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France: le rapport Gallois préconise 30 milliards d'allégement de charges sociales


Lundi 5 Novembre 2012 modifié le Lundi 5 Novembre 2012 - 21:25

Le très attendu rapport Gallois sur la compétitivité a été lundi au Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Objet de nombreuses fuites et controverses, ce rapport propose 22 mesures et 30 milliards de baisse de charges.




France: le rapport Gallois préconise 30 milliards d'allégement de charges sociales
L'ex-patron d'EADS Louis Gallois a recommandé lundi une baisse du coût du travail de 30 milliards d'euros pour stopper le "décrochage" de l'économie française dans un rapport très attendu dont François Hollande a promis de s'inspirer par des "décisions fortes" dès mardi.

Dans son rapport sur la compétitivité de l'économie française remis au Premier ministre Jean-Marc Ayrault, M. Gallois préconise un "choc de confiance" basé sur une vingtaine de mesures, dont une diminution de 20 milliards d'euros des cotisations patronales et de 10 milliards d'euros des cotisations salariales.

"Nous avons besoin d'une véritable mobilisation et, je ne crains pas de le dire, d'un véritable patriotisme. Cela prendra du temps (...) et il faudra que les Français soutiennent cet effort collectif qui peut être aussi un magnifique projet, celui de la reconquête industrielle", a affirmé M. Gallois.

L'industriel, qui doit détailler l'ensemble des mesures dans l'après-midi, n'a pas précisé sur combien d'années ces baisses de cotisations devaient s'étaler.

Il s'agit de la recommandation la plus emblématique sur un sujet à risque pour le gouvernement, en pleine turbulences après six mois de pouvoir, qui a déjà fait savoir son opposition à une baisse massive et immédiate des cotisations qu'il faudrait compenser par d'autres impô ts.

François Hollande a promis lundi de tirer "toutes les conclusions" du rapport, assurant que le gouvernement annoncerait dès mardi "des décisions fortes". "Tout sera fait pour l'emploi", a-t-il dit alors que le chô mage, en hausse continue, touche plus de trois millions de personnes.

Commandé cet été, ce rapport a déjà suscité beaucoup de remous, la droite et le patronat suspectant le gouvernement de ne pas vouloir aller jusqu'au bout sur ce dossier.

Le secrétaire général de l'UMP (opposition) Jean-François Copé a "approuvé totalement" les mesures préconisées par le rapport Gallois, enjoignant le chef de l'Etat d'avoir "le courage" de les "appliquer dès maintenant" faute de quoi il créera "un choc de défiance".

La phase de décisions pourrait courir jusqu'à début 2013. Mais une fois prises, les mesures seront appliquées sur toute la durée du quinquennat.

La baisse du coût du travail est l'un des leviers pour enrayer la dégringolade du déficit commercial de la France, dont la part dans le marché mondial a chuté de 6,3% en 1990 à 3,3% en 2011.

Depuis la commande cet été du rapport, le gouvernement a poli son discours sur le sujet, et a banni de son langage l'expression "choc de compétitivité" utilisée au début par M. Ayrault, au profit de celle, plus suave, de "pacte de compétitivité".

Si, au gouvernement, le principe d'une baisse des cotisations sociales semble acquis, la durée et le montant ne sont pas encore déterminés.

Son financement fait aussi débat. Le seul point d'accord semble être que le gouvernement ne prendra en 2013 pas de mesure fiscale touchant à la consommation, comme une hausse de la TVA, pour ne pas créer un "choc de pouvoir d'achat" alors que la croissance est au point mort.

"Je pense que nous allons d'abord agir sur ce qui n'est pas le coût du travail", a prévenu le ministre des Finances Pierre Moscovici.

Le second levier, appelé "hors-coût" et privilégié par plusieurs ténors du gouvernement, consiste en une palette d'initiatives soutenant l'exportation, l'innovation, la recherche et la qualité des produits, mais aussi des simplifications administratives.

Cependant cette première étape doit permettre, selon un ministre, de "remettre du sens dans l'action du gouvernement" alors qu'une suite de "couacs" de l'équipe Ayrault a entamé sa crédibilité dans l'opinion. A peine plus d'un tiers des Français accorde aujourd'hui sa confiance au tandem de l'exécutif.


Lundi 5 Novembre 2012 - 14:46





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