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Dominique Antoine, ex de l'Elysée, lâche Sarkozy pour Hollande


Mardi 21 Février 2012 modifié le Mardi 21 Février 2012 - 19:09




Dominique Antoine, ex de l'Elysée, lâche Sarkozy pour Hollande
François Hollande ne devrait sans doute pas bénéficier d'autres soutiens de ce poids : celui d'un ancien conseiller de son adversaire à l'Elysée, un homme ayant connu le cœur du pouvoir pendant ce mandat si centralisé autour du Président. Voilà pourquoi la tribune du Monde dans laquelle Dominique Antoine lâche Nicolas Sarkozy est très instructive.

Ce haut fonctionnaire, énarque et diplômé de l'Essec, a fêté il y a dix jours son 53ème anniversaire. Depuis bientôt trois ans, il est conseiller-maître à la Cour des comptes. Mais sa spécialité, le domaine dans lequel il a effectué toute sa carrière, c'est l'éducation.

« Deux années d'espérances déçues »

C'est à ce titre que Dominique Antoine est recruté à l'Elysée dès juin 2007, après avoir, notamment, travaillé dans – ou dirigé – des cabinets de ministres de l'Education de droite (René Monory, François Bayrou, Luc Ferry puis Xavier Darcos).

Avant son départ du Château, en mai 2009, il récupérera dans ses attributions la culture, en plus de l'éducation, de la jeunesse et des sports. Dans Le Monde, il résume cette expérience au vitriol, dès les premières phrases :

« J'ai travaillé deux ans dans l'équipe de Nicolas Sarkozy à l'Elysée. C'était un honneur. Ce furent deux années d'espérances déçues. »

Se faire entendre du Président, « mission impossible »

En arrivant, Dominique Antoine faisait confiance à « cet homme politique hors norme ». Sa déception, il se l'est d'abord reprochée à lui-même, avant de comprendre :

« Je m'en suis longtemps voulu de n'avoir pas su me faire entendre du Président. Avec le recul, je pense que c'était mission impossible.

Car dans le premier cercle des conseillers présidentiels – dont je n'étais pas –, la mêlée des conservateurs, des libéraux et des budgétaires formait un rideau infranchissable. »

Avec, pour point commun, « que tous méconnaissaient la réalité concrète du métier de professeur, les conditions d'exercice dans les quartiers sensibles, les impasses de l'orientation pour les élèves peu doués ou défavorisés socialement » :

« Au fond, ils idéalisaient l'éducation nationale mais ne l'aimaient pas, car elle votait mal et leur faisait peur. »

« On ne le croit plus »

Le haut fonctionnaire marqué à droite Dominique Antoine a donc choisi : ce sera Hollande, dont l'équipe en charge de l'éducation est composée des experts « les mieux informés, les plus intelligents, les plus clairvoyants du moment ».

Cette démonstration accablante pour Nicolas Sarkozy est illustrée d'un parallèle entre deux phrases. Une du candidat de 2007, l'autre de celui de 2012 :

« En 2007, le candidat Sarkozy affirmait dans son programme : “Il est possible de changer l'école.” »

Mais, « à la première vaguelette », le Président contraint ses ministres successifs à « l'immobilisme » :

« Alors, quand Nicolas Sarkozy dit à Laurence Ferrari que, s'il est réélu, il faudra “changer l'éducation nationale”, on ne le croit plus. »


Mardi 21 Février 2012 - 14:11

Source Rue 89




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