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Décès d'un élève-officier, Jallal Hami: vers l'ouverture d'une information judiciaire pour homicide involontaire


Mercredi 31 Octobre 2012 modifié le Jeudi 1 Novembre 2012 - 13:23




Décès d'un élève-officier, Jallal Hami: vers l'ouverture d'une information judiciaire pour homicide involontaire
Le procureur de Vannes, Thierry Phelippeau, a annoncé mercredi qu'il envisageait "l'ouverture d'une information judiciaire pour homicide involontaire", après la mort d'un élève officier de l'école de Saint-Cyr Coëtquidan (Morbihan), mais il a réfuté la thèse d'un "bizutage" au sens pénal du terme. Le dossier va être transmis "dans les prochains jours" au parquet de Rennes compétent en matière de justice militaire.

"Il n'apparaît pas au vu des éléments qui m'ont été communiqués qu'il y avait une intention d'humilier ou de soumettre les élèves à un acte dégradant. On n'est pas dans le bizutage", a expliqué le magistrat lors d'une conférence de presse.

Il a aussi relevé que le décès n'était pas non plus survenu dans le cadre de l'instruction, mais dans une activité "qui, manifestement, présentait des risques et qui à mon sens devait être encadrée de mesures de sécurité qui, on peut se poser la question très sérieusement, faisaient peut-être défaut".

L'autopsie a révélé que le sous-lieutenant Jallal Hami, 24 ans, a succombé à une noyade lors du franchissement, de nuit, en treillis et rangers, d'un étang d'une largeur de 50 mètres - une activité "de tradition" n'entrant pas dans le programme officiel de formation. Selon le procureur, la noyade est vraisemblablement intervenue à l'occasion d'un "phénomène de panique" quand les élèves tentaient de sortir en groupe de l'étang.

L'Association de défense des droits des militaires (Adefdromil) avait expliqué mardi que "cette activité programmée n'était ni plus, ni moins qu'un bizutage, appelé 'bahutage' à Saint-Cyr et transformée en 'transmission de traditions' pour camoufler une activité interdite, sous une appellation relevant de la langue de bois."

Interrogée par Sipa, Me Marie-Laure Ingouf, représentant les parents de la victime, a convenu qu'il ne pouvait s'agir d'un bizutage "au sens pénal du terme" mais a rappelé que le dictionnaire donnait aussi de ce mot la définition : "mise à l'épreuve dans un cadre initiatique".

"L'ouverture d'une information pour homicide involontaire serait très satisfaisante car elle permettrait de lever des zones d'ombre, par exemple sur le délai qu'il a fallu pour découvrir le corps de la victime", a-t-elle dit.

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a pour sa part ordonné mardi "une enquête de commandement visant à déterminer dans les plus brefs délais les circonstances du décès".


Mercredi 31 Octobre 2012 - 21:29





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