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Des vétérinaires pour remplacer des médecins ?


Dimanche 18 Décembre 2011 modifié le Dimanche 18 Décembre 2011 - 18:27




Des vétérinaires pour remplacer des médecins ?
Si votre médecin n’est pas disponible, appelez le vétérinaire ! Celle-là, elle est bien bonne, et il faut saluer son auteur, une haute personnalité, Françoise Tenenbaum, adjointe au maire de Dijon en charge de la santé, vice-présidente du Conseil régional et présidente de la Conférence Régionale de la Sante et de l’Autonomie (CRSA) auprès de l’Agence Régionale de Santé de Bourgogne. On marche sur la tête…
Admirons cette belle théorie : « J'ai réfléchi à la problématique dans laquelle nous sommes, notamment en Bourgogne où il y a des déserts médicaux, et je me suis rendue compte qu'il y avait des vrais médecins dans les territoires, ce sont les vétérinaires, qui peuvent intervenir en urgence. Je pense qu'il y a un champ de travail, mais il faudrait définir une passerelle de formation et cadrer la mission de ces vétérinaires. Surtout, ce ne serait pas à la place du médecin mais en l'attendant ».


Beaucoup de titres, notre amie, quelle bourde !


Le premier obstacle est légal, et il est décisif. L’acte de soigner, et ce pour tout acte de soin, est une intrusion sur le corps humain, et pour que cet acte soit licite, il doit être autorisé par la loi. La loi lie son autorisation à la titularité d’un diplôme, celui de médecin, qui répond à un programme européen de formation. Donc on peut pratiquer un acte médical que si on est titulaire d’un diplôme sanctionnant la maîtrise de ce programme. L’obstacle, décisif, est ainsi celui de l’exercice illégal de la médecine, qui est une infraction pénale (Code de la Santé Publique, art. L. 4161-1).


Ensuite, l’acte médical n’est pas défini par la loi, car la seule référence est la mission générale du médecin : poser un diagnostic et choisir une thérapie. La loi a toujours choisi cette approche globale, car c’est la seule réponse scientifique possible. Il n’existe pas de petit diagnostic. Un mal de tête peut être un signe inquiétant. Une blessure légère peut être le siège d’une infection redoutable. Discutez un peu avec un médecin régulateur du 15, et il vous expliquera le haut de degré de prudence qui interdit toute banalisation sur un diagnostic d’emblée. Alors, le petit diagnostic en attendant le toubib… Consternant.


Une élue pète les plombs… bof ! Mais, je vois quand même que notre amie des bêtes est présidente de la Conférence Régionale de la Sante et de l’Autonomie (CRSA) auprès de l’Agence Régionale de Santé de Bourgogne, qui sont des structures de l’Etat. Comment peut-elle rester en fonction après avoir théorisé de telles âneries ? Et là, je ne suis pas gentil pour les ânes.



Dimanche 18 Décembre 2011 - 18:19

Source: lesactualitesdudroit.20minutes




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