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De la candidature de Leila Aïchi dans la 9e circonscription des Français à l'étranger


Samedi 20 Mai 2017 modifié le Dimanche 21 Mai 2017 - 14:41

Devant le tollé suscité par sa nomination par la République En Marche en qualité de candidate aux législatives pour représenter la 9ème circonscription des français de l’étranger (Maghreb-Afrique), Mme Leila AICHI conteste les propos qui lui sont prêtés et dénonce l’accusation du positionnement pro-Polisario qui lui est portée.

Par Aïcha Ansar-Rachidi, Avocate à la Cour de Paris




Leila Aichi et l'un des chefs de Polisario au Sénat en 2013
Leila Aichi et l'un des chefs de Polisario au Sénat en 2013
Elle affirme en riposte n’avoir jamais tenu « des paroles déplacées à l’encontre du Maroc, de son peuple et de la personne du Roi…» , ajoutant « je n’ai jamais questionné l’intégrité territoriale du Maroc… ».

C’est oublier que dans une interview donnée en février 2013 à El Watan, quotidien algérien, à l’occasion du colloque qu’elle organisait à cette date au Sénat, elle a affirmé : « Sauf erreur de ma part, le Sahara occidental n’appartient pas au Maroc, c’est un territoire dont le statut juridique n’est pas encore tranché… »

A noter encore que dans cette même interview à El Watan, répondant à l’autre question posée, « d’où sont venues les réactions les plus violentes ? », elle déclare : « Essentiellement d’associations marocaines favorables au statu quo sur cette question du Sahara occidental. Il est évident que ce colloque a aussi gêné les autorités marocaines… ».

Il ne faut pas s’étonner que ce colloque ait suscité des réactions critiques dans la mesure où il s’est déroulé presqu’à « huis clos » puisqu’aucun représentant du Maroc ou d’associations marocaines n’y ont été conviés pour apporter la contradiction.

Madame Leila AICHI semble avoir oublié, en tant qu’avocate de formation, « soucieuse des droits de l’homme » comme elle se définit, qu’un procès se déroule à charge et à décharge et que l’objectivité commande que l’on entende toutes les parties même s’il s’agit d’un simple colloque alors surtout qu’à une autre question d’El Watan, « il vous est reproché un parti pris du fait de vos origines algériennes », elle a répondu « …Le Sahara occidental est une problématique internationale, les atteintes aux droits de l’homme dont est victime la population sahraoui sont avérées mais pas assez médiatisées... » (sic).

A cela s’ajoute une autre interview donnée en avril 2015 à Chouf TV, (que l’on peut encore voir sur internet sous la présentation de Majda Abdallah), au cours de laquelle on peut entendre Mme Leila AICHI déclarer que la question du « Sahara occidental est le dernier conflit colonial » (sic).

Contrairement aux réfutations aujourd’hui de Mme Leila AICHI, tous ces propos ne constituent-ils pas des accusations contre le Maroc ?

Il est curieux que Mme Leila AICHI qui se dit « légaliste » et « soucieuse des droits de l’homme », n’ait pas intégré dans le programme du colloque organisé par elle au Sénat de 2013, d’une part, la question des droits de l’homme en ce qui concerne les séquestrés de TINDOUF, et, d’autre part, le développement apporté par le Maroc à ses Provinces du Sud.

Le reproche qui est fait à Mme AICHI n’a jamais porté sur ses origines algériennes, loin de là, mais sur les propos tenus par elle dans ses différentes manifestations ou interviews.

Comment Mme Leila AICHI peut-elle donc s’étonner aujourd’hui de la contestation que soulève, au Maroc (et même au-delà), sa candidature, pays dans lequel réside le plus grand nombre de français qu’elle sera censée, si elle est élue, représenter et dans lequel elle ne semble pas avoir pris au moins l’initiative de se rendre avant d’organiser un colloque dans lequel celui-ci a été arbitrairement mis en accusation.


Samedi 20 Mai 2017 - 17:44





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