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Fès, la 21ème édition des Musiques sacrées met à l’honneur l’Afrique


Vendredi 20 Mars 2015 modifié le Vendredi 20 Mars 2015 - 15:49

La 21ème édition de Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde se tiendra du 22 au 30 mai 2015. L’édition s'inscrit, cette année, sous le thème « Au miroir de l’Afrique ». Evénement phare de la Fondation Esprit de Fès qui œuvre à valoriser le patrimoine culturel et l’image artistique de Fès comme centre de paix, de dialogue et de création.




Fès, la 21ème édition des Musiques sacrées met à l’honneur l’Afrique
Pour le lancement de cette édition, une rencontre aura lieu, le 18 mai, au palais de Luxembourg, siège du Sénat, en présence de Chakib Benmoussa, ambassadeur du Maroc en France, Bariza khiari, vice-présidente du Dénat et membre du groupe d’amitié France Maroc, plusieurs personnalités du monde des arts et de la culture et de l’équipe dirigeante du festival ; Abderrafia Zouitene, Taj Eddine Baddou et Ali Benmakhlouf.

C’est l’Afrique qui est à l’honneur cette année au festival de Fès. Ce continent noir que la ville de Fès illumine de sa spiritualité. Ville, fondée à la fin du VIIIème siècle, sous le règne de Moulay Idriss 1èr. Son rayonnement fait d’elle l'une des capitales prestigieuses de la civilisation arabo-musulmane. Si Fès est andalouse, arabe ou amazighe elle est aussi africaine. Ses hommes, grands voyageurs, pèlerins ou commerçants ont permis tout au long de son histoire de jeter des ponts vers l’Afrique. Très tôt la rencontre s’est faite avec des peuples aux origines diverses, des tribus animistes des grands fleuves africains, bédouins du désert et du Sahara, touaregs ou peuples nomades.

Les deux volets ; Forum et spectacles du Festival de Fès des Musiques Sacrées se déclineront au rythme de l’évocation des voyages lointains et des œuvres de Hassan Al Wazzan, dit Léon l’Africain et de Sidi Ahmed Tijjani, fondateur de la tarîqa tijaniyya, inhumé à Fès, dont se réclament un très grand nombre d’adeptes, notamment, en Afrique de l’Ouest.

Et comme il a expliqué Abderrafia Zouitene, Président de la Fondation Esprit de Fès et du Festival des Musiques Sacrées : « Son rayonnement sur l’Afrique Subsaharienne, Fès le tient de la longue histoire qui la lie au Sahara et au "Bilad es-Sudan" Des siècles passés, Fès a en effet hérité une position de débouché à l’extrémité d’un des plus grands axes méridiens de circulation transsaharienne reliant, depuis le Moyen-Âge, la boucle du Niger au Maroc par le Touât, le Tafilalet et le col de Talghemt, l'historique "treq es-Sultan »

Et de poursuivre : « Les échanges transsahariens, flux de marchandises, circulation d'hommes et, par eux, la transmission d’idées, de manuscrits, de comportements, de mentalités connaissent un développement sans précédent ; traditions vestimentaires, habitudes alimentaires, codes architecturaux qui font la réputation de Fès rayonnent ainsi jusqu’à l’autre côté du Sahara; se diffusent également par leur intermédiaire des ouvrages qui alimentent les débats entre maîtres soufis des rives du Sahara ».

L’ouverture de cette 21° édition se fera à travers une grande création « Fès, à la quête de l’Afrique ». Une invitation pour le voyage, une véritable fresque musicale où les technologies multimédia les plus innovantes relateront sur le mode allégorique, les périples et vies de Léon l’Africain et Sidi Ahmed Tijani.
Cette œuvre, imaginée et mise en scène par Alain Weber, sera illustrée par les chants, rythmes et danses d’artistes de renom, qui accompagneront le public, par la magie du mapping, dans sa découverte des sites et paysages qui ont charmé, ému le grand explorateur. Elle s’achèvera par un enchainement de tableaux, mêlant musiques, chants et scènes chorégraphiques, évoquant la confrérie Tijania.

« Des rives du Nil au fleuve Niger, des montagnes de l’Atlas au vaste désert subsaharien, de l’ancien Empire Songhaï à celui Mandingue, de Tombouctou au Caire, les plus grands artistes traditionnels du Maroc, du Mali, d’Egypte, de Mauritanie ou du Sénégal seront présents » précise Alain Weber, directeur artistique du festival

Durant neuf jours, la musique et les chants sacrés vont transcender les frontières pour rapprocher plus les humains. Les nuits de Fès promettent des événements exceptionnels qu’accueilleront les différents sites du Festival. A Bab El Makina se succéderont sue seine :

Saber Rebaï, grand nom de la chanson et une des voix les plus envoutantes du Maghreb; Africa Spirit, émouvante évocation du continent Africain avec la grande diva malienne Oumou Sangaré, et le reggae aux accents militants de Tiken Jah Fakoly; Temptations et Dennis Edwards, l’ensemble vocal masculin le plus célèbre dans l’histoire de la soul music et du rhythm and blues; soirée andalouse avec d’immenses artistes du Maghreb, sous la direction du maître Mohammed Briouel; Hussain Al Jasmi, l’une des plus belles voix de la péninsule arabique, avec son riche répertoire alliant le profane et le religieux. Au musée Batha, à Dar Mokri, au Complexe culturel Sidi Mohamed, à Jnane Sbil et toute la ville sera en fête.

Le Forum, dirigé par le philosophe Ali Benmakhlouf, sera animé par des intellectuels, invités à débattre, outre de la relation de Fès avec son sud africain, des dés et enjeux auxquels le continent africain est , dans sa grande diversité, confronté.

Cinq problématiques seront abordées sous les intitulés :
- Chemins spirituels, chemins commerciaux ;
- Pluralisme linguistique en Afrique ;
- L’Afrique et le sacré ;
- Hassan Al Wazzzan (Léon l’Africain) ;
- Les grands enjeux contemporains : éducation, santé, géostratégie…

Pour le philosophe et directeur du forum : « Aujourd’hui encore, toute analyse de la situation de savoir et spiritualité en Afrique ; et dont Fès fut longtemps une des dépositaires, suppose la prise en compte du pluralisme linguistique des nations d’Afrique. Ce pluralisme est l’incarnation d’une histoire peu archivée, transmise par des textes conservés dans des zaouias, les sanctuaires de saints, mais aussi véhiculée oralement selon une pensée nomade qu’il convient d’interroger. Socle d’une humanité multiséculaire avec ses trésors diversifiés, l’Afrique est tout aussi bien le continent de la jeunesse ».




Vendredi 20 Mars 2015 - 00:11

Par Fouzia Benyoub





1.Posté par Maya le 24/03/2015 21:42 | Alerter
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