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Fête d'Al Adha en Belgique: les musulmans de Charleroi appellent au boycott


Vendredi 21 Août 2015 modifié le Samedi 22 Août 2015 - 17:52

L’Union des Mosquées de Charleroi (Belgique) et l’ASBL «Espace Averroès» appellent la communauté musulmane de Charleroi à boycotter le sacrifice rituel à l’occasion de l’Aïd Al Adha, prévue le 24 septembre.




«Cet appel s’est révélé être une nécessité», explique Ayoub Lanrini, juriste de formation et responsable de l’Espace Averroès. «Il a été forcé par les décisions politiques récentes».

Cette affaire ne date pas d’hier. Le 11 juin dernier, le Conseil d’État a rendu un avis interdisant l’abattage sans étourdissement de bêtes dans les établissements temporaires. À la base de cette mesure, la législation européenne qui n’autoriserait ce type d’abattage que dans les sites réguliers.

«Nous nous plions évidemment à la législation», précise Ayoub Lanrini. «Le problème est que malgré cette interdiction, les autorités ne nous ont donné aucun moyen supplémentaire pour que cette fête se passe dans les meilleures conditions possible. Les abattoirs fixes ne disposent pas de ressources suffisantes pour permettre à toutes les familles musulmanes de réaliser leurs sacrifices rituels».

Pour se donner une idée, 4.309 ovins, moutons ou agneaux, ont été sacrifiés en Wallonie l’année dernière. 3.241 l’ont été dans les établissements temporaires contre 1.068 dans les 12 établissements fixes. «Ça représente 3 bêtes sur quatre!», précise Ayoub Lanrini. «En Flandre, ces chiffres sont encore plus grands. 23.000 contre 8.000 dans les abattoirs réguliers».

Pour l’Espace Averroès et l’Union des Mosquées de Charleroi, cette décision pourrait avoir pour conséquence une augmentation des sacrifices domestiques qui sont illégaux. «Nous refusons catégoriquement et condamnons les sacrifices clandestins», affirme le responsable de l’Espace Averroès. «le risque d’en voir plus cette année est pourtant présent si les abattoirs fixes ne peuvent accueillir tout le monde. Ce serait évidemment un grand problème pour la salubrité publique, mais également pour le bien-être animal, qui est le point de départ de cette histoire».
Vendredi 21 Août 2015 - 19:45

Source La Nouvelle Gazette




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