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Des rumeurs du micro… cosme aux écoutes téléphoniques (Le Monde)


Jeudi 15 Avril 2010 modifié le Jeudi 15 Avril 2010 - 23:04

Dans cette affaire dite des « fausses rumeurs » lancée par on ne sait trop qui et relayée par on sait qui mais sans savoir trop pourquoi, à la réflexion, un seul élément vaut le coup qu’on s’y attarde : Mme Dati a-t-elle fait ou non l’objet d’une écoute téléphonique?





Des rumeurs du micro… cosme aux écoutes téléphoniques (Le Monde)
Bernard Squarcini, le patron de la DCRI, a annoncé clairement les choses : c’est non ! Son service a effectivement effectué une enquête mais il n’a pas été fait usage d’écoutes téléphoniques, ni sur ladite dame ni sur personne.

Pour les non-initiés, il existe trois sortes d’écoutes téléphoniques : les écoutes administratives, les écoutes judiciaires et les écoutes sauvages.

Les premières sont réservées à certains services de police, gendarmerie, douanes… Chacun de ces services disposant d’un quota. Du temps de Mitterrand, la cellule élyséenne avait le sien. Les « productions » sont classifiées et ne peuvent être utilisées en justice. Pour cela, il faut utiliser les écoutes judiciaires. Elles sont ordonnées soit par le juge d’instruction, soit, depuis la loi Perben II, par le procureur, via le juge de la détention et des libertés. Les autres, peut-être les plus nombreuses, ce sont les écoutes sauvages. La technique permet aujourd’hui des tas de choses, comme piéger un téléphone portable, ou le transformer en micro d’ambiance. Mais le top, c’est la réception en direct, par voie hertzienne, sans passer par l’opérateur. Donc, sans laisser de trace. Pour cela, il suffit d’une valise de type « apériodique » qui permet de détecter tous les téléphones portables dans un rayon de plusieurs centaines de mètres.

Combien existe-t-il d’écoutes ? Inutile d’avancer un chiffre, il serait faux. Mais en fait, tout le monde est écouté, puisque la loi oblige les fournisseurs de réseaux à conserver la trace des communications pendant un an. On est donc écoutés par défaut.

En réalité, l’écoute des conversations est devenue accessoire. Il est plus important d’enregistrer un carnet d’adresses, de savoir qui appelle qui, à quelle fréquence, de quel endroit ; ou de détecter d’un clic de souris, toutes les personnes qui se trouvent à proximité de telle autre. Et tout cela peut aujourd’hui se faire de façon quasi automatique. On envisage pour demain – si ce n’est déjà fait - l’enregistrement de toutes ces données d’une façon systématique. Aucune atteinte à la vie privée, nous dira-t-on, car ces données ne seraient utilisées qu’en cas de besoin.

Il y a un aspect positif à cette histoire de « petits clapotis ». Puisque la DCRI a été chargée d’effectuer des recherches sur l’origine de ces rumeurs, cela peut vouloir dire, a contrario, qu’il n’existe pas auprès du président de la République un service top secret capable de le faire…

Donc, pas de « bad » brigade au Château, comme cela était le cas à d’autres époques. Une bonne chose pour la démocratie.

Jeudi 15 Avril 2010 - 13:13

Le Monde




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