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Gad Elmaleh au Carnegie Hall de New York, "un aboutissement", mais aussi un "début"


Samedi 21 Mai 2016 modifié le Samedi 21 Mai 2016 - 08:47




Bientôt un an que Gad Elmaleh s'est lancé dans son aventure américaine. Des dizaines de dates, un spectacle en anglais, une tournée de grandes salles du 30 août au 10 septembre.

Et le Carnegie Hall le 11 février 2017.

Ce rendez-vous dans la prestigieuse salle new-yorkaise est "un aboutissement", mais aussi le signe d'une montée en puissance, explique-t-il dans un entretien téléphonique à l'AFP.



Q: Que représente ce passage au Carnegie Hall?


R: C'est un aboutissement. Je n'avais jamais, jamais imaginé pouvoir jouer dans cette salle, vraiment. J'ai commencé par une résidence à Joe's Pub (salle new-yorkaise). A l'été, ça fera quasiment un an que je fais des shows là-bas. Le Carnegie, ça m'a fait vraiment le même effet que lorsqu'on m'a annoncé que j'allais faire l'Olympia pour la première fois. Il y a quelque chose de sacré.

Mais ce n'est pas une fin. Ca correspondrait au début. Au début d'une vraie tournée dans des grandes salles, avec encore plus de passages télé. J'ai envie d'aller au bout du projet en anglais. Je pense que la fin, ou le point d'orgue, ce sera quand le spectacle sera passé à la télé américaine. Je commence déjà à avoir des offres. Mais je ne veux pas le faire tout de suite, parce que je ne suis pas prêt à fixer, immortaliser un truc. J'ai envie de roder encore le spectacle. Je commence tout juste à me lâcher en anglais. J'étais tellement concentré sur la langue, essayer d'avoir un bon anglais, un bon accent. Non pas d'avoir l'air américain. C'est juste que j'ai envie qu'on comprenne mes vannes. Donc j'étais très concentré sur la langue, la traduction. Je travaille tous les jours deux heures avec un prof. Quand la langue et l'accent se sont améliorés, j'ai pu m'exprimer plus physiquement. Et les shows que je fais là, ça n'a rien à voir.



Q: Où en êtes-vous de ce spectacle, "Oh my Gad"?


R: Je suis en train de le parfaire, de le réécrire. Tous les soirs, je réessaye les vannes, je coupe. J'ai réappris à écrire d'une manière qui était efficace aux Etats-Unis, tout en y apportant ce qu'on a nous, la rondeur, la chaleur qu'on a en Europe, en Méditerranée. Il y a quelque chose chez les comiques américains qui est très efficace. Je les admire pour cette efficacité, mais j'aime aussi nos comiques pour le charme qui se dégage des shows des humoristes européens, maghrébins.

J'espère arriver à faire un show qui est le mélange de mes inspirations et de ce que je suis profondément. Aujourd'hui, j'ai un souci d'efficacité beaucoup plus fort. Je ne peux pas imaginer que pendant plusieurs minutes ça ne rigole pas dans mon show. Le public américain n'est absolument pas prêt pour des histoires, avec des trucs rigolos, pendant de longues minutes. S'il n'y a pas de +punchline+ ou de grosses vannes, ils décrochent complètement. Ca ne les intéresse pas. Alors qu'en France, on est plus tolérant avec ça.

Dans les +comedy clubs", ce qui est génial, c'est qu'ils ne me connaissent pas quand je monte sur scène. Si je suis drôle, je suis drôle. Si je ne suis pas drôle, ben, bye-bye. J'aime bien ce challenge. Je me remets un peu en question, là. Il y a l'excitation, qui est tellement forte, tellement intense, que ça compense la peur qu'on peut avoir de faire un bide. Cela dit, ce qu'on appelle la +fan base+, c'est génial aussi. Si tu commences ta carrière aux Etats-Unis et que tu es Américain de souche, tu ne peux pas avoir des salles pleines.

J'ai la chance d'avoir quand même des expats qui me remplissent mes salles, je peux roder mon travail et après drainer des Américains. Je suis reconnaissant de ça, franchement. J'aime que ce public francophone là me soutienne parce que c'est aussi grâce à eux que je vais le mener à bout, ce projet.



Q: Votre participation à plusieurs talk-shows américains a-t-elle été un tournant?


R: Les passages télé, il y a quelque chose de radical et d'immédiat. Quand tu passes à la télé, tu es validé. Le lendemain, tu le vois directement sur les billets. Ca marche en Europe aussi, mais c'est plus long. Là, le spectacle a été complet en quelques jours sur toute l'année. Les opportunités que j'ai eu de faire des talk-shows, j'ai sauté dessus et je les ai préparés pendant des journées entières.

Source AFP
Samedi 21 Mai 2016 - 08:46





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