Atlasinfo.fr: l'essentiel de l'actualité de la France et du Maghreb
Rubriques
Atlasinfo.fr Atlasinfo.fr

atlasinfo.fr
 







France: Génération identitaire veut lutter contre "l'immigration et l'islamisation" à coup d'actions visibles


Vendredi 11 Août 2017 modifié le Samedi 12 Août 2017 - 15:53

Fort de relais européens, très actif sur internet, le mouvement français d'extrême droite Génération identitaire, qui a affrété un navire antimigrants en Méditerranée pour sa campagne "Defend Europe", entend lutter contre "l'immigration et l'islamisation" à coup d'actions visibles.




Fondé en 2012, Génération identitaire (GI) se présente sur son site internet comme un "mouvement politique qui rassemble des garçons et des filles à travers toute l'Europe". Le C-Star, un navire de 40 mètres loué à Djibouti sous pavillon de la Mongolie, a été affrété par les antennes française, italienne, autrichienne et allemande du groupe, avec des militants de différentes nationalités à son bord.

"Opération responsable: à l'égard des vies de migrants que nous sauvons ; à l'égard de notre civilisation que nous préservons", selon un tweet de Pierre Larti, un des porte-paroles du mouvement. Les opposants de leur campagne "Defend Europe", eux, qualifient le C-Star de "navire nazi".

GI est la branche "jeune" du Bloc Identitaire, fondé en 2003 par des militants d'Unité radicale - un groupuscule dissous après la tentative d'assassinat de l'ancien président français Jacques Chirac, menée par un de ses sympathisants pendant le défilé du 14 juillet 2002.

Lors de la dernière campagne présidentielle, les identitaires ont soutenu avec force les idées de la candidate du parti français d'extrême droite Front National, Marine Le Pen. Le parti assure avoir pris ses distances avec cette mouvance, mais cela ne l'a pas empêché d'investir des militants issus de ses rangs aux dernières élections législatives ou régionales, ni d'en recruter. Ainsi, l'ex-porte-parole de GI, Damien Rieu (un pseudonyme) a travaillé pour le groupe FN en région Provence-Alpes-Cote d'Azur (PACA), dans le sud, après avoir occupé le poste de directeur adjoint de la communication de la mairie FN de Beaucaire, dans le sud-est de la France.

Le mouvement dit défendre "l'identité de la France et de l'Europe, menacées par l'immigration et l'islamisation", deux sujets liés de son point de vue.

L'objectif affiché de l'opération "Defend Europe" (défendons l'Europe), lancée en juillet, est de lutter contre l'immigration clandestine au large de Libye, où des milliers de migrants, espérant rejoindre l'Europe sur des embarcations de fortune, ont été secourus ces dernières années.

Le mouvement considère que "les ONG sont les complices directs des passeurs" et prennent le relais des trafiquants d'êtres humains pour aider les migrants à rejoindre les côtes du Vieux continent, comme l'a expliqué à l'AFP Pierre Larti, un de ses porte-parole en France.

Une autre de ses campagnes baptisée "Chassons les islamistes", lancée en réponse aux attentats qui ont frappé les pays européens, appelle les politiques européens "à prendre à bras le corps la menace de l'islamisme (...) alimentée par une immigration massive et continue."

Très actif sur le web, notamment Facebook et Twitter, le mouvement utilise les réseaux sociaux pour financer ses actions. Plus de 212.000 dollars (180.000 euros) ont ainsi été collectés pour l'opération "Defend Europe".

GI privilégie les actions très visibles, au fort retentissement médiatique. Mi-mai, une poignée de militants embarqués sur un petit bateau à moteur a tenté d'empêcher l'Aquarius, un bateau de l'ONG SOS Méditerranée, de sortir du port sicilien de Catane, avant d'être arrêtés par les gardes-côtes.

En septembre 2016, des militants avaient érigé un mur devant un futur centre d'accueil pour demandeurs d'asile à Montpellier, dans le sud de la France. En mars, ils avaient bloqué deux ponts à Calais, dans le nord du pays, pour protester contre la présence des migrants.

Pendant l'hiver 2013, le groupe a organisé des maraudes pour venir en aide aux sans-abris, destinées uniquement aux "Français de souche", "oubliés" selon ses militants, par les pouvoirs publics français.

En 2012, des membres du mouvement avaient occupé le chantier de la mosquée de Poitiers, dans l'est de la France, en déployant une banderole invoquant Charles Martel, qui avait remporté en 732 la bataille de Poitiers contre les troupes du califat omeyyade.

Avec AFP
Vendredi 11 Août 2017 - 17:16





Nouveau commentaire :
Twitter