avant de passer aux quatre thèmes préétablis du débat : questions économiques, questions sociales, politique européenne et internationale et «quelle présidence pour 2012».

David Pujadas met les pieds dans l’actualité socialiste du jour. Ségolène Royal vient d’appeler à voter «massivement» pour Hollande au second tour (lire page 4). «C’est Ségolène, elle rebondit immédiatement», salue Aubry, ni «déçue» ni mauvaise joueuse. Faute d’avoir reçu le soutien de la leader, elle vise ses électeurs. La primaire, «c’est la liberté donnée au peuple de gauche», martèle la candidate. Et d’ironiser : «On me donnait 17 points derrière.» Les électeurs «se sont moqués des sondages», savoure-t-elle.

Elle n’oublie pourtant pas de glisser que Royal aura un «rôle important» si elle est élue présidente. Au tour de Hollande, qui salue les idées portées par son ex-compagne. «J’entends les propositions», dit-il, sans plus de précision. «Des responsabilités, elle en aura», s’engage-t-il aussi, l’air relax.

Combine. Alors que l’équipe du député de Corrèze faisait mine de craindre un «Tout sauf Hollande» ces dernières semaines, c’est un peu l’inverse qui semble aujourd’hui se passer. Il est désormais soutenu par Manuel Valls, Jean-Michel Baylet et Ségolène Royal. «C’est plus facile d’arriver dans un débat quand tu as récupéré le soutien de trois des quatre candidats du premier tour. François a moins de pression», reconnaissait un proche de Hollande avant l’émission. «Le débat peut être impacté par ça. Ou pas. Martine sait encaisser les coups», expliquait un député aubryste. Aubry sait aussi en donner. «J’ai dit et je le redis, face à une droite dure, il ne faut pas une gauche molle», attaque-t-elle, niant, avec une parfaite mauvaise foi, cibler son concurrent. Lequel fait mine de marcher dans la combine. «Je constate que Martine n’évoquait personne», sourit-il, avant de répliquer : «Je ne sais pas ce que c’est que la gauche dure. Je n’en ai pas envie après cinq ans de présidence brutale.» Lui veut une «gauche solide», pas une «gauche sectaire», démentant avec la même mauvaise fois viser sa rivale.

Pas mou, peut-être, mais pas clair, Hollande ? «Ce n’est pas le débat qui est gênant entre nous, c’est le flou», tape-t-elle. Notamment sur le non-cumul des mandats, qu’elle soupçonne Hollande ne pas vouloir instaurer. «Je le ferai. Il y aura le vote d’une loi», lance le Corrézien qui interroge : «Puis-je être plus clair ?» «Oui, je le pense», tacle sa rivale.
Jeudi 13 Octobre 2011 - 00:02

(Libération)




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