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Esclavage: Le CRAN poursuit en justice la Caisse française des dépôts


Vendredi 10 Mai 2013 modifié le Vendredi 10 Mai 2013 - 19:33

Cent-soixante-cinq ans après l'abolition de l'eclavage, le Conseil représentatif des associations noires (Cran) demande des comptes à la Caisse des dépôts (CDC). À l'occasion de la journée de commémoration de l'abolition de l'esclavage ce vendredi, le Cran a annoncé qu'il déposerait lundi une assignation en justice visant la CDC et deux de ses filiales. En cause: les sommes versées par Haïti en contrepartie de son indépendance, que la CDC a encaissées pendant des années. Elle «est complice d'un crime contre l'humanité», a déclaré Louis-Georges Tin, le président du Cran, accusant la banque d'Etat d'avoir joué «un rôle considérable dans l'esclavage».




Esclavage: Le CRAN poursuit en justice la Caisse française des dépôts
Les faits remontent au XIXe siècle, quand Haïti acquiert son indépendance contre les troupes de Napoléon Bonaparte (1804). Environ quinze ans plus tard, la France accepte de reconnaître la souveraineté de l'île en échange d'un tribut financier pour dédommager ses colons. Elle brandit alors la menace d'une invasion militaire et d'un retour à l'esclavage. De 1825 à 1946, Haïti paie ainsi «des sommes équivalentes à 21 milliards de dollars» (16 milliards d'euros), selon Louis-Georges Tin, pour qui «cette rançon a précipité Haïti dans une spirale infernale d'instabilité et de misère».

La CDC, institution publique financière née sous Napoléon, est alors chargée de collecter ces indemnités. «Selon certains historiens, elle aurait même gardé une partie de cet argent, car beaucoup d'anciens colons n'avaient plus les titres prouvant qu'ils étaient propriétaires», indique le directeur du Cran, joint par Le Figaro. Il souhaite donc que cet argent soit restitué au peuple haïtien et affirme être en contact avec des associations civiles sur place. «Il pourrait par exemple servir à la création d'une fondation à Port-au-Prince pour venir en aide à la population. C'est aux Haïtiens de décider», ajoute-t-il.

Vendredi 10 Mai 2013 - 13:02





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