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Discriminatoire à l'embauche ou comment le nom et l'adresse portent préjudice à des candidats


Dimanche 18 Juillet 2010 modifié le Lundi 19 Juillet 2010 - 23:44

Dans un rapport remis au ministre français de l'Immifration Eric Besson, le cabinet Deloitte propose que la loi sanctionne cette stigmatisation.




Des quartiers stigmatisés par les recruteurs, qui leur associent des publics en difficulté
Des quartiers stigmatisés par les recruteurs, qui leur associent des publics en difficulté
Faudra-t-il supprimer le CV pour mettre fin aux discriminations? Dans un rapport remis cette semaine au ministre français de l'Immigration, Éric Besson, le bureau d'études Deloitte souligne combien le nom, mais aussi l'adresse peuvent porter préjudice à des candidats. Ces critères se conjuguent souvent. Des villes entières sont stigmatisées par les recruteurs, qui leur associent des publics en difficulté. Des testings montrent qu'un candidat portant un nom français est très largement écarté des entretiens d'embauche pour un poste de comptable, s'il vit dans une cité.

«Les entreprises de ma commune se méfient clairement d'un certains nombre de cités voisines lorsqu'elles embauchent» juge Marc-Antoine Jamet, maire du Val-de-Reuil, une ville duale où coexistent en s'ignorant des quartiers de grande pauvreté et une zone d'activité et par ailleurs secrétaire général de LVMH. «Les recruteurs cherchent toujours la sécurité, la tranquillité» reconnaît à regret, Henri Lachmann, qui préside le conseil de surveillance de Schneider.

Pour contrer ces préjugés et leurs conséquences délétères, le cabinet Deloitte (sollicité par le Conseil d'analyse stratégique pour réaliser l'étude commandée par Eric Besson lorsqu'il était à la prospective), propose d 'introduire dans la loi un nouveau motif de discrimination, le lieu de résidence. La Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) y réfléchit déjà. Car deux villes pauvres de la banlieue parisienne, la Courneuve et Grigny l'ont sollicité, estimant que leurs habitants subissaient collectivement une discrimination.

La Halde a reconnu une situation de relégation. Mais il reste difficile d'en imputer la responsabilité à des individus. Le collège de la Halde estime que la discrimination socio-économique de territoires est difficilement judiciarisable. Quant à interdire la prise en compte de l'adresse dans les actes de la vie…. cela mettrait en difficulté le commerce et toutes les politiques de rattrapage conduites par l'état, ZEP, ZUS… qui reposent justement sur un zonage.

Les juristes envisagent plutôt d'introduire dans le code du travail uniquement, une nouvelle discrimination, en plus de l'origine réelle ou supposée, de la religion, de l'apparence. Il serait interdit de discriminer quelqu'un pour son adresse. La victime devrait alors apporter la preuve d'avoir été écartée à cause de son lieu de résidence… ce qui n'est pas simple.


Changer les mentalités

Les entrepreneurs reconnaissent que l'adresse peut susciter des discriminations, mais se montrent souvent réticents aux mesures contraignantes. «Faut-il vraiment ajouter un 19ème critère de discrimination?», s'interroge Soumia Malembaum, présidente de l'association française des managers de la diversité. «Sans politique globale, cela ne marche pas. Les entreprises doivent veiller à la diversité en interne mais aussi en employant des fournisseurs ou des sous-traitants dans les quartiers».

Pour Henri Lachmann «Il faut plutôt changer les mentalités des managers et rétablir de la mixité dans les quartiers». Une autre initiative pourrait plus rapidement, constituer un levier important. Le ministère des Finances étudie la possibilité d'inclure un volet diversité dans le code des marchés publics pour favoriser les entreprises les plus investies. De quoi motiver entrepreneurs, la commande publique représente près de 68 milliards d'euros.

Dimanche 18 Juillet 2010 - 10:57





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