Atlasinfo.fr: l'essentiel de l'actualité de la France et du Maghreb
Rubriques




Guéant veut une application plus stricte de la laïcité


Jeudi 24 Mars 2011 modifié le Jeudi 24 Mars 2011 - 20:03

Claude Guéant multiplie les sortiers médiatiques. Après avoir assimilé l'intervention en Libye à "une croisade", le ministre de l'Intérieur a déclaré jeudi matin que les usagers des services publics "ne doivent pas porter de signes religieux".




Guéant veut une application plus stricte de la laïcité
Claude Guéant va encore faire parler de lui. Au centre d’une polémique après ses propos sur la "croisade" qui serait menée en Libye, le ministre de l’Intérieur s’expose encore à la bronca après ses déclarations, jeudi matin, sur le port de signes religieux dans les services publics.

Les usagers des services publics "ne doivent pas porter de signes religieux", ni "manifester une quelconque préférence religieuse", a indiqué le ministre sur i-Télé et Radio Classique, alors qu’il était interrogé sur les enjeux du débat sur la laïcité organisé par l'UMP. Et le nouveau ministre de préciser sa pensée: "les agents des services publics évidemment ne doivent pas porter de signes religieux, manifester une quelconque préférence religieuse, mais les usagers du service public ne doivent pas non plus".

L’entourage du ministre s’est aussitôt attaché à faire une explication de texte de ses déclarations, assurant que "dans son esprit, ça concernait certains services publics comme l'hôpital ou encore l'école. Là où des cas problématiques sont le plus souvent observés". Dans son interview jeudi matin, Claude Guéant avait pris pour exemple "l'hôpital où il y a un certain nombre de personnes qui refusent, pour des femmes, des soins prodigués par des hommes", jugeant que cela était inamissible.

Les transports en commun pas concernés

Un autre proche de Claude Guéant a assuré à Europe 1 qu’il n’était pas question d’interdire les signes religieux dans les transports en commun. Le ministère de l’Intérieur reste en revanche ambigu pour les guichets des administrations.

Depuis son arrivée Place Beauvau, Claude Guéant multiplie les déclarations chocs. Trois jours avant le premier tour des cantonales, l’ancien secrétaire général de l’Elysée déclenchait un tollé en déclarant sur Europe 1 que les Français "avaient parfois le sentiment de ne plus être chez eux" du fait d'une "immigration incontrôlée", reprenant le thème fondateur du Front national. Avant de s’exposer à une nouvelle critique pour ses déclarations sur la "croisade". Cette fois, ses propos sonnent comme un nouveau signal envoyé à la droite de la droite à trois jours des cantonales.

Jeudi 24 Mars 2011 - 20:01

Europe1





1.Posté par MCPN le 25/03/2011 01:06 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
C’est du bon sens et une évidence, en finir avec les religions.
Arrêtons de promouvoir et de vénérer une maladie qui fait tant de dégâts.
Ce n’est pas compliqué de comprendre que lorsque l'on entend des voix, on n'est pas prophète mais schizophrène ; et c'est rétroactif...
Mais à qui l’a-t-il dit :
http://maurice.champion20.pagesperso-orange.fr/Mais-a-qui-l-a-t-il-dit.htm
Hallucinant oui!!

2.Posté par BELLER R AYMOND ABDERRHAMANNE le 25/03/2011 17:33 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
ca va toujours de plus en plus loin que je sache pas mal de femmes sans parler religion se sente fort mal a l'aise pour certaine intervention ou visite face a un medecin homme et beaucoup de medecin homme comprennent cela par contre nous musulmans soyons serieux dans les urgence ou les cas ou ils n y a pas de medecin femme disponible adaptons nous a la situation sachant qu une personne pour soigner et notemment un medecin c est sont travail et DIEU que chaque jours fait permet a la medecine de trouver le meilleur pour les soins alors nous de grace n entravons pas cela

3.Posté par Ian Mansour de Grange le 27/03/2011 15:58 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Le titre de l'article est vraiment malheureux. "Application plus stricte de la laïcité" signifierait que le concept est clairement défini. Or, le terme "laïcité" n’existe, en France, que dans deux textes constitutionnels et il n’y est jamais défini :
1 - La Constitution, depuis 1946, dispose que la France est une république indivisible laïque et sociale. Le mot a été introduit dans le projet constitutionnel par un amendement communiste dont l’exposé des motifs est essentiellement le rappel de la loi de séparation de 1905.
2 - La seconde mention figure dans le Préambule qui énonce que l’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés, est un devoir de l’État.
Surprise : Le mot "laïcité" est absent de la loi de séparation des Églises et de l’État et, aussi, ce qui est plus surprenant encore, de la loi du 28 mars 1882 qui instituait un enseignement primaire et public. Absent donc du corpus législatif, le mot n’est, pas davantage, défini par le Conseil d’État, institution dont un des rôles essentiels est d’interpréter les lois et d’en éclairer le sens et qui, quoique les occasions lui en aient été données, à plusieurs reprises, ne donne aucune définition juridique de la laïcité.
Dans les faits et l'opinion publique, cependant, le seul consensus, à peu près acquis, serait celui de la neutralité religieuse des pouvoirs et services publics.
L'autre aspect, moins consensuel - et la sortie de Guéant le prouve, une nouvelle fois - relève de la nécessité de proscrire toute discrimination, qu’il s’agisse de l’accès au service public ou bien encore de l’accès à la fonction publique.
A notre époque, l’appartenance religieuse a radicalement changé de sens. Loin de se vivre comme l’allégeance à la puissance politique de l’Église, elle s’affirme comme un élément essentiel de l’individu - de son identité dit-on aujourd’hui - et les limites que lui impose une loi laïque non définie et, donc, à interprétation et géométrie variables, sont vécues comme une entrave à son épanouissement, voire comme une persécution.C'est, malheureusement, de plus en plus évident, pour les Musulmans vivant dans l'Hexagone.
Admettons, cependant, que la dimension de la non-discrimination finisse par atteindre un degré acceptable de consensus. La laïcité pourrait-elle se contenter de cette neutralité ? Non. Elle doit, également, assurer l'égalité entre les cultes, garantie de leur liberté. A l’instar de la Déclaration des droits de l’Homme, garantir que quiconque ne pourra être inquiété pour ses opinions, même religieuses, fait partie de l’exigence qu’implique la notion juridique de laïcité.En allant plus loin, on peut même considérer que celle-ci impose, à l'Etat, de garantir, également, le libre exercice des cultes, notamment en matière d'enseignement.
La loi du 15 mars 2004 a mis à jour l'étendue des contradictions qui agitent la société française vis-à-vis du concept, entre neutralité de l’État, d’une part, et garantie de la liberté d’expression religieuse, d’autre part. A vouloir évacuer l'expression des croyances de "l'espace" ou de la "sphère" publique - des notions encore extrêmement floues, sujettes à bien des dérapages totalitaristes - l'Etat écartèle la laïcité dans un débat insoutenable, exaspérant jusqu'au sens des fondamentaux affichés au fronton des mairies : Liberté, Egalité, Fraternité...






igieCe papier est né de la conjonction de deux évènements récents : La commémoration du centenaire de la loi de 1905 et l’essai d’établissement, en 2005, d’un décret constitutionnel pour l’Europe en formation. Lors de la préparation du texte proposé au vote des européens, certains d’entre nous avaient rencontré un éminent homme politique français impliqué dans cette préparation, pour lui demander de faire figurer dans le texte la notion de laïcité. Cet homme avait répondu que sur le principe il n’était pas opposé à l’idée, mais il souhaitait que nous lui fournissions une définition juridique de la notion de laïcité, susceptible d’être introduite dans un texte faisant force de loi.



Nous avons pensé que la Franc-maçonnerie pouvait s’atteler à cette tâche surtout en cette période de profonde réflexion sur le sujet.



Y a t il une définition juridique de la laïcité ?



Cet éminent politique, qui a sans doute beaucoup lu, sait que le mot sent la poudre. Il n’est pas étonnant qu’il ait posé la question pour peut être l’éluder et pour combien de temps ?



Les juristes ont beaucoup écrit à propos de la laïcité. On peut mesurer d’après leurs travaux la difficulté de dégager la notion de laïcité simplement parce que cette notion doit exprimer ou refléter une réalité qui se révèle juridiquement contradictoire. Car donner une définition juridique c’est cerner une idée, un concept qui ne se formule pas seulement dans un discours mais qui s’exprimera sous une forme spécifique, et cette forme c’est la loi. C’est ainsi que une notion juridique sous-tend un commandement ou porte une interdiction. On imagine, on espère une notion de laïcité qui soit univoque et qui puisse répondre à des préoccupations d’universalité pour être applicable à tous. Or la laïcité telle qu’elle se manifeste dans l’ordre juridique est née dans le tumulte et son histoire détermine encore sa traduction dans notre droit.



Comment, sans revenir sur la genèse de l’idée de laïcité, la définir juridiquement ?



Il faut rechercher, pour en donner la définition, le sens de la laïcité dans les règles qu’elle sous tend, le principe étant alors défini par ses applications.



Auparavant, on doit rechercher le fondement de la notion de laïcité, si on souhaite qu’elle ait vocation à s’appliquer à tous et en tout lieu, tant elle est d’abord et irréductiblement une notion française, tant elle est liée à un système juridique propre à une nation, la France, dont la tradition est absolument originale par rapport aux autres pays d’Europe à cet égard.



Est issue de cette tradition la volonté de l’État républicain de définir un espace public libéré de l’influence de l’Église catholique qui incarne des valeurs de hiérarchie et d’ordre dont veut s’affranchir l’individu, façonné par la Révolution et l’esprit des Lumières.

C’est dans cet espace public que se décide le destin des citoyens et il n’est pas concevable que la vérité ou l’erreur soit révélée par les prêtres d’une religion quelle qu’elle soit à partir d’une norme extérieure transcendante. Le choix entre vérité et erreur, qui est au fond le but de la politique, ne peut être le jouet d’influences antagonistes dont chacun des acteurs prétend qu’il constitue la seule vérité.



Outre la critique philosophique de l’ordre révélé, est en vue la paix sociale que rendent possible le compromis démocratique et le recours à la raison.

Les guerres de religion ont laissé des souvenirs et le législateur de la fin du 19ème siècle consciemment ou non est influencé par les affrontements qui ont mis l’existence même de l’État en péril. D’où le souci de mettre les religions en lisière et d’écarter du champ public les querelles entre leurs partisans.



Il y a enfin, au fondement juridique de la laïcité une conception de l’homme qui continue à animer, si elle ne le domine plus, le débat sur le droit. Il s’agit de l’universalisme qui implique entre autres postulats que le citoyen et même l’homme en sa totalité existe indépendamment de sa dimension reluse ou de son appartenance à une communauté ou à une culture et c’est sans doute la cause principale de la controverse dont la laïcité est l’objet. À l’intérieur comme à l’extérieur ils sont nombreux ceux qui prétendent que l’homme n’existe pas dans l’abstrait et qu’il n’est que le produit de sa culture ou bien encore de la culture de celui qui l’opprime.

La notion de laïcité inspire une loi émancipatrice en tant qu’elle interdit aux prescriptions religieuses d’accéder au statut de règle juridique.



Le temps a passé et à notre époque, l’appartenance religieuse change radicalement de sens ; loin de se vivre comme l’allégeance à la puissance politique de l’Église, elle s’affirme comme un élément essentiel de l’individu, de son identité dit-on aujourd’hui, et les limites que lui impose la loi laïque est vécue comme une entrave à son épanouissement voire comme une persécution.



Le respect des croyances et la garantie de la liberté des cultes qui sont l’autre volet de la loi laïque en sont tous transformés comme l’a montré la crise du foulard islamique



La notion juridique de laïcité doit être fidèle à la conception d’un espace public affranchi des immixtions des religions en tant que pouvoirs impliquant à leur égard une neutralité de principe de l’État mais elle doit intégrer les difficultés actuelles qu’implique la revendication identitaire revendiquée au nom de la garantie de la liberté d’expression des croyances.



Cette notion juridique de laïcité comment se traduit-elle dans l’ordre juridique ?



En premier lieu, sans doute il faut interroger les textes de loi qu’elle concerne ;

Eh bien ! le mot de laïcité n’existe que dans deux textes constitutionnels et il n’y est jamais défini :



Ø La Constitution depuis 1946 dispose que la France est une république indivisible laïque et sociale. Le mot a été introduit dans le projet constitutionnel par un amendement communiste dont l’exposé des motifs est essentiellement le rappel de la loi de séparation de 1905.

Ø La seconde mention figure dans le Préambule qui énonce que l’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés, est un devoir de l’État.



On constate non sans surprise que le mot laïcité est absent de la loi de séparation des Églises et de l’État et aussi ce qui est plus surprenant encore, absent de la loi du 28 mars 1882 qui institue un enseignement primaire public et obligatoire. Absent donc du corpus législatif, le mot n’est pas davantage défini par le Conseil d’État, institution dont l’une des rôles essentiels est d’interpréter les lois et d’en éclairer le sens et qui, quoique les occasions lui en aient été données à plusieurs reprises ne donne aucune définition juridique de la laïcité.



En premier lieu, la notion juridique de laïcité se traduit par des règles qui assurent la neutralité religieuse des pouvoirs publics.



Toute considération religieuse est étrangère à la mission de l’État dont les représentants, des responsables du plus haut niveau jusqu’au plus modeste de ses agents doivent observer vis-à-vis du fait religieux en général la plus stricte neutralité et l’on dira même plus la plus grande indifférence. L’État ne reconnaître aucun culte, il n’en salarie et n’en subventionne aucun.



Le principe ainsi posé par la loi du 9 décembre 1905 reprend pour l’affirmer le détachement de l’État du religieux comme l’avait symboliquement décidé le législateur qui a supprimé dans les premières années de la III me République la prière lors de la séance de rentrée parlementaire.



L’état ignore les cultes qui désormais quittent l’espace public et disparaissent aussi le Ministère des Cultes et tous les budgets y afférents.



Il ne saurait être tenu compte de principes religieux pour légiférer et la loi de 1884 autorisant le divorce est un exemple fameux de cette indifférence comme celui moins connu de la loi qui abroge l’interdiction de travailler le dimanche, inspirée en 1814 par la Restauration qui ne fut pas que monarchique.



Peu après la dernière guerre, le conflit avec l’Église catholique était bien apaisé et un grand juriste pouvait écrire que « le seuil du droit franchi, les passions s’apaisent ; pour le juriste, la définition de la laïcité ne soulève pas de difficulté majeure… Il s’agit de la neutralité religieuse de l’État. »



Cette neutralité est d’abord celle des services publics ; rien dans le comportement des fonctionnaires ne doit pouvoir suggérer une préférence une faveur ou une défaveur pour une religion quelle qu'elle soit ou pour une absence de religion d’ailleurs et cette obligation de neutralité pèse particulièrement sur les enseignants ; on se souvient des objurgations de Jules Ferry lors de la mise en œuvre de la loi de 1882 excluant les congrégations religieuses de l’enseignement primaire.





Nouveau commentaire :
Twitter