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France : la gauche ménage Sarkozy plombé par Woerth


Par Mustapha Tossa


Dans une remarquable retenue,la gauche socialiste s’est astreinte à ne pas exiger la démission d’Eric Woerth alors que ce dernier est sous le feu des révélations compromettantes quotidiennes




France : la gauche ménage Sarkozy plombé par Woerth
Alors qu’il était logique de croire que l’épreuve que traverse Nicolas Sarkozy avec l’affaire Woerth-Bettencourt était une occasion trop belle pour que la gauche lui tombe à bras raccourci, fasse des étincelles et provoque le plus grand ramdam de ces dernières années, voilà que l’opposition adopte une attitude étrangement conciliante. Ses principaux leaders qui se succèdent au commentaire livrent des oracles d’une étrange tiédeur, d’une remarquable modération. Même ceux qui osent le grand jeu de la critique et du réquisitoire se contentent d’indignations générales sur la remise en cause de valeurs républicaines, sur l’affaiblissement des institutions, sur la gouvernance démocratique torturée.

Le plafond de ce qui a été exigé jusqu’à présent ne dépasse guère la réclamation sous l’enceinte de l’Assemblée nationale d’une commission d’enquête parlementaire pour faire la lumière sur financement politique de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy et déterminer les véritables rapports qu’entretenait Eric Woerth. Dans une remarquable retenue, la gauche socialiste dans son ensemble s’est astreinte à ne pas exiger la démission d’Eric Woerth alors que ce dernier est sous le feu des révélations compromettantes quotidiennes. Son principal argument est qu’elle ne voulait pas inscrire sa démarche dans une chasse à l’homme, préférant par la même occasion que le président Nicolas Sarkozy puisse lui-même tirer les conclusions d’une telle situation. Il est vrai que tout au début de cette crise, Nicolas Sarkozy et ses principaux fidèles mettaient la responsabilité de cette succession de scandales qui émaillent le quinquennat sur le compte d’une attitude agressive de l’opposition qui cherche par tous les moyens à stopper le train des réformes.

L’argument semble avoir subitement disparu des éléments du langage. Le coupable selon la nouvelle doctrine présidentielle serait une presse trop «Sarkophobe» et des officines obscures mues par de noirs desseins et un agenda politique putschiste.Quelles raisons donc expliquent que la gauche arrondisse son verbe face à Nicolas Sarkozy ?

La première a sans doute trait à un constat politique fait par les grands états-majors, à savoir que l’anti-sarkozyme primaire et épidermique tel qu’il a été abondamment pratiqué depuis le début du mandat a été contre-productif. A part, et encore faut-il le prouver, porter un coup à la popularité de Nicolas Sarkozy, le crédit et l’espoir du changement ne changent pas forcément de camp.

La seconde raison est que l’élite socialiste entame un processus de sélection qui va être sanctionné par des primaires réelles ou virtuelles. Modérer son discours, tenter d’apparaître comme un homme ou une femme du consensus au lieu de celui ou celle qui appelle à opérer des dangereuses ruptures peut aider à fabriquer un leadership et donc une alternative crédible.

La troisième raison est que la gauche a dû faire le constat qu’en termes de financements politiques, de rapports veules et coupables avec l’argent, qu’il soit privé ou public, elle contient dans ses rangs de nombreuses brebis galeuses qui l’empêchent de s’accaparer du magistère de la morale. Selon le sacro-saint adage populaire : Quand on possède une maison en verre, on réfléchit deux fois avant de jeter une pierre à son voisin.

(ALM)
Jeudi 29 Juillet 2010 - 12:58



Jeudi 29 Juillet 2010 modifié le Jeudi 29 Juillet 2010 - 13:04

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