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Dans une lettre, Dekhar, qui se disait agent des services algériens, évoque "capitalisme" et "manipulation des masses"


Jeudi 21 Novembre 2013 modifié le Vendredi 22 Novembre 2013 - 08:24




Le tireur parisien présumé, arrêté mercredi soir près de Paris, a évoqué dans des lettres un "complot fasciste" et dénoncé les méfaits du "capitalisme" et la "manipulation des masses" par "les médias", a annoncé jeudi le procureur de Paris.

Abdelhakim Dekhar, 48 ans, soupçonné d'avoir grièvement blessé lundi à coups de fusil un assistant photographe dans le hall du quotidien Libération et d'avoir ouvert le feu dans un quartier d'affaires près de Paris, a été placé en garde à vue pour tentatives d'assassinats, enlèvement et séquestration, selon le procureur François Molins.

Cet homme âgé aujourd'hui de 48 ans a purgé une peine de quatre ans de prison pour "association de malfaiteurs", pour sa participation aux préparatifs d'une attaque à main armée commise par deux jeunes membres de l'ultra-gauche parisienne qui a fait cinq morts dont trois policiers en 1994. Il se présentait comme un "membre des services secrets algériens" envoyé dans les squats d'extrême gauche et anarchistes pour y dénicher des islamistes.

C'est lui qui avait acheté dans un grand magasin, sous son nom et avec sa pièce d'identité, le fusil à pompe qui avait servi à Florence Rey et Audry Maupin pour attaquer une fourrière où ils voulaient dérober des armes de la police. Le hold-up s'était mal passé et avait dégénéré en fusillade au cours de laquelle trois policiers, Audry Maupin et un chauffeur de taxi avaient été tués.

Avec ses cheveux courts et ses lunettes à la Malcom X, sous le pseudonyme de Toumi, c'était au-début des années 90 un habitué des squats fréquentés par la gauche radicale, une mouvance groupusculaire surveillée étroitement par la police.

Lors du procès au cours duquel Florence Rey a été condamnée à 20 ans de réclusion (elle a été libérée en 2009 après 15 ans de "détention exemplaire"), Abdelhakim Dekhar avait vainement tenté de persuader la cour qu'il était un espion, un agent en mission de la Sûreté militaire algérienne, chargé d'infiltrer les milieux autonomes pour en débusquer d'éventuels islamistes intégristes.

Des témoins cités à l'audience l'ont décrit comme un chaperon, un mentor pour le couple Maupin-Rey, et l'ont accusé d'avoir mis à profit leur jeunesse et leur exaltation pour les manipuler.

Selon François Molins, les expertises psychiatriques qui l'avaient alors examiné avaient noté chez lui des tendances à "l'affabulation" et à la "manipulation".

"C'est un homme énigmatique, étrange", a confié mercredi soir son ancienne avocate, Me Emmanuelle Hauser-Phélizon.

Son autre avocat de l'époque, Me Raphaël Constant, se souvient qu'il "disait avoir été piloté par son oncle, responsable des services secrets algériens". "Il prétendait avoir reçu pour mission d'infiltrer l'ultra-gauche qui aurait eu des accointances avec les islamistes et le GIA algérien", ajoute-t-il.

A la suite du procès, il avait disparu, ses deux conseils n'avaient plus jamais entendu parler de lui. Selon les premiers éléments de l'enquête il serait alors parti vivre à l'étranger, peut-être en Algérie, ou en Angleterre selon une source proche du dossier.

Selon le ministre Manuel Valls, Abdelhakim Dekhar était "probablement parti à l'étranger" depuis plusieurs années et n'était pas dans les fichiers de police.

Jeudi 21 Novembre 2013 - 12:20





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