Gros malaise entre Vallaud-Belkacem et un « musulman normal » (et sexiste)

Idriss Sihamedi, le dirigeant de l’association humanitaire islamique Barakacity, a donné une vision très personnelle de l’islam « normal » sur Canal+. Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l’Education en France, s’est sentie « mal à l’aise » face à celui qui refuse de serrer la main aux femmes « comme certains rabbins » et qui espère offrir « un djihad pacifique et humanitaire » aux jeunes désireux d’aller faire le djihad en Syrie.

Aujourd’hui, Najat Vallaud-Belkacem était l’invitée politique de l’émission "Supplément" (Canal+), comme le rappelle le site de Marianne. La ministre de l’Education a assisté à la diffusion d’un reportage sur Barakacity, une association humanitaire islamique. Moussa, l’un de ses membres, est emprisonné au Bangladesh pour avoir aidé les Rohingyas, une minorité musulmane opprimée.

Il ne sert pas la main aux femmes
Idriss Sihamedi, le président de Barakacity, était également présent sur le plateau du "Supplément". Le malaise est né juste après la diffusion d’un reportage sur le sujet. On y a appris que l’ONG semblait avoir un souci avec ses membres féminins. Aucune d’entre elles n’est apparue dans le reportage et elles n’ont pas le droit d’avoir leur photo sur le site de Barakacity, contrairement aux hommes.

Ali Baddou, l’animateur du "Supplément", a alors demandé à Idriss Sihamedi s’il serrait la main des femmes.

EI
"Non, comme certains rabbins, je ne serre pas la main aux femmes", lui a rétorqué Idriss Sihamedi devant Najat Vallaud-Belkacem médusée.

Lorsque le sujet sur l’État Islamique a été abordé, le malaise s’est amplifié sur le plateau du "Supplément". Au cours du reportage, Idriss Sihamedi a souligné que son ONG s’adressait aussi aux jeunes désireux d’aller faire le djihad en Syrie, en leur offrant "une belle alternative", "un djihad pacifique, humanitaire".

"Ce n’est pas équitable"

"Ce n’est pas qu’on ne condamne pas l’Etat islamique, c’est qu’on essaye d’avoir une certaine pédagogie pour essayer de discuter avec les jeunes et pour leur faire comprendre qu’on est une alternative qui est bien, qui est pacifique", ajoute Idrisso Sihamedi face à Ali Baddou.

En écoutant ces paroles, Najat Vallaud-Belkacem lèvera les yeux au ciel. Le président de Barakacity tentera de se défendre: "Ce n’est pas équitable, ce n’est pas juste de poser la question à un musulman comme moi parce que je suis musulman. Barakacity condamne toutes les exactions commises par des groupes armés, des gouvernements, des juntes… S’ils tuent, s’ils brûlent des gens dans des cages etc, je ne vais pas vous dire oui, s’ils tirent sur des femmes enceintes, je ne vais pas vous dire non je ne condamne pas, donc je pense que oui."

Ali Baddou "gêné"
Ali Baddou lui répondra: "On est un peu gêné de la réponse, pour tout vous dire". Le son de cloche sera le même sur Twitter.

De son côté, Najat Vallaud-Belkacem, consciente qu’une ministre pouvait difficilement laisser dire de tels propos (ndlr: elle avait refusé de lui répondre dans un premier temps), a donné son avis.

Vallaud-Belkacem "mal à l’aise"

"Si je devais vraiment réagir, je dirais simplement qu’il faut distinguer à mon avis deux choses: la situation de Moussa, qui en sa qualité de ressortissant français a droit à une aide et une protection qui, si j’ai bien compris, lui est apportée par l’ambassade, et puis pour le reste je crois que c’est une association qui porte une façon de voir les choses qui n’est pas la mienne, à laquelle je ne souscris pas et qui me met aussi mal à l’aise, honnêtement, sur votre plateau, et donc je n’ajouterai rien".

Najat Vallaud-Belkacem, gênée, en a oublié de rappeler les fondamentaux de la République française où le respect des femmes et l’égalité des sexes fait partie de la loi commune.

Voir vidéo à partir de 30min

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