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France : Jean-Louis Borloo, un grognard plein d’amertume


Vendredi 17 Décembre 2010 modifié le Dimanche 26 Décembre 2010 - 13:57

Borloo est parti se réfugier au Maroc, pendant trois jours, à essayer de sortir de sa tête le sobriquet suprême de «zozo» dont l’avait affublé Fillon.




France : Jean-Louis Borloo, un grognard plein d’amertume
Trop longtemps discret, sans doute sous le choc de sa déception d’avoir raté de très près l’hôtel Matignon, Jean-Louis Borloo est revenu au-devant de l’actualité à travers son retour à l’Assemblée nationale comme simple député. Et signe que l’homme compte prendre une certaine indépendance et une certaine liberté de parole, il n’est inscrit qu’apparenté UMP même s’il a posé ses cartons dans l’ancien bureau de Xavier Bertrand.

C’était sa seconde grande apparition après «le dîner de la République» auquel il avait convié une brochette de personnalités dont des conseillers de l’Elysée qui partagent tous un point commun : leur antipathie à l’encore de François Fillon. Que les images d’un Jean-Louis Borloo, souriant à tous les objectifs des caméras, blaguant avec les journalistes, se livrant de temps à autre à des exercices d’autodérision, ne trompent pas. L’homme est non seulement atteint par sa dernière expérience mais décidé à prendre sa revanche.

Dans son édition du mercredi, le journal «Le Figaro» révèle qu’après avoir subi de plein fouet le remaniement et son auto éjection du gouvernement, Jean-Louis Borloo est parti se réfugier au Maroc dans la région de l’Atlas, pendant trois jours, à essayer de sortir de sa tête le sobriquet suprême de «zozo» dont l’avait affublé François Fillon, en plein démontage de la machine Borloo. De nombreuses interrogations se posent aujourd’hui sur les desseins de Jean-Louis Borloo. Pour assouvir sa vengeance et rebondir, l’ancien ministre de l’Ecologie, époux de la journaliste de télévision Béatrice Shöneberg, victime très sollicitée de la satire politique qui décrit souvent à tort, aussi bien son penchant excessif pour l’alcool et son allergie à l’eau, n’a d’autre choix que de tenter de fédérer le Centre mécontent.

Cette stratégie fut esquissée dès le début de la nouvelle vie de Jean-Louis Borloo par l’animation d’une «coordination des partis centristes». Si l’intention de peser sur les prochaines échéances est claire dans la démarche de Jean-Louis Borloo, les actes ne suivent pas encore. Ses concurrents potentiels au centre comme le patron du «Nouveau Centre» Hervé Morin, un déçu de Nicolas Sarkozy ou François Bayrou un anti-sarkozyste historique, lui posent une condition-test avant de se lancer avec lui dans cette aventure et éventuellement lui en confier les rênes : qu’il coupe définitivement le cordon ombilical avec l’UMP de Nicolas Sarkozy. Ce serait selon eux la seule voie pour construire un Centre avec un poids et une identité politique. Jean-Louis Borloo n’est pas prêt de leur donner satisfaction. Au lendemain de son départ du gouvernement, il a dû subir une intense séance de calinothérapie de la part de Nicolas Sarkozy.

Le président de la République n’avait qu’une seule obsession : empêcher que l’amertume et la déception qui rongent Jean-Louis Borloo ne le jettent pas entre les bras de ses ennemis qui ont juré sa perte comme François Bayrou, Hervé Morin ou Dominique de Villepin.
Selon de nombreux commentateurs politiques, Nicolas Sarkozy aurait donc réussi, pour le moment, à neutraliser l’activisme rebelle de Jean-Louis Borloo en lui promettant de le nommer au poste de Premier ministre en cas de réélection de 2012. Si cette promesse s’avère vérifiée, elle peut limiter, certes, la marge de manœuvre de Jean-Louis Borloo, mais en aucun cas l’empêcher de dresser un réquisitoire contre la politique et le style de François Fillon, l’homme qui avait brisé son ascension.
Vendredi 17 Décembre 2010 - 20:57

Par Mustapha Tossa (ALM)




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