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Coupe du Monde: Un point, à la ligne…


Par Abdelaziz Ouedrhiri


Le rideau est tombé sur la Coupe du Monde de football. Tant mieux ! Le Monde pourra ainsi revenir à des choses beaucoup plus sérieuses que le spectacle d’hommes gavés et au look outrageusement soigné courant derrière un ballon et s’extasiant épisodiquement à s’arracher les maillots et à s’écraser les uns sur les autres.




Coupe du Monde: Un point, à la ligne…
N’est-ce pas un luxe pour le Monde, au nom duquel on organise cet attroupement footballistique, que de mettre entre parenthèses tous ses soucis pour se mettre à l’heure de «sa» Coupe. Et en fait, de quel Monde parle-ton ? celui des riches engraissés ou celui des pauvres amaigris, celui des portefeuilles garnis ou celui, majoritaire, des poches trouées, le Monde des pays opulents qui peuvent aisément tout offrir ou presque à leurs citoyens bienheureux, ou des pays croulant sous les affres de la misère et de la pauvreté où l’urgent pour les êtres vivants, hommes et animaux, est à la survie et à la survivance.

Que de guerres, que de crises et que de fléaux vit ce pauvre Monde à la mesure duquel on prétend tailler l’événement. Ce Monde, ce sont en réalité des conflits dans pratiquement tous les continents, ce sont des crises qui menacent des millions et des millions de personnes dans leur pain quotidien, c’est le sous-développement dramatique dans lequel se trouvent de vastes contrées du globe, ce sont plus d’un milliard de personnes en proie à une famine chronique… ce sont autant de drames que vit une bonne partie de l’humanité.

De quel droit donc ose-t-on monter cette «affaire» en son nom, car c’est bel et bien une affaire juteuse orchestrée par la FIFA où tout tourne autour du gain pécuniaire et où le football fait figure de simple appât permettant à des mercantilistes aguerris de remplir encore leurs caisses. Et après ça, on se permet de prétendre que le football est un sport populaire. Quelle popularité peut-on prétendre garder à ce sport quand on demande au citoyen démuni, au fin fond de l’Afrique, de l’Asie ou de l’Amérique Latine, de passer à la caisse pour avoir accès aux matchs du Mondial à la télévision.

En acquérant les droits exclusifs de retransmission de ces matchs et en les vendant au prix fort, les chaînes de télévision concernées ne sont-elles pas en train d’éloigner définitivement le football, et en tout cas la Coupe du Monde, des masses populaires pour en faire un rendez-vous réservé aux privilégiés, une sorte de festival de Cannes ou de Venise des cols blancs ? Combien de pays de l’hémisphère sud ont-ils pu débourser des millions de dollars pour offrir le Mondial à leurs citoyens ? Certainement très peu. De très larges couches de populations se sont trouvées donc exclues du spectacle pour cause de pauvreté, une situation qu’elles n’ont pas choisie et dont les riches du moment sont, eux-mêmes, grandement responsables.

Avec cette exclusion, ces couches se trouvent cruellement frustrées dans leurs de besoins de rêver, de s’identifier à un modèle et d’espérer. Une cassure que nombre de joueurs contribuent à consacrer encore plus par l’image d’arrogance qu’ils répercutent et par l’impression qu’ils donnent d’appartenir à une caste d’intouchables et de nababs ayant le monde entier à leurs pieds. Vivant dans une bulle, ces «milliardaires», imbus de leur personne, se pavanent devant les caméras méprisant tous ceux qui les approchent et se surélevant au dessus de la communauté humaine. Une conduite écœurante qui contraste avec les valeurs d’humilité et d’humanisme incarnées par le sport.

Le coup de grâce est venu de sélections comme celle de la France qui a tout fait pour faire douter ceux qui y croient encore aux valeurs du sport football. Qualifiés par la bénédiction d’une main prédatrice de Thierry Henry, les bleus ont dégoûté plus d’un en suscitant l’un des plus grands scandales de la compétition suite à leur refus de s’entraîner en protestation contre l’expulsion de Nicolas Anelka du groupe coupable d’insultes à l’endroit du sélectionneur Raymond Domenech. La suite a été peu honorable: une élimination dès le premier tour pour les vice-champions du monde.

Le niveau de jeu qui n’a commencé vraiment à s’améliorer qu’aux quarts de finale et les graves erreurs commises par certains arbitres, notamment lors des matchs Allemagne-Angleterre et Argentine-Mexique, ont ajouté au désastre.

Un point lumineux cependant : la belle prestation du Ghana qui pouvait, avec un peu plus de conviction, aller loin dans la compétition et la bonne organisation qui prouve que l’Afrique est capable de concurrencer avec les plus grands pourvu qu’on lui fasse confiance et qu’on veuille bien lui en donner les moyens.

Une autre satisfaction, cette fois-ci personnelle, le voisin du Maroc, l’Espagne, a remporté le fameux trophée pour la première fois de son histoire, une consécration qui ravit les Marocains qui, ils ne l’ont pas oublié, avaient à cœur d’organiser cette édition de la Coupe du Monde à laquelle ils ne se sont même pas qualifiés.
Lundi 12 Juillet 2010 - 12:34



Lundi 12 Juillet 2010 modifié le Lundi 12 Juillet 2010 - 13:26

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