Atlasinfo.fr: l'essentiel de l'actualité de la France et du Maghreb
Rubriques
Atlasinfo.fr Atlasinfo.fr

atlasinfo.fr
 








Débat présidentiel: Emmanuel Macron jugé le plus convaincant par 63 % des Français


Jeudi 4 Mai 2017 modifié le Samedi 6 Mai 2017 - 08:18

Les deux candidats se sont affrontés avec une violence inédite dans une joute confuse, dont Emmanuel Macron semble être sorti vainqueur.




Les débats d'entre-deux-tours connaissent généralement des moments de tension lors de séquences qui resteront cultes. Cette fois, les deux candidats ont livré une joute sans merci et souvent confuse à quatre jours du second tour. Un combat qui a tourné, selon un premier sondage Elabe pour BFM TV, à l'avantage d'Emmanuel Macron : il a été jugé le plus convaincant par 63 % des téléspectateurs interrogés, contre 34 % davantage convaincus par Marine Le Pen. L'enjeu était d'importance. Car si les sondages donnent Emmanuel Macron vainqueur le 7 mai, avec 59 ou 60 % des voix, 18 % des personnes certaines ou quasi certaines d'aller voter dimanche n'expriment aucun choix à ce stade, selon un autre sondage Elabe publié mardi.

Dès les premières minutes, le ton était donné. C'est la candidate du Front national qui a donné le « la », ouvrant 2017, le débat par une attaque frontale contre le candidat d'En marche !. Avec une stratégie : en faire le responsable du bilan de François Hollande : « M. Macron est le candidat de la mondialisation sauvage, de l'ubérisation, de la précarisation, du communautarisme, de la guerre de tous contre tous », « tout cela piloté par M. Hollande à la manœuvre », a lancé Mme Le Pen à son adversaire, qu'elle appelle « M. le ministre de l'Économie, M. le conseiller de M. Hollande ».

La grande prêtresse de la peur, elle est en face de moi !


« Vous n'êtes pas la candidate de l'esprit de finesse » ni « de la volonté d'un débat démocratique équilibré et ouvert », a rétorqué M. Macron, après avoir écouté sa rivale mains jointes sous le menton, les yeux braqués dans les siens. À son « esprit de défaite », il a opposé « l'esprit de conquête » qu'il veut incarner.

Symbole de l'âpreté des attaques, l'échange sur le terrorisme et l'islamisme. Marine Le Pen a accusé Emmanuel Macron de « complaisance pour le fondamentalisme islamique ». « Ce que vous proposez, comme d'habitude, c'est de la poudre de perlimpinpin », a-t-il rétorqué, l'accusant de tomber dans « le piège » que les auteurs d'attentat « nous tendent » et de « porter la guerre civile ». « Projet peur ! » a balayé la dirigeante frontiste. Et M. Macron de répliquer : « La grande prêtresse de la peur, elle est en face de moi ! »

Le débat a donné lieu à de violentes passes d'armes entre M. Macron, sans notes et les yeux plantés dans les yeux de sa rivale, et Mme Le Pen, qui consultait très régulièrement ses dossiers. « Mensonges ! », « Grandes bêtises ! », « Vous ne connaissez pas vos dossiers ! » a-t-il accusé. « Je vois que vous voulez jouer avec moi à l'élève et au professeur, mais ça n'est pas mon truc », a répondu la seconde.

L'épisode emblématique de l'entre-deux-tours, la visite à l'usine Whirlpool d'Amiens le 26 avril, a été vite remis sur le tapis : M. Macron a accusé son adversaire d'y avoir « profité de la détresse des gens » et d'avoir fait des selfies « quinze minutes sur le parking ». « Je ne vais pas me planquer » dans une rencontre avec l'intersyndicale, a répondu Mme Le Pen.

« À plat ventre »

Emmanuel Macron a tenté de s'attaquer au « parti des affaires » que serait le Front national, visé par de nombreuses affaires judiciaires, et a qualifié sur la fin Mme Le Pen de « parasite » du système sur lequel elle « vivrait ». Il s'en est surtout pris plus méthodiquement aux « bidouilles » récentes de sa rivale sur son programme, l'interrogeant sur sa sortie de l'euro, sa réforme des retraites et le financement global de ses réformes.

Mme Le Pen a présenté son « arrogant » adversaire comme « à plat ventre » face à ses maîtres supposés. « La France sera dirigée par une femme », « moi ou Mme Merkel », a-t-elle lâché, dans une courte partie réservée aux questions internationales.

Alors qu'en 2002 Jacques Chirac avait refusé le débat face à Jean-Marie Le Pen, qualifié au second tour à la surprise générale, Emmanuel Macron avait tenu à livrer un match. Une « dispute de chiffonniers », selon Sophia Chikirou, la directrice de la communication de Jean-Luc Mélenchon, lequel n'a pas clairement appelé à voter pour Macron.

« Bon boulot ce soir de Marine Le Pen qui, par son indignité, aura donné envie de voter Emmanuel Macron aux derniers hésitants », a raillé Thierry Solère, organisateur de la primaire de la droite.

De nombreux internautes semblaient se ranger à son avis en partageant notamment ce moment où Marine Le Pen ne paraissait plus vraiment maîtriser la situation face à un Emmanuel Macron qui tentait de rester concentré.

Avec AFP
Jeudi 4 Mai 2017 - 07:46





Nouveau commentaire :
Twitter