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France: "En marche" ou en campagne, jusqu'où ira Macron l'iconoclaste?


Mardi 12 Juillet 2016 modifié le Mardi 12 Juillet 2016 - 15:05

Il se revendique "ni de droite, ni de gauche", briseur de tabous aux idées sur tout qui séduit et agace à la fois: l'iconoclaste ministre français de l'Economie Emmanuel Macron va-t-il entrer dans la course à la présidentielle de 2017?




France: "En marche" ou en campagne, jusqu'où ira Macron l'iconoclaste?
L'ex-banquier d'affaires âgé de 38 ans, ancien conseiller de François Hollande propulsé au gouvernement par le président socialiste fin août 2014, réunit mardi soir à Paris plusieurs milliers de militants de son mouvement "En marche!" créé en avril.

Dans un paysage politique français éclaté, les spéculations redoublent sur ses velléités de quitter son poste et postuler à l'Elysée, attisées par les faibles chances de réélection de M. Hollande, dont les sondages prédisent l'élimination au premier tour s'il se représente.

Un départ imminent du gouvernement semble exclu. Pour le reste, Emmanuel Macron et ses soutiens entretiennent l'équivoque.

Sur le Tour de France cycliste ce week-end, le ministre a filé une métaphore ambiguë, affirmant ne pas concourir pour des accessits mais bien pour "le Maillot Jaune" du leader, selon des propos rapportés dans le Journal du Dimanche.

Début juillet, il avait vu dans l'organisation de primaires pour la présidentielle, à droite mais aussi à gauche, "la preuve du faible leadership de chaque côté". La pique semble viser François Hollande, pour qui le Parti socialiste a prévu un scrutin interne sur mesure.

"Il ne va pas dire +je pars tout de suite+" mais il "entre en campagne" car "il faut une offre parallèle" si François Hollande ne règle pas "son problème par rapport aux Français", dit l'un de ses proches, le maire de Lyon (centre-est) Gérard Collomb.

"Il pense que les forces progressistes ont besoin de lui. Macron est utile à tout le monde", ajoute-t-il dans l'hebdomadaire Le Point, ajoutant que le meeting de mardi est "le premier d'une grande série".

Allure de gendre idéal, ovni en politique, le ministre de l'Economie a peaufiné en moins de deux ans au gouvernement une image de trublion.

Son profil libéral, sa fortune acquise à la banque Rothschild, et ses critiques du statut des fonctionnaires, de la semaine de travail de 35 heures ou, dernièrement, de l'impôt sur la fortune, ont fait de lui une bête noire d'une partie de la gauche.


ses embardées exaspèrent

Il s'est aussi distancié à plusieurs reprises de l'exécutif, notamment après les attentats de Paris en critiquant le projet d'inscrire dans la Constitution la déchéance de nationalité des condamnés pour terrorisme.

François Hollande l'a recadré en avril: "Il est sous mon autorité (...) Il sait ce qu'il me doit". Dans la foulée, Emmanuel Macron l'a assuré de sa "loyauté personnelle", tout en récusant qu'un ministre doive être "l'obligé" du président.

Au gouvernement, ses embardées sur le terrain de ses collègues exaspèrent. "Il fait tout à la fois ce surhomme", a récemment tweeté, cinglant, le secrétaire du Budget Christian Eckert après une énième querelle de plate-bandes.

"Sur les sujets compliqués, il faut travailler beaucoup et parler peu", a brocardé en mars le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, agacé de ses déclarations menaçant de ne plus retenir les migrants qui cherchent à passer de France en Grande-Bretagne en cas de Brexit.

Le chef du gouvernement Manuel Valls, inquiet de le voir lui disputer le rôle de porte-étendard de la gauche sociale-libérale, ne rate pas une occasion d'ironiser sur ses faux pas. "Il se rend compte que la vie politique est difficile (...) Il apprend tous les jours".

Si les sondages font d'Emmanuel Macron la personnalité préférée des Français pour représenter la gauche en 2017, son étoile a pâli récemment dans l'opinion, avec une cote en chute de 9 points en juin.

Pour les politologues, son émergence reflète une soif de renouvellement du personnel politique mais il lui manque un parti fort à sa main pour soutenir ses idées. Avant lui, d'autres favoris des sondages ont renoncé à postuler à l'Elysée devant cet obstacle, comme l'ancien président de la Commission européenne Jacques Delors en 1995.

(Source A^FP)
Mardi 12 Juillet 2016 - 08:49





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