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François Fillon, passé du second rôle au premier plan, sur une ligne conservatrice


Lundi 21 Novembre 2016 modifié le Lundi 21 Novembre 2016 - 20:26

L'ancien Premier ministre François Fillon, longtemps condamné aux seconds rôles, a de bonnes chances d'être nommé tête d'affiche de la droite pour la présidentielle de 2017 en France, avec un programme à la fois très libéral et conservateur.




François Fillon, passé du second rôle au premier plan, sur une ligne conservatrice
Cet homme austère âgé de 62 ans a créé la surprise au premier tour de la primaire de la droite dimanche en devançant très largement les autres candidats et en infligeant une défaite humiliante à l'ex-président Nicolas Sarkozy.

Indifférent aux sondages qui le plaçaient en simple figurant dans cette compétition, il dit avoir creusé pendant des mois son "sillon calmement, sérieusement". "Une vague", "une dynamique puissante" a récompensé sa persévérance.

Avec 44% des suffrages au premier tour, ce féru de courses automobiles a toutes les chances de l'emporter dimanche prochain au second tour de la primaire face à Alain Juppé, un autre poids lourd de l'opposition.

"On a plusieurs tours d'avance", a lancé à ses supporteurs celui qui a grandi à proximité du grand circuit du Mans, dans l'ouest de la France. Filant la métaphore, un de ses soutiens, le sénateur Bruno Retailleau déclarait avant le scrutin: "la Formule 1 Fillon est lancée à toute vitesse. Ses concurrents l'ont vu trop tard dans la rétroviseur."

Celui qui n'a jamais caché son admiration pour la dame de fer Margaret Thatcher a été longtemps sous-estimé dans son camp. "Le Premier ministre est un collaborateur, le patron c'est moi", avait lancé à son sujet le président Sarkozy en 2007. Pendant cinq ans, peu friand des caméras, il a dirigé le gouvernement dans l'ombre de l'hyper-président.

Dix ans plus tard, cet homme "inénervable", selon ses mots, s'est émancipé de cette tutelle écrasante. Suprême ironie: il n'a pas hésité à attaquer son ancien "patron" sur son bilan et sur ses déboires judiciaires ("qui imagine le général de Gaulle mis en examen ?") mais a obtenu son ralliement.

"François Fillon me parait avoir le mieux compris les défis qui se présentent à la France", a expliqué Nicolas Sarkozy dimanche soir.

Car s'ils divergent sur le style -l'un cultive une image de sérieux, de rigueur et d'honnêteté, l'autre joue sur l'énergie, la poigne, parfois jusqu'à l'outrance- tous deux se situent sur le créneau de la droite autoritaire.





François Fillon qui, en 2007, se disait déjà à la tête d'un "Etat en situation de faillite" propose une cure d'économie radicale: suppression d'un demi-million de postes de fonctionnaires, retour aux 39 heures de travail par semaine, etc. Il s'amuse du qualificatif de thatchérien qu'on lui colle "comme on peignait, au Moyen-Age, des croix sur les portes des lépreux".

Marié à une Galloise et père de cinq enfants, ce conservateur qui revendique sa foi catholique a également promis d'amender la loi ouvrant le mariage aux homosexuels. Il veut réduire l'immigration "au strict minimum".

Auteur du livre "Vaincre le totalitarisme islamique", il propose de déchoir de leur nationalité les Français qui s'engagent dans les rangs jihadistes. "S'ils sont apatrides, cela ne m'empêchera pas de dormir", a-t-il lancé, indifférent au droit international.

Il jure n'avoir qu'une obsession, "la souveraineté nationale" et la place de la France sur la scène mondiale, ce qui le pousse à hausser le ton contre les Etats-Unis et à prôner un rapprochement avec la Russie.

Ce fils de notaire diplômé en droit public, est tombé très jeune dans la marmite politique. En 1976, il devient l'assistant parlementaire d'un député, prend sa succession après son décès quatre ans plus tard et devient, à 27 ans, le plus jeune élu de l'Assemblée nationale.

Il sera ensuite plusieurs fois réélu dans son fief de la Sarthe, dans l'ouest rural et agricole, et prend peu à peu du galon dans son parti. De 1993 à 2005, il participe à tous les gouvernements de droite, à l'Enseignement supérieur, à l'Education, aux Affaires sociales.

Quand Nicolas Sarkozy échoue à se faire réélire en 2012, il tente de prendre les rênes du parti de droite UMP, mais son rival Jean-François Copé est déclaré vainqueur sur fond de triche. Il envisage un temps d'entrer en dissidence, rentre finalement dans le rang et prépare méthodiquement sa revanche.

Avec AFP



Lundi 21 Novembre 2016 - 15:35





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