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Hollande chez Bouteflika: une visite qui suscite moult interrogations




François Hollande effectue une visite de quelques heures ce lundi à Alger. Il se rend pour la deuxième fois en Algérie en tant que chef de l'Etat pour rencontrer Abdelaziz Bouteflika, un président très affaibli par la maladie.

Par Lila Taleb




Le clou de cette visite éclair est bien évidemment l’entretien qu’aura François Hollande avec M. Bouteflika, président invisible dont les rares apparitions posent la question sur sa capacité à diriger le pays.

Cette visite suscite moult interrogations. Des voix s'interrogent sur l’opportunité de ce déplacement ainsi que sur le rôle que Paris pourrait jouer dans la succession de Bouteflika, 78 ans, réélu sur un fauteuil le 17 avril 2014 pour un quatrième mandat.

« Le président ne se mêlera ni directement ni indirectement de la succession de M. Bouteflika », se défend l’Elysée qui tient à préciser que François Hollande se rend à Alger « à l’invitation » de Bouteflika. Mais pour l’écrivain et journaliste, Kamel Daoud, lauréat du prix Goncourt du premier roman pour Meursault, contre-enquête , Cette visite « va être utilisée comme un lifting de la présidence actuelle. C’est un peu immoral, scandaleux et très maladroit ».

«Avec qui M. Hollande va-t-il s’engager ?», s'est interrogé pour sa part sur France info l’ancien Premier ministre Ali Benflis qui dénonce une «vacance» de pouvoir qui dure depuis longtemps. Pour le président du Front national algérien (FNA), Moussa Touati, la visite de François Hollande s’inscrit dans un cadre bien précis: «Valider les contours de la prochaine Constitution algérienne et également donner son aval pour le successeur de Bouteflika».

Le président français arrive donc dans un pays frappé par une crise de gouvernance et à la veille d’une catastrophe économique annoncée. La chute des prix du pétrole impacte méchamment l’économie algérienne. Ressource quasi-unique de l’Algérie, il représente 96 % des exportations du pays et 60 % du budget de l’Etat. Avec la manne pétrolière, l’Etat subventionne tous les produits pour mieux étouffer toute contestation.

En 2000, la manne pétrolière s’étant envolée, l’Algérie avait engrangé 750 milliards de dollars. Noyés sous l’argent du pétrole, les responsables algériens oublient d’investir dans l’appareil productif. Résultat : l’Algérie importe pratiquement tout et ne produit pas grand chose.

L’effondrement des prix du pétrole crée la panique. Les recettes d’exportation ont chuté de 40% entre janvier et avril 2015. Et la cagnotte constituée pour pallier aux imprévus fond comme neige au soleil. Fin 2014, elle s’élevait à 44 milliards de dollars. Elle a été ponctuée de 29 milliards en un an. Pour réduire les importations, le gouvernement a décidé d’octroyer des crédits pour consommer local. Une manière de conjurer la crise.



Lundi 15 Juin 2015 - 03:04



Lundi 15 Juin 2015 modifié le Lundi 15 Juin 2015 - 16:03

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