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Bernard Kouchner donne des signes de lassitude


Lundi 10 Mai 2010 modifié le Lundi 10 Mai 2010 - 12:01

Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères, fête lui aussi ses trois années à la tête du prestigieux quai d’Orsay. Avec une satisfaction arithmétique et une frustration professionnelle. En effet, depuis que Bernard Kouchner avait choisi de quitter sa famille politique et de répondre aux sirènes d’ouverture de Nicolas Sarkozy, rares étaient ceux qui lui prédisaient une telle longévité.




Bernard Kouchner donne des signes de lassitude
L’homme, ainsi que son séducteur avaient le profil des coups brefs et secs. Trois années ressemblaient à une éternité. Un mariage de raison et une séparation aussi rapide que passionnée. Tel était le scenario envisagé par beaucoup.

En fait là où Bernard Kouchner pouvait pousser une de ses gueulantes indignées dont il avait habitué sur les plateaux de télévision et qui avait fait sa célébrité et sa popularité, il a observé un silence mystique. A part quelques digressions plus reliées à des gaffes qu’à des prises de positions de rupture comme sur l’Iran, l’Etat palestinien, la relation avec l’Algérie ou sur la crise grecque, Bernard Kouchner a développé une belle langue de bois qui consiste à formuler une solidarité à toute épreuve avec les décision présidentielles sans trahir ses propres réserves.

L’enjeu était de taille. Durer à la tête du Quai d’Orsay le maximum de temps, démentir tous les oiseaux de mauvais augures qui, estimant que la nature est plus fortes que toutes les logiques, prédisaient un clash d’intérêt entre les deux hommes.

Le prix à payer pour profiter d’une certaine continuité était d’avaler les couleuvres. La politique étrangère de la France se concoctait exclusivement dans les bureaux exigus de l’Elysée sous la houlette de deux grands maitres de la Sarkozie, le secrétaire général Claude Guéant et l’influent conseiller diplomatique Jean David Levitte. Bernard Kouchner et l’élite des diplomates de son ministère se contentaient d’observer et de se livrer, les rares fois où ils sont sollicités, à un travail de pédagogie et d’explication.

Cette situation a eu le don, dès le début, d’affaiblir le crédit et l’aura de Bernard Kouchner. Quand il lui arrive de rendre visite à certaines capitales vitales pour la diplomatie française, les sourires de courtoisie sont de circonstances. Tant la certitude est vérifiée que le rapport direct avec l’Elysée est le seul canal de communication efficace.

L’amertume est redoublée d’intensité quand Bernard Kouchner découvre que sur certains terrains de grande effervescence politique, il a déjà et souvent été précédé par le duo Guéant/ Levitte, le seul chargé de porter la parole présidentielle.

C’est cette pression qui explique la dernière sortie de Bernard Kouchner lorsqu’il affirme publiquement « enrager » de travailler sous la tutelle des hommes de l’Elysée. Cette expression a été perçue comme une manifestation de mauvaise humeur aigue.

Dans sa dernière livraison, « Le Nouvel Observateur » affirme que Bernard Kouchner aurait exprimé son souhait de quitter le gouvernement, scandalisé qu’il était par la manière : «très désinvolte, dont le traitent l'Elysée en général et le conseiller diplomatique du président, Jean-David Levitte, en particulier. » Mais Nicolas Sarkozy aurait refusé sous prétexte que laisser partir une prise de guerre comme Bernard Kouchner aurait signifié la fin de l’ouverture politique.


Lundi 10 Mai 2010 - 11:51

Mustapha Tossa




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