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Coupe du Monde-Vuvuzela : doucement les basses !


Lundi 14 Juin 2010 modifié le Lundi 14 Juin 2010 - 09:33




Tout le monde l'entend. Tout le monde en parle. Mot en huit lettres inconnu il y a une semaine qui casse les oreilles à toute la planète ? Seuls peut-être les six enfermés de Moscou qui font l'aller-retour sur Mars dans leur capsule ignorent encore son doux zézaiement.

Ne cherchez pas ailleurs la star de ce mondial : Messi et Ronaldo peuvent aller se rhabiller, une corne en plastique leur a piqué la place. Chacun y va de son image : barrissement d'éléphant, frelons en colère, bêlement d'une chèvre en détresse. On fait dans l'animal. On rajouterait bien quelque comparaison plus urbaine : un de ces systèmes autoréfrigérants qui pourrissent nos villes.

Dans la "vuvuzela", vibre, nous dit-on, toute l'âme d'un pays. Les Sud-Africains l'ont eue, en effet, mauvaise que ce soit une Colombienne, Shakira, qui chante l'hymne officiel. Ils n'ont pas apprécié non plus que la mascotte soit fabriquée en Chine. C'est qu'on leur avait fait miroiter monts et merveilles aux Sud-Africains, sans leur expliquer qu'avec la Fifa, tout était verrouillé, question partenariats. Ils croyaient pouvoir boire de la Castle, Black Label ou Windhoek, leurs bonnes vieilles bières, et ils se retrouvent avec de la Budweiser, contrat oblige.

Mais pas question de transiger sur la "vuvu". La Fifa a donc cédé, alors que tout le monde s'en était déjà plaint à la Coupe des confédérations en 2009. Ils se sont dit : c'est la Coupe du monde de l'Afrique, on ne va pas les priver de leur pipeau. Tout le monde veut de l'Afrique, eh bien, on va leur en donner. Et puis, comme ça, au moins, il y aura de l'ambiance. Après la couleur locale, le bruit local. On nous bassine avec les noms des stades : Green Point, Free State, Nelson Mandela Bay, Soccer City. En fait, on joue à Roissy, Heathrow, JFK et Fiumicino...

L'imbattable vuvu

Le pire avec leurs trompettes de malheur, c'est qu'on n'entend plus les gens. Les cris. Les applaudissements. Les chants. Tout ça est broyé sous leur musique de tarmac. On s'en est rendu compte lors du Angleterre - États-Unis . Les Anglais, question chants, ils ne craignent personne. Ça devait être un moment où les vuvumen se rinçaient le gosier. Et là, les Anglais, ils se sont crus at home , à Ansfield Road ou ailleurs. Ils ont poussé le God save the Queen, s ans corne ni plastique. Comme c'était beau. Le retour de l'humain. Ce n'était plus Angleterre - États-Unis, c'était l'homme contre la "vuvu". L'Anglais a tenu une minute. Comme dirait l'autre, la Coupe du monde en Afrique du Sud, c'est un jeu qui se joue à onze, mais où à la fin, c'est toujours la "vuvu" qui gagne.

Ceux qui doivent se frotter les mains, c'est Masincedane Sport. Vous ne connaissez pas ? Quand ils ont vu que cet instrument faisait un malheur dans les stades de foot à la fin des années 1990, ils l'ont industrialisé. En 2004, quand l'Afrique du Sud a su qu'elle aurait la Coupe du monde, 20.000 vuvuzelas se sont vendues en un seul jour. Gageons que quelques contrats sont déjà en train de se négocier avec l'Occident. À quand la "vuvu" dans votre superette ? Avant la fin du Mondial ? À quand les cours de "vuvu" dans les conservatoires ? Concerto pour "vuvu" en V majeur. Première "vuvu", seconde "vuvu". L'écrivain allemand Patrick Süskind pourrait réécrire la Contrebasse et la réintituler la Vuvuzela . On pourrait entendre Bernard Accoyer à l'Assemblée Nationale rappeler à l'ordre les députés à coups de "vuvu".

Le 11 juillet prochain, le vainqueur de la Coupe du monde se verra consigner une valise de luxe pour mieux convoyer le précieux trophée. Je propose qu'on lui remette aussi une "vuvu" en or.

LE POINT
Lundi 14 Juin 2010 - 09:20





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