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Euro-2016 - Les équipes s'installent en France, entre tensions sociales et menace terroriste


Lundi 6 Juin 2016 modifié le Mardi 7 Juin 2016 - 13:00

L'Euro-2016 devient une réalité en France avec l'arrivée des équipes, comme l'Angleterre ce lundi, dans un pays où les grèves des transports perdurent à quatre jours du match d'ouverture et où la menace terroriste est sur toutes les lèvres.




Le bras de fer se poursuit au sixième jour d'une grève qui affecte le secteur des transports, sur fond de contestation de la loi travail. Les opposants au texte entendent prolonger leur action jusqu'à la journée de manifestation nationale du 14 juin à Paris.

"Je souhaite que (le conflit social) soit réglé", a lancé le président de la République François Hollande, dimanche, jour où il s'est rendu dans le camp de base des Bleus à Clairefontaine.

Un message relayé lundi matin par la maire de Paris Anne Hidalgo sur Europe 1: "On va recevoir beaucoup de touristes, beaucoup de supporteurs. Paris va être une ville de fête. Je souhaite vraiment que Paris soit propre et qu'on puisse mettre entre parenthèses un certain nombre de conflits".

Mais cet argument a été balayé par Danielle Simonnet, coordinatrice politique du Parti de gauche. "Après avoir été dénigrés, criminalisés et réprimés par les forces de l'ordre, les syndicalistes et citoyen-ne-s opposés à la loi travail (sont) maintenant accusés d'empêcher le peuple de se distraire avec l'Euro-2016 de football", a déploré l'élue de Paris dans un communiqué.

Et les syndicats restent fermes. "On veut que ça monte encore", a répliqué lundi matin Éric Santinelli, porte-parole de SUD, présent à Marseille où des militants du syndicat avaient organisé un barrage filtrant à l'entrée du siège régional de la SNCF.

Après les inondations monstres qui ont frappé la France ces derniers jours, le premier Euro de l'histoire à 24 équipes a pris chair depuis dimanche et l'arrivée des premières sélections.

A chacun son style, costume bleu strict et cravate mauve pour les Russes, futurs hôtes du Mondial-2018; survêtement rouge et noir décontracté pour les Gallois. Pour les Roumains, adversaires de la France au Stade de France vendredi, pas le temps de flâner: à peine arrivés dimanche et déjà sur le terrain pour s'entraîner. Et lundi, première conférence de presse !

Lundi, c'est l'Angleterre a fait le buzz. L'équipe aux Trois Lions, accueillie en grande pompe par les officiels de la ville, a pris ses quartiers à Chantilly (Oise), une heure après s'être posés à l'aéroport du Bourget.

Le sélectionneur Roy Hodgson fut le premier à descendre du bus, précédé devant l'Auberge du Jeu de Paume qui jouxte le château municipal par cinq cavalières, tandis que trois musiciens en tenue de chasse à courre jouaient du cor.

Les Bleus ont eux retrouvé leur repaire de Clairefontaine après un stage en Autriche et un dernier match de préparation convaincant (3-0) contre l'Écosse (non qualifiée) samedi à Metz. Dimanche, ils ont remis à leur invité de marque, François Hollande, le maillot 24, comme 24e homme. Un seul joueur peut le tutoyer: le défenseur d'Arsenal Laurent Koscielny, originaire de Tulle dont le chef de l'État fut maire. "Le samedi, pendant le marché, il faisait la bise à tout le monde. Voilà (le tutoiement) est resté", raconte amusé le joueur dans L'Équipe.

La menace existe

Il n'est pas un jour sans que le mot terrorisme s'invite dans les conversations, sept mois après les attentats de Paris revendiqués par l'État islamique (EI). François Hollande l'a admis dimanche sur France Inter: "Elle existe, la menace. Cette menace, elle vaut, hélas, pour un temps qui sera long (...) donc il faut que l'on prenne toutes les garanties pour que cet Euro-2016 soit réussi".

"Au point de vue préparation, on a fait du mieux qu'on pouvait. Le seul problème, c'est la menace. Et là, très honnêtement, je suis inquiet", confie à l'AFP un responsable de la lutte anti-terroriste qui, parce qu'il n'est pas autorisé à s'exprimer publiquement, demande à rester anonyme.

Ce risque est illustré lundi par une affirmation des services secrets ukrainiens selon laquelle un Français, arrêté le 21 mai en Ukraine avec un arsenal, préparait au total 15 attentats en France pour la période de l'Euro.

(Avec AFP)
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Lundi 6 Juin 2016 - 18:47





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