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COP22: Le Maroc porte-voix d’une Afrique émergente (Maesela Kekana)


Jeudi 2 Juin 2016 modifié le Vendredi 3 Juin 2016 - 07:09




Maesela Kekana
Maesela Kekana
Grâce à son engagement de longue date dans les négociations sur les changements climatiques et ses avancées dans le domaine des énergies propres, le Maroc s’impose aux yeux de ses partenaires africains comme porte-voix du continent dans la nouvelle architecture environnementale mondiale qui émerge des COP.

Telle est l’image que le Royaume a réussi à construire au fil des ans à travers les contrées africaines, y compris en Afrique australe. "Le Maroc est un pays clef. Il faut rappeler que les fondements de l’actuel effort international en faveur de la lutte contre les changements climatiques sont basés sur les accords de Marrakech (NDLR: accords concluant le processus de Kyoto signés lors de la COP7 tenue dans la ville ocre en 2001)", confie à la MAP Maesela Kekana, directeur-général chargé des changements climatiques au ministère sud-africain de l’Environnement.

Très au fait des efforts du Maroc dans le domaine de lutte contre le changement climatique, ce haut responsable sud-africain souligne que l’Afrique nourrit d’importantes attentes par rapport au rôle du Maroc pour offrir au continent le meilleur deal à l’occasion de la 22ème conférence sur le climat (COP22), que le Royaume se prépare à accueillir en novembre prochain.

"Nous n’avons aucun doute que le Maroc sera à la hauteur des attentes de l’Afrique et fera du rendez-vous de Marrakech une occasion pour dégager une action forte et solidaire contre les changements climatiques", indique M. Kekana, notant que le conclave de Marrakech sera celui de l’action et de la mise en œuvre de dispositions cruciales pour l’avenir de l’humanité.

En accueillant la COP22, qui marquera l’opérationnalisation de l’accord de Paris, le Maroc offre à son continent un grand privilège, a-t-il poursuivi.

Revenant sur les priorités de l’Afrique pour cette COP22, le responsable sud-africain a souligné que le Maroc a déjà articulé ces priorités, en particulier celles se rapportant au renforcement des capacités.

Il s’agit d’une question cruciale pour les pays africains, a-t-il dit, soulignant que l’Afrique souhaite voir un soutien plus accru en termes de renforcement des capacités, d’adaptation et de transfert de technologie.

"Le Maroc, en sa qualité de président de la COP22, a déjà étalé d’une manière éloquente les priorités partagées par tous les pays africains", a insisté M. Kekana, faisant observer que les pays africains attendront du sommet de Marrakech de donner corps aux recommandations relatives à la question de l’adaptation des pays africains aux changements climatiques.

"En tant qu’Africains, nous souhaiterons un renforcement de l’appui financier aux efforts d’adaptation conjugué à un transfert technologique à la hauteur des risques associés aux changements climatiques", a-t-il dit.

La question de l’adaptation est, en effet, une question primordiale pour l’Afrique, selon les conclusions de nombreux rapports et études internationaux.

Selon le programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), l’Afrique est le continent dont les conditions climatiques changent le plus rapidement.

Les coûts de l’adaptation au changement climatique pourraient par conséquent s’élever à 50 milliards de dollars par an d’ici 2050, en dépit des efforts internationaux pour limiter la hausse des températures en dessous des 2°C au cours de ce siècle.

"Nous devons user de tous les moyens pour mobiliser le soutien financier à l’initiative africaine d’adaptation", a dit le responsable sud-africain, soulignant que les pays africains qui ont beaucoup investi dans le domaine de l’adaptation doivent voir leurs efforts reconnus par la communauté internationale.

M. Kekana a, d’autre part, met en avant l’urgence d’une action internationale concertée contre les changements climatiques, en particulier en Afrique.

Certaines régions du continent, notamment l’Afrique australe, continuent, en effet, de subir l’impact de ces changements sous forme de sécheresses cycliques et de vagues de chaleurs récurrentes.

Selon le responsable sud-africain, la sécheresse qui frappe actuellement l’Afrique australe représente un véritable cauchemar eu égard à l’impact dévastateur en particulier sur les communautés rurales et sur les prix des produits alimentaires, une situation qui pénalise les couches sociales défavorisées.

Et d’ajouter que la COP22 de Marrakech marquera à coup sûr une rupture avec la logique de confrontation nord-sud pour une mutualisation des efforts.

Grâce aux efforts de pays comme le Maroc, l’Afrique a démontré qu’elle est en droit d’exercer pleinement ses droits en tant qu’acteur décisif dans les principales questions internationales, notamment celles des changements climatiques, a-t-il dit, citant notamment les avancées réalisées par le Maroc dans le domaine des énergies renouvelables.

Le Maroc est aujourd’hui un modèle dans ce domaine non seulement sur le plan continental mais à l’échelle planétaire, a fait observer M. Kekana.

Et de conclure que le Maroc est bien positionné pour servir de trait d’union entre l’Afrique et l’Europe et de porte-parole pour le continent africain, surtout lorsqu’il assumera la présidence de la COP22, une conférence qui devra tenir toutes ses promesses en tant que conclave fondateur du futur.

(Source MAP)
Jeudi 2 Juin 2016 - 14:11





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