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Des proches du président Boudiaf assassiné exigent la vérité


Vendredi 14 Mai 2010 modifié le Vendredi 14 Mai 2010 - 13:28

Dans une lettre adressée au président algérien, Abdelaziz Bouteflika, condamnant la ‘’terrible banalisation’’ de l’assassinat de l’homme qui a voulu ‘’rétablir l’équilibre brisé de son pays et redonner l’espoir à une jeunesse perdue et sans repère’’, les proches de Mohamed Boudiaf exigent la vérité sur son assassinat.




Des proches du président Boudiaf assassiné exigent la vérité
‘’Dix-huit ans après la disparition du regretté Mohamed Boudiaf, son assassinat demeure toujours une énigme et on se pose encore la question qui se cache derrière’’, déclarent jeudi à la presse des proches du défunt qui ont adressé récemment une lettre au président algérien, Abdelaziz Bouteflika.

Acte isolé commis par un militaire aux sympathies islamistes ou complot polico-mafieux, s’interrogent des proches du défunt qui vivent toujours au Maroc et dont les efforts pour faire éclater la vérité sont restés vains, dix-huit ans après l’exécution publique de Boudiaf par le capitaine Lembarek Boumaârafi, le 29 juin 1992 à Annaba.

‘’L’autopsie n’a jamais été faite, l’arme du crime a disparu Tout cela nous laisse dire qu’il s’agit d’un complot’’, relèvent-ils appelant le président Bouteflika à relancer l’enquête sur le rôle joué dans cette affaire par les différents chefs de départements et organes affiliés à la Direction des renseignements (DRS), comme le département de la sécurité intérieure et le département de la sécurité de l’armée.

Ils ont dressé par la même une liste de quelques anciens cadres du DRS, et des services auxquels incombait la mission de protection du feu président Boudiaf, et qui se sont retrouvés cités dans la procédure d’enquête.

Au plus fort de ses moments de violence et d’incertitude, l’Algérie avait, rappelle-t-on, fait appel à son enfant prodigue à qui elle confia la dure tâche de remettre de l’ordre dans un pays menacé par la montée en puissance de l’islamisme.

Répondant spontanément à l’appel de son pays, Mohamed Boudiaf est revenu en Algérie le 16 janvier 1992. Sa droiture, son intégrité morale, sa franchise et sa loyauté étaient pour ceux qui l’ont sollicité ce qu’il fallait à l’Algérie pour retrouver le chemin de la stabilité. Le 29 juin 1992, il parlait encore de la construction de la paix, de l’avenir de l’Algérie et de l’espoir de renaissance de son pays quand une rafale de balles arrêta net cet homme de convictions.

La commission chargée de l’enquête sur cet assassinat avait émis deux rapports contradictoires : le premier évoquait la thèse du complot, le second la théorie de l’acte isolé. Théorie confirmée par la justice qui a condamné, le 3 juin 1995, à la peine capitale Boumaârafi. Un jugement réfuté par la famille Boudiaf. La Cour suprême a confirmé la sentence. Les anomalies dans l’enquête et le déroulement des faits ce 29 juin 1992 n’ont pas pesé devant la machine judiciaire. Les officiers de la sécurité présidentielle ont été arrêtés pour grave négligence avant d’être relaxés sans explication.

Depuis, certains ont même été promus à des grades supérieurs. En janvier 2002, le général à la retraite, feu Larbi Belkheir, ministre de l’Intérieur au moment des faits, a été accusé par le fils du défunt, Nacer Boudiaf, d’être derrière l’assassinat de son père. Mais le mystère demeure entier autour de cette affaire.
Vendredi 14 Mai 2010 - 10:39

Anas Bachir




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