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Didier Le Bret juge inacceptable les attaques de ses adversaires (interview)


Mardi 23 Mai 2017 modifié le Mercredi 24 Mai 2017 - 00:56

Candidat du Parti socialiste aux législatives dans la 9ème circonscription des Français à l’Etranger. Didier Le Bret a occupé de hautes fonctions avant de se lancer dans la politique. Surnommé « Ambassadeur courage" en Haïti pendant le tremblement de terre de 2010, le compagnon de Mazarine Pingeot, la fille de François Mitterrand, notamment ancien chef du centre de crise du Quai d’Orsay et coordinateur du renseignement à l’Elysée, a décidé de ne rien laissé passer sur son supposé "parachutage". Atlasinfo l’a rencontré lors de sa campagne au Maroc à Casablanca.

Propos recueillis par Ghislaine Badri




Comment préparez-vous cette campagne aux législatives dans la 9ème circonscription des Français à l’étranger ?

Je mène une campagne de proximité. Depuis septembre 2016, je me suis déplacé dans dix des seize pays que compte cette 9ème circonscription. J’ai rencontré 98% de la communauté française présente sur le continent. J’ai donc réalisé plusieurs déplacements pour aller à la rencontre de nos compatriotes en Afrique. J’ai choisi de faire une campagne dans l’ensemble des pays de cette circonscription, Contrairement à M’jid El Guerrab ou Erwan Davoux (droite). Je considère que tous les Français de l’étranger de ces 16 pays méritent d’être vus et entendus. Je suis allé partout et à plusieurs reprises, c’est ma troisième fois visite au Maroc. Je me suis déplacé trois fois également en Tunisie et en Algérie. J’ai été également au Niger, au Burkina Faso, au Mali et dans plusieurs pays de la zone Afrique Sub-Saharienne. Et ces déplacements sont importants car les problématiques ne sont pas les mêmes. A ce titre je tiens à préciser que j’ai pris l’engagement d’aller voir mes compatriotes deux fois par afin d’être au plus près des Français et de répondre à leurs besoins et leurs attentes.

Que pensez-vous de cette campagne et quelles sont vos relations avec les autres candidats ?

Je ne suis pas en relation avec les autres candidats. Il m’est arrivé de rencontrer Mjid El Guerrab car nous appartenons tous les deux au même parti politique, le PS. M. El Guerrab a mené sa campagne de septembre à décembre 201, pour avoir l’investiture du Parti Socialiste. J’ai soutenu l’idée d’appeler à un vote interne au PS pour donner la parole aux militants et exprimer leur choix quant au profil du candidat qui leur parait à même de porter la victoire de la gauche aux législatives dans cette circonscription. Je suis donc allé au devant les électeurs. Les militants m’ont accordé leur vote , leur confiance et m’ont choisi. Tout ceci a conduit à un ralliement de grandes figures du PS, notamment au Maroc, comme Marion Berthoud, et Abdelghani Youmni, secrétaire général du PS dans le royaume. Il s’avère que ces appuis ont provoqué la colère de certains de mes adversaires qui ont quitté le navire. Je regrette ces rumeurs lancées par les équipes de soutien de Mjid El Guerrab, déroutées par un vote qui s'est déroulé à bulletin secret et dans la transparence la plus totale.
Je juge inacceptable les mensonges sur un supposé «parachutage » ou encore prétendre que M. El Guerrab n’était pas convié aux réunions de campagne du PS avec l’ensemble des candidats de la 9ème circonscription à Tunis et à Dakar. Il était bien présent. Toutes ces rumeurs sont fausses et infondées.

Que pensez-vous du retrait par « La République en marche » de Macron de Leila Ouachi de la liste des candidats dans la 9ème circonscription ?

Cette relève de la responsabilité et du choix du mouvement de «La République en Marche ». Je pense que le choix de cette candidate clivante n’a pas pris en compte certains paramètres dans une circonscription qui n’est pas simple. Je constate aussi qu’aucun candidat LREM n’est investi dans cette circonscription. Quand Mjid El Guerrab annonce qu’il est le candidat mandaté par LREM, soit il est dans l’imposture et c’est grave, soit l’état major d’En Marche s’est trompé ce dont j’en doute fortement. Tout ceci éclabousse la classe politique dans son ensemble et donne l’impression que les candidats sont prêts à tout pour arriver à leur fin.

La question du Sahara s’est invitée au débat. Qu’en pensez-vous ?

Je suis sur la même ligne que la position de la France. En tant qu’ancien ambassadeur, je l’assume pleinement. En tant que citoyen Français, je ne rêve que d’une chose, c’est la réconciliation entre le Maroc et l’Algérie sur cette question afin de voir un Maghreb intégré et uni. Il faut rappeler que ces désaccords ont un coût conséquent pour ces pays et même pour la France et l’Europe. Actuellement cette zone est très faiblement intégrée. Il y a plus d’intégration entre le Mexique et les Etats unis qu’entre le Maghreb et l’Europe.


Quel regard portez-vous sur les mutations en Afrique et la politique africaine du Maroc ?

Au moment ou l’Afrique décolle, les dernières prévisions du PIB Brut à l’horizon 2050, on se rapproche de celui de l’Europe avec une population de 2 milliards d’habitants. C’est une chance colossale pour nous tous. En ce moment nous avons besoin d’intégration. La France et le Maroc ne sont pas concurrents sur le continent africain. Nous sommes plus que jamais des alliés. Le Maroc a les clés pour ouvrir des marchés en Afrique que la France n’en a pas. Les recettes du Nord ne sont pas applicables au Sud et le Maroc a cet énorme avantage d’être un pays du Sud qui a connu un développement progressif puis une émergence accélérée au cours de ces quinze dernières années. Le modèle marocain est réussi et doit faire réfléchir au sein du continent. C’est une opportunité que l’on doit saisir.

Beaucoup d’entrepreneurs français sont installés au Maroc et en Afrique. Quels seront vos actions engagées dans ce sens ?

Je suis pour que l’Etat français soit stratège dans sa façon d’accompagner les entreprises non seulement à l’export mais aussi les investissements directs. En tant que député, j’aurais un regard très aigu sur la politique d’aide et d’accompagnement des PME et des ETI (NDLR, entreprises de taille intermédiaire). Les grands groupes investissent et se retirent au gré de la fluctuation des marchés. Les PME, quant à elles, se battent pour continuer d’exister. Certaines entreprises sont familiales et arrivent à construire des synergies avec les acteurs locaux. Celles-ci doivent être accompagnées pour la création d’emplois et pour affronter les péripéties sur des marchés difficiles. Et ce n’est pas simple pour ces PME car nous avons un système français bancaire qui reste très timide et un système de garantie à travers la COFACE qui ne prend pas beaucoup de risques, ainsi qu’un système d’accompagnement pour les investissements à travers les aides à des entreprises dans les pays émergents, mais qui ne sont pas d’un maniement aisé. Si je suis élu député dans cette 9ème circonscription, je serais très vigilent sur ces problématiques importantes.

Mardi 23 Mai 2017 - 09:00