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Des Marocaines pour l'égalité homme/femme dans la Constitution


Jeudi 12 Mai 2011 modifié le Vendredi 13 Mai 2011 - 00:07




Des femmes participent à une manifestation contre le terrorisme et pour des réformes au Maroc, le 8 mai 2011 à Marrakech
Des femmes participent à une manifestation contre le terrorisme et pour des réformes au Maroc, le 8 mai 2011 à Marrakech
Des associations de femmes au Maroc militent pour que l'égalité des sexes soit inscrite dans la Constitution, profitant de l'annonce de la réforme constitutionnelle.

"La démocratie implique l'égalité entre tous les citoyens, donc sans égalité entre les sexes, il n'y a pas de démocratie", lance Tahani Madmad, étudiante de 20 ans qui milite dans le Mouvement de contestation du 20 février. "L'égalité homme/femme est très présente dans les revendications du 20 février.C'est l'occasion ou jamais de changer les choses".

Le Mouvement de jeunes du 20 février revendique des réformes politiques, économiques et sociales profondes au Maroc. "Il ne faut pas rater ce moment historique où la Constitution va être modifiée", renchérit Amina Tafnout, militante féministe.

Le roi Mohammed VI a annoncé le 9 mars des réformes constitutionnelles visant notamment à renforcer le rôle du Premier ministre. Dans ce discours, il a également appelé à encourager "l'égal accès des hommes et des femmes aux fonctions électives".

Une semaine après, une vingtaine d'associations se regroupaient pour créer une "coalition" baptisée "Printemps féministe pour l'égalité et la démocratie". Elles ont rédigé un mémorandum commun dans lequel elles demandent d'inscrire l'égalité homme/femme dans la Constitution et exigent la primauté des conventions internationales sur les règles nationales.

Le droit de vote des femmes a été inscrit dans la première Constitution du Maroc indépendant en 1962.

Dans la réalité et malgré l'évolution des mentalités, les femmes restent marginalisées aussi bien par les électeurs, notamment dans les régions rurales, que par certains partis politiques qui se "méfient" des "femmes candidates", soulignent les observateurs.

"On peut dire qu'il y a une méfiance initiale à l'égard des femmes au sein de beaucoup de partis politiques marocains qui préfèrent présenter des +candidats hommes+, notamment dans le milieu rural", reconnaît le politologue Nadir Moumni, de l'université Mohammed V de Rabat.

"Mais les enquêtes ont également montré que lorsqu'une femme s'impose dans un parti ou dans une région, elle devient une valeur sûre", ajoute M. Moumni. "La Constitution, c'est la loi suprême, la source de toutes les autres lois et donc si l'égalité y est inscrite, ça ouvre la voie pour l'égalité dans les droits économiques, sociaux, civils, culturels...", dit Fouzia Assouli, de la Ligue démocratique pour les droits des femmes (LDDF).

"Les femmes sont encore des citoyens de second ordre", déplore-t-elle, avant de citer l'accès à l'emploi, à la propriété, et la polygamie qui n'est pas abrogée.

"Les filles héritent de la moitié de la part de leurs frères", dénonce Amina Lemrini, fondatrice en 1985 de l'Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM). "

"La réforme de la moudawana (Code de la famille), c'était une première étape", dit Amina Tafnout, qui s'était battue avec les autres militantes pour cette réforme. "Dans les tribunaux, on a laissé une grande marge d'interprétation aux juges", déplore-t-elle.

"La réforme n'a pas suffisamment été accompagnée de sensibilisation", poursuit-elle, même si elle reconnaît qu'elle a "permis de casser les tabous".

Des représentantes d'associations féministes ont été entendues le 11 avril par la Commission chargée de la réforme de la Constitution, formée par le souverain au lendemain du discours du 9 mars et présidée par le juriste Abdeltif Menouni.

"La commission était très à l'écoute, nous avons pu bien parler. Ca a été très positif à mes yeux", se réjouit Rhizlaine Benachir, présidente de l'association Jossour forum des femmes marocaines.

Les militantes devraient être fixées en juin. Amina Lemrini y croit: "Quand on se bat au quotidien, il faut être optimiste", dit-elle. En attendant, elle milite aussi auprès des partis politiques.

Jeudi 12 Mai 2011 - 22:47

Atlasinfo avec agences





1.Posté par Farid Mnebhi le 13/05/2011 10:50 | Alerter
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Je voudrais seulement rappeler, et avec tous les respects que je leur dois, à Madame Fouzia Assouli, présidente de la Ligue démocratique pour les droits des femmes et aux associations marocaines pour les droits de la femme qui ont lancé le 12 mai 2011, un appel à manifester pour que soient inscrits les droits de le Femme dans la Constitution, ceci :

la Constitution marocaine du 13 septembre 1996 stipule :

ARTICLE 5: Tous les Marocains sont égaux devant la loi.
ARTICLE 8: L'homme et la femme jouissent de droits politiques égaux.
Sont électeurs tous les citoyens majeurs des deux sexes jouissant de leurs droits civils et politiques.
ARTICLE 12: Tous les citoyens peuvent accéder, dans les mêmes conditions, aux fonctions et emplois publics.
ARTICLE 13: Tous les citoyens ont également droit à l'éducation et au travail.
ARTICLE 16: Tous les citoyens contribuent à la défense de la patrie.
ARTICLE 17: Tous supportent, en proportion de leurs facultés contributives, les charges publiques que seule la loi peut, dans les formes prévues par la présente Constitution, créer et répartir.
ARTICLE 18: Tous supportent solidairement les charges résultant des calamités nationales.
ARTICLE 19: Le Roi, Amir Al Mouminine. Représentant Suprême de la Nation, Symbole de son unité, Garant de la pérennité et de la continuité de l'Etat, veille au respect de l'Islam et de la Constitution. Il est le protecteur des droits et libertés des citoyens, groupes sociaux et collectivités.
Il garantit l'indépendance de la Nation et l'intégrité territoriale du Royaume dans ses frontières authentiques.
En conséquence, pourquoi manifester pour demander ce qu'on a déjà obtenu depuis belle lurette. Une explication m’obligerait. En vous demandant de bien vouloir publier, diffuser ce commentaire au nom de toutes les femmes marocaines. Merci. Farid Mnebhi

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