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France: un été sous la menace du remaniement


Jeudi 19 Août 2010 modifié le Jeudi 19 Août 2010 - 23:23

L'annonce d'un remaniement gouvernemental en octobre a refroidi plus d'un ministre. Difficile d'avoir la tête à ses dossiers quand une menace plane au-dessus du bureau.




Cette image du gouvernement devrait bientôt appartenir au passé. Une nouvelle figure de la majorité devrait diriger Matignon en octobre.
Cette image du gouvernement devrait bientôt appartenir au passé. Une nouvelle figure de la majorité devrait diriger Matignon en octobre.
Séduction tout terrain

Pour certains ministres, pas question de rester les bras croisés durant la pause estivale. L'objectif est clair: marquer des points auprès de l'Elysée pour préserver ses chances de rester au gouvernement. Et à ce jeu, Brice Hortefeux n'est pas le dernier venu. Emboîtant le pas du chef de l'Etat après son discours à Grenoble, le ministre de l'Intérieur occupe depuis plusieurs semaines l'espace médiatique. Il multiplie les déplacements sécuritaires et les annonces tous azimuts. Reste que Nicolas Sarkozy attend de meilleurs résultats de son ministre dans sa guerre déclarée contre la criminalité.

Toujours dans le rayon sécuritaire, Christian Estrosi n'a jamais craint la surenchère. Peu importe si sa proposition de sanctions des "maires laxistes" en matière sécuritaire est mal passée dans la majorité et si son activisme agace fortement ses collègues ministres. Le ministre de l'Industrie sait bien que son message d'intransigeance est bien parvenu jusqu'à l'oreille de Nicolas Sarkozy.

Même combat pour Eric Ciotti. Le député des Alpes-Maritimes, compagnon de route du maire de Nice, ne souhaite plus seulement être le "Monsieur Sécurité" de l'UMP. Son projet de punir les parents de mineurs délinquants fait grand bruit et l'intéressé ne fait plus mystère de ses ambitions ministérielles.

Toujours parmi les bons élèves, Nadine Morano ne ménage pas ses efforts pour défendre la politique du gouvernement. Sur tous les fronts quand il s'agit de défendre l'expulsion de roms ou de faire le service après-vente de la proposition présidentielle de déchéance de la nationalité, la secrétaire d'Etat à la Famille fait le métier. Son omniprésence dans les médias devrait lui garantir une promotion.

D'autres ont moins d'assurance

Fragilisée par sa gestion de la grippe A et désavouée par Matignon concernant son projet d'expérimentation des "salles de shoot", Roselyne Bachelot pourrait ne pas faire de vieux os à la Santé.

Sa secrétaire d'Etat aux Sports Rama Yade n'est pas plus avancée. Elle a beau brandir à travers le monde le drapeau du sport français, de l'Afrique du Sud à Budapest, les moissons de médailles tricolores en athlétisme et en natation ne seront certainement pas mises à son crédit. Ses sorties médiatiques à répétition et son manque de discipline auront probablement raison de son enthousiasme. D'autant plus que plane au dessus d'elle l'ombre de son possible successeur David Douillet.

Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, qui doit veiller à la bonne application de la loi Hadopi, ne sait pas encore de quoi sera fait son avenir. Même si Nicolas Sarkozy a peu de griefs à son égard, le garder au gouvernement comporterait le risque de déplaire à une partie de l'électorat de droite lors de la campagne présidentielle de 2012.

Ministres en péril

Le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, a pris les devants. Il a confié à l'AFP qu'il était "plutôt dans l'idée de partir après le prochain remaniement". Ministre depuis 2002 (un record de longévité avec MAM et Jean-Louis Borloo), ce proche de Jean-Pierre Raffarin dément toute "fâcherie" avec l'exécutif et devrait retrouver son siège de député à l'Assemblée.

Muet sur le sort réservé aux Roms, le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner reste très discret sur la scène internationale. Dans l'ombre du conseiller élyséen Jean-David Levitte, l'ancien humanitaire devrait être l'un des sacrifiés de l'ouverture à gauche.

Le plan Espoir Banlieue qui n'a jamais bénéficé des crédits suffisants devrait marquer l'échec de Fadela Amara. Critiquée à gauche comme à droite pour son manque de rigueur, l'avenir politique de l'actuel secrétaire d'Etat à la Ville demeure très incertain.

Matignon: MAM en pôle

Fini l'ouverture, le prochain gouvernement devrait être resserré et faire une large place aux poids lourds de la majorité. Mais reste une question. Qui pour remplacer François Fillon à Matignon?

Christine Lagarde, longtemps "matignonable", ne figure plus dans les petits papiers de Nicolas Sarkozy. En cause: son manque de sens politique illustré par son emploi du néologisme "ri-lance" pour qualifier la politique économique du gouvernement. Si Borloo est réticent -histoire de préserver sa carte pour 2012- Eric Besson se serait bien vu Premier ministre. Mais une telle nomination provoquerait une vive réaction de l'aile droite de l'UMP.

Du coup, le nom de Michèle Alliot-Marie revient avec insistance. Respectée par la majorité, la garde des Sceaux aurait la lourde tâche de tenir le gouvernement à l'approche de l'échéance présidentielle de 2012. Une mission périlleuse mais qui sied bien à cette endurcie de la politique.

Jeudi 19 Août 2010 - 23:12

(Source L'Express)




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