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Fondation pour l'islam: Bayrou et Hortefeux s'interrogent sur la légitimité de Chevènement


Jeudi 4 Août 2016 modifié le Jeudi 4 Août 2016 - 21:15

L'ancien ministre, connu pour son attachement à la laïcité, est pressenti pour diriger la Fondation pour l'islam, créée en 2005, mais paralysée.




François Bayrou
François Bayrou
Pressenti pour prendre la tête de la Fondation pour l'islam de France, Jean-Pierre Chevènement serait-il un bon choix ? François Bayrou et Brice Hortefeux ont réagi à cette idée, lancée de manière informelle par François Hollande.

"C'est un choix surprenant et qui pose des questions", explique François Bayrou, président du MoDem. "Proposer pour prendre la tête de cette organisation quelqu'un qui n'est pas de culture musulmane, qui n'est pas de sensibilité musulmane et qui n'est pas de culture religieuse, pour moi c'est une interrogation. Comment voulez-vous que les musulmans de France aient ce sentiment de responsabilité si on leur dit en fait, "C'est de l'extérieur et par des responsables tout à fait estimables - Jean-Pierre Chevènement est dans ce cas-là -, mais qui ne partagent ni votre foi, ni votre culture, ni votre manière de voir, qu'on va régler le problème du financement de vos lieux de culte".

"En instaurant cette organisation pour le financement des lieux de culte, on reconnaît qu'ils ont leur place, légitime, dans la société française, et on leur enlève le droit, la légitimité, de s'occuper de cette question si sensible pour eux et si sensible pour la communauté nationale", poursuit-il. "Jean-Pierre Chevènement, c'est un homme respecté et d'expérience, mais le choix quand même est surprenant puisqu'il est totalement étranger à la religion musulmane. C'est comme si pour la présidence de la conférence des évêques de France on faisait appel à un bouddhiste", renchérit Brice Hortefeux, sur RTL.

Pas de polémique avec Rossignol

La ministre des Droits des femmes Laurence Rossignol a elle plaidé mercredi pour qu'une femme prenne la tête de cette fondation. Interrogé sur le sujet à l'issue du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a refusé toute "polémique". "Il y a besoin d'une personnalité qui puisse être un médiateur fort, à la fois ferme sur les grands principes de la laïcité, et ouvert, pour permettre à l'ensemble des cultes d'assurer leur exercice dans le cadre de la République", a-t-il déclaré, assurant que Chevènement avait été évoqué "de manière très claire". "J'ai bien entendu Laurence Rossignol (...) mais je ne crois pas que sur ce sujet il y ait de modifications", a-t-il dit.

"J'ai été pressenti par Bernard Cazeneuve (le ministre de l'Intérieur, ndlr) au mois de mars", avait expliqué Jean-Pierre Chevènement par téléphone à l'Agence France-Presse, affirmant qu'il communiquerait sa position officielle à la rentrée. "Je considère que c'est une tâche difficile, mais d'une importance très grande du point de vue de l'intérêt national. On ne peut pas refuser d'apporter sa contribution à cette tâche", a-t-il déclaré. "C'est une tâche difficile, mais à laquelle on ne peut se dérober", a-t-il insisté. "Il y a quatre millions de musulmans en France, pour la plupart Français, il faut qu'ils soient citoyens avec les droits que cela comporte, notamment la liberté de culte, et aussi, bien entendu, les devoirs", a-t-il estimé.

(Avec AFP)
Jeudi 4 Août 2016 - 13:08





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