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Détecter des cancers grâce à un simple test de l'haleine


Vendredi 20 Août 2010 modifié le Vendredi 20 Août 2010 - 16:31

Une équipe internationale a mis au point un test rapide, rappelant un alcootest, qui permettrait de détecter très tôt la présence d'une tumeur




Détecter des cancers grâce à un simple test de l'haleine
Le test n'en est encore qu'à un stade expérimental, mais les résultats prometteurs déjà évoqués il y a un an par les chercheurs de l'Institut technologique Technion d'Israël semblent se confirmer. Selon une étude publiée cette semaine dans le British Journal of Cancer, des scientifiques sont parvenus à différencier des patients cancéreux de patients sains en analysant leur haleine, grâce à un procédé rapide, non-douloureux et potentiellement peu coûteux.


Repérer et identifier les tumeurs

L'analyse de l'haleine pour détecter un cancer repose sur un constat : quand une tumeur grossit, la surface des cellules cancéreuses dégage des composés organiques volatiles spécifiques, que l'on peut retrouver dans le souffle. Des chercheurs travaillant à un «nez électronique» ont découvert des détecteurs, comprenant notamment des nanoparticules d'or, capables d'identifier ces éléments chimiques. Ils sont non seulement capables de détecter la présence d'un cancer, mais aussi déterminer s'il s'agit d'un cancer colorectal, du sein, de la prostate ou du poumon. Ces quatre cancers sont les plus courants enregistrés chez les hommes et femmes confondus et sont responsables de 60% de la mortalité chez les cancéreux.

L'expérience dont il est question dans le BJC a été menée auprès de 177 volontaires, âgés de 20 à 75 ans. Les patients atteints d'un cancer étaient soumis au test juste après avoir été diagnostiqués selon les techniques traditionnelles, et avant de commencer tout traitement. L'âge du patient, son sexe ou son mode de vie (tabagisme par exemple), qui peuvent modifier la chimie à l'intérieur de la bouche, n'ont pas eu d'impact sur les résultats.

«Si ces résultats sont confirmés par des études cliniques de plus grande envergure, cette nouvelle technologie pourrait devenir un outil simple pour diagnostiquer tôt un cancer, à l'instar de l'imagerie médicale», affirme le Pr Abraham Kuten, l'un des auteurs de l'étude. Or, plus un cancer est détecté rapidement, plus les chances de guérison sont fortes. Il est notamment important de le repérer avant que les cellules cancéreuses ne passent dans le système sanguin ou lymphatique, entraînant un risque de métastases. Outre sa fonction d'aide au diagnostic, ce test pourrait également «permettre de mesurer facilement l'efficacité d'un traitement et de détecter les rechutes éventuelles», poursuit le Pr Kuten.


Encore des années de travail

Les recherches permettraient d'ores et déjà de commercialiser un test permettant de savoir si une personne souffre d'un cancer ou pas, explique au figaro.fr le Dr Hossam Haick, un autre auteur de l'étude. Ce genre de test pourrait être utile, par exemple, à des médecins généralistes. Toutefois, les chercheurs préfèrent aller plus loin et développer un outil destiné aux hôpitaux. Celui-ci pourrait non seulement localiser la tumeur (dans le sein, dans le colon, dans les poumons...) mais aussi identifier précisément de quelle forme de cancer il s'agit. «Pour y parvenir, il nous reste encore plusieurs années de travail, sans compter que le test devra ensuite obtenir l'autorisation des autorités sanitaires avant d'être mis sur le marché».

Le Dr Haick reconnaît que les hôpitaux ont déjà à leur disposition des méthodes très fiables pour détecter des cancers (mammographie, coloscopie…). «Mais celles-ci sont plus coûteuses, plus longues, et parfois inconfortables. Avec les méthodes actuelles, il faut souvent compter entre 4 jours et 4 semaines pour obtenir les résultats des analyses. Notre test permet d'obtenir un résultat en moins d'une heure, sans douleur.» En outre, il ne nécessite pas de personnel très qualifié et son prix pourrait tourner autour de 10 dollars. Le chercheur israélien indique toutefois n'avoir pas encore eu de contacts avec l'industrie en vue d'une commercialisation.

Le Dr Lesley Walker, de la fondation Cancer Research UK, à qui appartient le BJC, rappelle toutefois «qu'il s'agit d'une petite étude, encore à un stade peu avancé et qu'il faudra beaucoup de recherches avant la commercialisation de ce produit».

Pauline Fréour
Vendredi 20 Août 2010 - 16:25





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