Désabusés en raison des résultats du premier tour ou furieux après l'invalidation des élections législatives, de plus en plus d'Â�gyptiens semblent tentés par l'abstention ou le vote nul avant le second tour de la présidentielle ce week-end.
Mohamed Morsi, candidat des Frères musulmans, et Ahmed Chafik, dernier Premier ministre de l'ancien président Hosni Moubarak, se sont qualifiés à l'issue du premier tour les 23 et 24 mai, mais n'ont pas réuni la moitié des voix à eux deux.
Les résultats ont frustré les électeurs centristes et libéraux, parmi lesquels des participants à la révolution qui a chassé Hosni Moubarak du pouvoir en février 2011. Des manifestations ont eu lieu contre la présence au second tour d'Ahmed Chafik, vu comme un vestige de l'époque de l'ancien chef d'Etat - condamné le 2 juin à la réclusion à perpétuité.
"Je suis en colère", dit Ahmed Ali, un gardien d'immeuble de 44 ans, décidé à barrer d'une croix rouge les deux bulletins de vote, ce week-end. "Beaucoup d'Â�gyptiens sont morts au cours du soulèvement l'an dernier, et finalement on est obligé de choisir entre l'ancien régime corrompu et un mouvement qui a son propre programme islamiste."
La colère des partisans de la révolution a été attisée jeudi par une décision de la Haute Cour constitutionnelle, qui a maintenu Ahmed Chafik comme candidat et invalidé un tiers des sièges du Parlement, entraÂŒnant la dissolution de la chambre basse, contrôlée par les islamistes. (voir )
La Cour a également abrogé une loi votée par le Parlement, qui interdisait à des cadres de l'ère Moubarak de se présenter aux élections. Les décisions, accueillies sans surprise par la majorité des juristes, ont été dénoncées comme un "coup d'Etat" par le mouvement du 6-Avril, l'un des animateurs de la révolution anti-Moubarak ( ).
"MOBTELOON" ET "MOKATE'OON"
L'Egypte est gouvernée depuis la chute de l'ancien "raïs" par le Conseil suprême des forces armées (CSFA), considéré comme un soutien d'Ahmed Chafik, malgré les dénégations de l'armée et du candidat.
"La manière générale dont cette transition a été menée (par le CSFA) ne manifeste aucune intention de passer le pouvoir à un véritable gouvernement civil élu", estime Mohsen Sehrawy, un consultant en marketing de 37 ans. "€a a renforcé ma décision de voter nul."
Les partisans du vote nul, surnommés en arabe "mobteloon", ont pris comme slogan "Non au fascisme militaire et non au fascisme religieux" et espèrent convaincre au moins 10 millions d'électeurs de mettre un bulletin invalide dans l'urne, en signe de protestation politique.
D'autres partisans du boycott - les "mokate'oon", en Arabe - appellent à l'abstention, et qualifient l'élection de "mascarade grotesque". Ils accusent le CSFA d'avoir demandé aux six millions de fonctionnaires égyptiens de voter pour Ahmed Chafik.
L'abstention avait déjà été une caractéristique du premier tour, au cours duquel moins de la moitié des électeurs s'étaient déplacés.
Certains partisans de la révolution s'opposent cependant au boycott, craignant davantage une victoire d'Ahmed Chafik, présenté comme une copie conforme d'Hosni Moubarak qu'une éventuelle présidence islamiste de Mohammed Morsy.
"A moins que le boycott ait un effet direct sur le résultat, les révolutionnaires font mieux de soutenir le candidat qui leur accorde le plus de concessions", d'après Gamal Guemeih, un banquier de 29 ans. "Les élections auront lieu, de toute façon."
Mohamed Morsi, candidat des Frères musulmans, et Ahmed Chafik, dernier Premier ministre de l'ancien président Hosni Moubarak, se sont qualifiés à l'issue du premier tour les 23 et 24 mai, mais n'ont pas réuni la moitié des voix à eux deux.
Les résultats ont frustré les électeurs centristes et libéraux, parmi lesquels des participants à la révolution qui a chassé Hosni Moubarak du pouvoir en février 2011. Des manifestations ont eu lieu contre la présence au second tour d'Ahmed Chafik, vu comme un vestige de l'époque de l'ancien chef d'Etat - condamné le 2 juin à la réclusion à perpétuité.
"Je suis en colère", dit Ahmed Ali, un gardien d'immeuble de 44 ans, décidé à barrer d'une croix rouge les deux bulletins de vote, ce week-end. "Beaucoup d'Â�gyptiens sont morts au cours du soulèvement l'an dernier, et finalement on est obligé de choisir entre l'ancien régime corrompu et un mouvement qui a son propre programme islamiste."
La colère des partisans de la révolution a été attisée jeudi par une décision de la Haute Cour constitutionnelle, qui a maintenu Ahmed Chafik comme candidat et invalidé un tiers des sièges du Parlement, entraÂŒnant la dissolution de la chambre basse, contrôlée par les islamistes. (voir )
La Cour a également abrogé une loi votée par le Parlement, qui interdisait à des cadres de l'ère Moubarak de se présenter aux élections. Les décisions, accueillies sans surprise par la majorité des juristes, ont été dénoncées comme un "coup d'Etat" par le mouvement du 6-Avril, l'un des animateurs de la révolution anti-Moubarak ( ).
"MOBTELOON" ET "MOKATE'OON"
L'Egypte est gouvernée depuis la chute de l'ancien "raïs" par le Conseil suprême des forces armées (CSFA), considéré comme un soutien d'Ahmed Chafik, malgré les dénégations de l'armée et du candidat.
"La manière générale dont cette transition a été menée (par le CSFA) ne manifeste aucune intention de passer le pouvoir à un véritable gouvernement civil élu", estime Mohsen Sehrawy, un consultant en marketing de 37 ans. "€a a renforcé ma décision de voter nul."
Les partisans du vote nul, surnommés en arabe "mobteloon", ont pris comme slogan "Non au fascisme militaire et non au fascisme religieux" et espèrent convaincre au moins 10 millions d'électeurs de mettre un bulletin invalide dans l'urne, en signe de protestation politique.
D'autres partisans du boycott - les "mokate'oon", en Arabe - appellent à l'abstention, et qualifient l'élection de "mascarade grotesque". Ils accusent le CSFA d'avoir demandé aux six millions de fonctionnaires égyptiens de voter pour Ahmed Chafik.
L'abstention avait déjà été une caractéristique du premier tour, au cours duquel moins de la moitié des électeurs s'étaient déplacés.
Certains partisans de la révolution s'opposent cependant au boycott, craignant davantage une victoire d'Ahmed Chafik, présenté comme une copie conforme d'Hosni Moubarak qu'une éventuelle présidence islamiste de Mohammed Morsy.
"A moins que le boycott ait un effet direct sur le résultat, les révolutionnaires font mieux de soutenir le candidat qui leur accorde le plus de concessions", d'après Gamal Guemeih, un banquier de 29 ans. "Les élections auront lieu, de toute façon."
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