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Besson à atlasinfo: le visa de long séjour, une révolution pour les règles d’entrée et de séjour en France


Vendredi 30 Avril 2010 modifié le Samedi 1 Mai 2010 - 00:27

Dans un entretien accordé à atalsinfo.fr, le ministre de l'Immigration et de l'identité nationale, Eric Bessn, a qualifié de révolutionnaire le visa de long séjour valant titre de séjour (VLSTS). Il livre aussi son analyse, notamment, sur le débat sur l'identité qui a "pour but de réaffirmer ce qui rassemble les Français", ainsi que sur la polémique su le port du voile intégral.




Besson à atlasinfo: le visa de long séjour, une révolution pour les règles d’entrée et de séjour en France
atlasinfo: Vous avez qualifié la mise en place du visa de long séjour valant titre de séjour de "révolution pour les règles d’entrée et de séjour » sur le territoire français. Voudriez-vous nous éclairer sur le caractère révolutionnaire de cette démarche ?

M.Besson: Le visa de long séjour valant titre de séjour (VLSTS) constitue effectivement une révolution pour les règles d’entrée et de séjour sur le territoire français. Il autorise désormais l’entrée et le séjour en France, sans obligation de demander un titre de séjour pendant les douze premiers mois de la présence en France. Cette mesure de simplification supprime l’instruction successive de la demande de visa par le consulat et du premier titre de séjour par la préfecture. Elle va concerner l’ensemble des conjoints de Français, des salariés, y compris les salariés détachés, des travailleurs temporaires, et des étudiants. Au total, ce sont près de 100.000 étrangers par an qui devraient pouvoir en bénéficier.


Pour quelles raisons vous avez, dans le projet de loi adopté récemment en Conseil des Ministres, porté de 30 à 45 jours la durée de rétention des étrangers expulsables ?

M. Besson: Ce sont les pays d’origine qui nous demandent un délai suffisant pour reconnaître leurs ressortissants et délivrer les laissez passer consulaire. Cette durée maximale de 45 jours correspond aussi à la règle actuellement négociée par la Commission européenne avec des pays tiers pour la délivrance des laissez-passer consulaires dans le cadre des accords européens de réadmission : elle est donc nécessaire à la bonne insertion des pratiques françaises dans le cadre européen. La France restera le pays européen dont la durée maximale de rétention est la plus courte, et très nettement inférieure à la durée maximale fixée par la directive communautaire, qui est de 6 mois.


On vous reproche votre tendance à durcir encore davantage les conditions d’entrée et de séjour en France en instaurant une interdiction de retour sur le territoire français et en créant des zones d’attente « dématérialisées ».

L’interdiction de retour, comme les zones d’attente temporaires, ne constituent pas des obstacles à l’immigration légale, mais des instruments de dissuasion de l’immigration illégale. Les personnes qui entrent et séjournent illégalement en France, qui ne disposent d’aucun droit à s’y maintenir, et qui refusent toute proposition de retour volontaire, doivent être reconduites dans leur pays d’origine et ne doivent pas pouvoir y revenir immédiatement. C’est une mesure de bon sens. Concernant les zones d’attentes temporaires, elles visent à permettre de répondre à une arrivée massive d’immigrés en situation irrégulière en dehors d’un point de passage frontalier, c’est-à-dire à un point de passage dépourvu de zone d’attente permanente. Il s’agit là aussi d’une mesure de bon sens.


Plusieurs dérapages verbaux ont jalonné le débat sur l’identité nationale qui, au lieu de donner aux étrangers un guide de valeurs républicaines à respecter, a pris pour cible l’immigration maghrébine et africaine. Qu’en dites-vous ?

Le grand débat sur l’identité nationale a pour but de réaffirmer ce qui rassemble les Français autour d’un projet commun, qu’il s’agisse de leur histoire, de leur culture, de leur langue, des valeurs et principes qui les unissent, ou du projet commun qui les anime. Quelques dérapages ultra minoritaires ont été surmédiatisés. Ils ont été exploités politiquement par une gauche angélique, qui nie toute nécessité de maîtriser les flux migratoires, et une extrême-droite xénophobe, qui rejette toute immigration. Je suis convaincu au contraire que tous les républicains doivent se réapproprier l’idée de Nation, une Nation qui accueille et qui intègre ceux à qui elle a accordé droit de séjour.


Le débat sur la burqa continue de raviver les tensions au sein des partis politiques de droite comme de gauche. Etes-vous pour une loi d’interdiction totale du voile intégral ?

Oui j’y suis favorable. Le gouvernement présentera prochainement un projet de loi portant interdiction générale du voile intégral dans l’ensemble de l’espace public. Le port du voile intégral constitue une atteinte à nos principes républicains, notamment à l’égalité entre homme et femme.


Quelle reconfiguration à votre avis de la place du Maroc au sein de l’Union Européenne, après le statut avancé qui lui a été accordé en 2008 ?

Le statut avancé est la marque du partenariat d’exception entre l’Europe et le Maroc : aucun pays de la région n’est parvenu à un tel niveau de coopération avec l’Union Européenne. Cette décision historique permettra au Maroc de participer progressivement à de nombreux programmes européens. Nous travaillerons désormais ensemble dans tous les domaines, y compris dans des affaires aussi stratégiques que le règlement des crises internationales. C’est le même esprit qui anime le Maroc et la France dans la construction de l’Union Pour la Méditerranée.
Vendredi 30 Avril 2010 - 15:24

Anas Bachir




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