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Corée du Nord: «On m'a enlevé un kyste près de l'oreille avec un couteau et sans anesthésie»


Samedi 17 Juillet 2010 modifié le Samedi 17 Juillet 2010 - 20:23

Entre les opérations pratiquées sans anesthésie, l'automédication et l'absence de médicaments dans les hôpitaux, Norma Muico, d'Amnesty International, dénonce un système de santé «en ruine».




Norma Kang Muico, membre d'Amnesty, lors d'une conférence de presse sur la situation du système de santé en Corée du Nord, le 15 juillet 2010 à Séoul
Norma Kang Muico, membre d'Amnesty, lors d'une conférence de presse sur la situation du système de santé en Corée du Nord, le 15 juillet 2010 à Séoul
Un système de santé à l'agonie.

C'est ce que dénonce l'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International dans son rapport publié jeudi. Les 23,9 millions de Nord-Coréens n'ont pas accès au système de santé, pratiquement inexistant. Norma Muico, auteure du rapport, décrit un système de santé «en ruines» à travers les témoignages de quarante Nord-Coréens réfugiés en Corée du Sud entre 2004 et 2009.

Trafic de médicaments

«Des médecins vendent à leur compte, parfois à des marchands ambulants, les médicaments de l'hôpital», racontent les interviewés. Les Nord-Coréens achètent aussi leurs médicaments sur les marchés: «Pour un rhume, vous achetez de la pénicilline ou du Mycin et pour les maux de tête, on achète du Jeong tong pyeon [dérivé d'opium]», raconte Roh, une Nord-Coréenne de 22 ans.

Automédication

Les réfugiés racontent qu'ils se procuraient des médicaments sans consulter de médecin. «Quand j'étais enrhumée, j'achetais du Mycin au marché et le mettais dans un kaki ou un œuf cru», raconte Heo, une femme de 28 ans.

De nombreux Nord-Coréens s'administrent ainsi eux-mêmes leur traitement. C'est aussi ce que révèle le passage de Nord-Coréens à Hanawon, un centre d'adaptation à la société sud-coréenne, près de Séoul. «38% des 192 évadés Nord-coréens prenaient régulièrement des médicaments selon leur propre diagnostic et de manière excessive avant d'arriver en Corée du Sud», explique Kim Eun-ji, du centre Hanawon.

Opérations sans anesthésie

«Une femme m'a raconté qu'en 2003, un médecin lui a retiré un kyste, près de l'oreille, avec un couteau et sans aucune anesthésie», raconte Norma Muico. «Une autre femme me raconte qu'en 2004 elle devait se faire enlever une dent. Elle a dû acheter elle-même le produit anesthésiant au marché car l'hôpital n'en avait pas et selon elle les médecins n'ont pas utilisé la totalité du produit. Elle se souvient d'une douleur atroce.»

Seringues non stérilisées

«Deux témoins m'ont affirmé que les seringues n'étaient pas stérilisées. Mais je n'ai pas assez de témoignages pour le confirmer. En revanche, la majorité m'a assuré que les hôpitaux ne disposaient pas de médicaments sinon payants», explique Norma Muico.
Samedi 17 Juillet 2010 - 20:18

Libération




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