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Fritures sur la ligne entre Rabat et le Caire




La tension souterraine qui marquait la relation entre l'Egypte et le Maroc depuis l'arrivée de Abdelfattah Sissi au pouvoir, a fini par exploser au grand jour. Le torchon brûle entre les deux pays. Un affrontement médiatique et politique inédit fait rage. Instruments d'expression de cette tension, les médias officiels. Les deux télévisons d'Etat du royaume, Al oula et 2M, avaient programmé dans leurs journaux des reportages sur la situation en Egypte depuis l'arrivée d'al Sissi, avec un ton qui en dit long sur la nouvelle approche marocaine de la réalité égyptienne. Les termes "coup d'État", "putsch", "avortement du processus démocratique"...tous les ingrédients de la mauvaise humeur marocaine étaient là, réunis dans cette réplique médiatique.

Par Mustapha Tossa




Fritures sur la ligne entre Rabat et le Caire
Il faut dire que dans le registre des attaques et des offensives, l'Egypte a été la première à déclencher les hostilités. Des médias proches du nouveau pouvoir avait ciblé le Maroc avec une violence inédite. Des grandes voix de la scène médiatique égyptienne ont dégainé des attaques contre le Maroc et les Marocains dont beaucoup relevaient d'un folklore fantasmé. Les préjugés les plus simplistes ont nourri des débats houleux, amplifiés par la bruyante résonance qu'offrent les réseaux sociaux, Au début de cette campagne, il était impossible d'établir si ces attaques étaient l'œuvre d'une stratégie mûrement réfléchie ou simplement le fruit de maladresses propres à la brusque découverte d'un nouvel espace de liberté.

Or, le temps et les démarches diplomatiques du nouvel homme fort du Caire ont fini par lever les ambiguïtés. Le tropisme algérien de Adelfathah Sissi, sans doute la conséquence d'un cocktail assez opportun entre une réalité économique égyptienne explosive à la limite du désespoir et un cousinage autoritaire avec le régime algérien, dessinait les nouvelles sympathies égyptiennes dans la région du Maghreb. Entre Sissi et Bouteflika, une visible alchimie militaire, foncièrement verrouillé sur despotismes autoritaire, a fonctionné. Les deux hommes partagent leurs réticences à l'égard de l'aspiration démocratique charriée par le printemps arabes et leur aversion à l'encontre des frères musulmans.

Cette entente entre les deux régimes n'est pas le fruit du hasard. De nombreux observateurs font allusion à un possible gigantesque deal économique et politique entre Alger et le Caire ...le gaz et le pétrole algérien à prix vraiment préférentiel contre une adhésion politique aux choix diplomatiques algériens. Cette réécriture des rapports de forces entre Alger et Le Caire a des raisons d'inquiéter Le Maroc. Que Le Caire sorte de sa légendaire neutralité à l'égard du conflit du Sahara qui oppose le Maroc à l’Algérie et l'ensemble des rapports de force politiques de la région s'en trouvent chamboulés

Il fort intéressant de constater que cette crise médiatique entre le Maroc et l'Egypte intervient dans un contexte arabe assez particulier. L'Arabie Saoudite et les Emirats arabes unies viennent d'accomplir l'exploit de réconcilier l'Egypte de Sissi avec le Qatar. Doha et le Caire se sont livrés pendant de longs mois à une glaciale guerre diplomatique qui avaient mobilisé toutes leurs énergies et déteint sur l'ensemble de leurs agendas.

Or l'Arabie Saoudite et Les Emirats arabes unies sont deux pays alliés stratégiques du Maroc et de l'Egypte. Ils vont devoir gérer cette nouvelle tension sous peine de devoir subir une grande reconfiguration de la carte politique arabe. Les connaisseurs des arcanes de la politique arabe estiment que ni Les Émirats ni L'Arabie Saoudite ne peuvent se permettre le luxe politique de laisser s'aggraver une mésentente entre deux de leurs plus flamboyants alliés. Ce constat est d'autant plus pertinent que l'ensemble de la région arabe affronte des défis sécuritaires d'une grande dangerosité, à commencer par la "bombe" libyennes qui menace d'exploser à tout moment, passant par l'imbroglio syrien qu'il va bien falloir démêler.

Pour toutes ces raisons, cette brusque montée d'adrénaline entre Rabat et le Caire a de fortes raisons d'intéresser, voire inquiéter, le voisinage. Entre ceux qui veulent en profiter en versant de l'huile sur le feu pour approfondir le fossé de la mésentente et ceux qui veulent calmer les ardeurs pour éviter les ruptures inutiles.

Dimanche 4 Janvier 2015 - 17:07



Dimanche 4 Janvier 2015 modifié le Lundi 5 Janvier 2015 - 18:56


1.Posté par Morrocco le 06/01/2015 13:20 | Alerter
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Ils ont beau faire ce qu'ils veulent : se rouler par terre , sauter par la fenêtre , le Maroc sera toujours dans son Sahara et ceci quoiqu'il arrive ! C'est rien d'autre que de l'amateurisme , du tiers-mondisme ,du gaspillage de salive et de pétro-dollars , et à la fin , ils n'auront rien ! Au lieu de s'occuper de leurs peuples qui manquent de tout ,ils préfèrent mobiliser leur énergie dans des chamailleries de veilles dames , aigries , et qui en veulent à la terre entière !Par- ailleurs ,que font ces démocrates élus à 99.9% face à Israël ? Que font ces champions de l'auto-détermination , qui ont soi-disant des principes face au désarroi de leurs propres peuples ? Et puis ça change quoi cette union de façade aujourd'hui , alors qu'elle s'est mal terminée pour eux en 1963 ? D'autre part ,avec la baisse du pétrole , et l'aggravation de la misère , vont-ils tenir face à un Maroc qui n'ont jamais réussi à ébranler alors que le baril valait à l'époque plus de 100 dollars ? Il me semble qu'ils sont à bout , et qu'il commencent à faire de la" boulitique" !

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