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François Hollande et la guerre de la dernière chance




"Voyage au bout de l'enfer" a titré la presse la plus magnanime à l'égard de François Hollande. Le président français est en train de vivre la séquence la plus cauchemardesque de son mandat après la sortie du livre dévastateur de son ex-compagne et la démission de son éphémère ministre pour non paiement de ses impôts. Et les questions fusent de partout: comment peut-il rebondi ? Comment va-t-il s'en sortir ? Comment va-t-il refermer le grand boulevard qui s'ouvre devant la droite et la puissante rampe de lancement qui s'offre à l'extrême droite ?

Par Mustapha Tossa




Il est vrai que la recette la plus efficace serait que la courbe du chômage commence à s'inverser, que la relance économique puisse pointer ses indicateurs à l'horizon. Mais il y a une unanimité des experts à considérer que de telles attentes sont difficiles à réaliser pour le moment et que les dividendes politiques à en attendre sont minimes voire hypothétiques. Si minimes que le gouvernement vient de revoir à la baisse ses prévisions des croissances pour 2014...c'est dire l'étroitesse de la marge de manœuvre économique et sociale dont dispose François Hollande.

Par contre de l'avis général, François Hollande dispose d'une séquence internationale assez favorable. La menace terroriste que représente l'Etat Islamique pour la stabilité au Proche Orient et dans le monde a été jugée suffisamment sérieuse pour nécessiter un sommet international. François Hollande en est l'initiateur et l’organisateur. En réponse internationale à cette menace, Barack Obama propose une coalition militaire et François Hollande un sommet international pour donner un parrainage politique à cette action militaire potentielle contre l'Etat islamique.

Lorsque François Hollande avait mené ses deux opérations militaires en Afrique, en Centrafrique et Mali pour stopper la progression des groupes terroristes qui s'apprêtaient à prendre le pouvoir à Bamako. Nombreux étaient les commentateurs qui avaient estimé à l'époque que la posture africaine déterminée et volontaire de François Hollande lui a permis de vêtir pour la première fois son costume présidentiel. Il est vrai que ces deux opérations militaires n'ont pas eu d'impact décisif sur sa popularité, mais pour la première fois, sur un plan purement politique et qualitatif, François Hollande a été perçu par une opinion française suspicieuse comme un véritable chef d'Etat.

François Hollande a vécu sur ce petit nuage pendant de longues semaines jusqu'à ce qu'il soit rattrapé par le sourde réalité domestique d'une machine économique qui peine à se relancer. Et sentant tout le bénéfice qu'il peut tirer des ses prestations internationales, François Hollande s'est appliqué à en tirer tout le suc... La séquence internationale sur les festivités du débarquement avec un prestigieux casting autour de Barack Obama, Vladimir Poutine et la reine d'Angleterre en donna une éclatante preuve.

De là à penser que François Hollande chercherait à tirer un bénéfice politique de sa future guerre contre l'Etat islamique et à l'utiliser pour faire lustrer sa terne popularité, c'est un pas que certains observateurs ont allègrement franchi. Et pourtant les raisons objectives ne manquent pas pour justifier une telle implication. La première prolonge politiquement l'engagement français sur le territoire africain de lutter contre les forces islamistes radicales qui chercheraient par les armes à s'emparer du pouvoir et à réécrire sa géographie et à déséquilibrer la fragile balance des intérêts.

La seconde serait le fruit d'une profonde conviction au sein des arcanes sécuritaires françaises que pour mieux protéger leur territoire d'éventuels attentats terroristes, les Français sont dans l'obligation, en plus de serrer le vis sécuritaire domestique, de livrer bataille à l'hydre terroriste là où il prend racine, en Syrie et en Irak. Cette conviction a été nourrie par le nombre effrayant de jeunes français, de souche ou issu de l'immigration, qui ont répondu aux sirènes du djihad en Syrie, de manière autonome, dans un processus d'auto radicalisation, sans même avoir à fréquenter une structure d'embrigadement religieux quelconque. La peur de voir ces jeunes revenir sur le territoire européen, programmés pour commettre des attentats terroristes, a fini par persuader les derniers hésitants.

Lundi 15 septembre et après son retour d'Irak, François Hollande sera au centre d'une attention mondiale très soutenue, entouré des principaux pays qui ont accepté de mener la guerre à l'Etat Islamique. Et parce qu'il est le président du pays qui abrite ce sommet de la dernière chance contre la cauchemardesque menace de cette organisation terroriste, certains considèrent cette initiative comme une aubaine inattendue pour un homme dont certains membres de la droite commencent à exiger la démission et l'organisation d'élections anticipés pour avoir failli dans sa gouvernance.

Mercredi 10 Septembre 2014 - 19:54



Mercredi 10 Septembre 2014 modifié le Mercredi 10 Septembre 2014 - 19:59

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