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Au Maroc, les abolitionnistes en appellent à une prise de conscience législative


Mercredi 11 Octobre 2017 modifié le Jeudi 12 Octobre 2017 - 21:36

Narjis Rerhaye (A Rabat)




Au Maroc, les abolitionnistes en appellent à une prise de conscience législative
« Tant que les conservateurs seront aux commandes du gouvernement, la peine de mort ne sera pas abolie au Maroc ! ». Le bâtonnier et membre de la coalition marocaine pour l’abolition de la peine de mort au Maroc, Abderrahim Jamai, ne décolère pas.

Hier, mardi 10 octobre, à l’occasion de la journée mondiale de l’abolition de la peine de mort, il répondait à l’appel de la coalition marocaine contre la peine de mort qui a organisé mardi 10 octobre un sit in devant le parlement, à Rabat. Cet abolitionniste de la première heure, fondateur de la coalition marocaine contre le châtiment suprême, le dit haut et fort. Un tel sit in a pour vocation d’adresser un message fort au chef de gouvernement et à l’Exécutif pour que, explique-t-il, cette peine cruelle et inhumaine soit abolie en terre marocaine.

« Depuis 1999, le Maroc s’abstient de voter en faveur du moratoire relatif peine de mort. Et plus grave encore, il y a quelques jours à Genève, devant le conseil des droits de l’Homme, le ministre d’Etat aux droits de droits de l’homme a clairement affirmé que le Maroc n’allait pas abolir la peine de mort », rappelle A. Jamaï.

Le réseau des avocats marocains a répertorié pas moins de 900 cas où la peine de mort est requise dans le code pénal. « Pourquoi la peine de mort est –elle maintenue alors que la constitution de 2011 consacre le droit à la vie ? Il y a véritablement une volonté législative de maintenir ce châtiment suprême et irréversible.

Le conseil national des droits de l’homme a un discours clair et sans la moindre ambiguïté sur le sujet en appelant à l’abolition de la peine de mort. En 2014, quand le Maroc a accueilli la conférence mondiale sur les droits de l’Homme, le débat a bel et bien eu lieu. Et ses principales recommandations en appelaient à la suppression d’une telle peine au Maroc. Alors, il faut arrêter de se cacher derrière l’argument selon lequel la société n’est pas prête à voir la peine de mort abolie », estime celui qui a été le premier coordinateur de la coalition marocaine contre la peine et membre fondateur de l’Observatoire marocain des prisons.

Ce mardi 10 octobre, à Rabat, devant le parlement, les abolitionnistes ont brandi haut leurs convictions. « Non à la peine de mort », « non à la grave violation du droit sacré à la vie ». Ceux et celles de la coalition ont de nouveau revendique l’abrogation définitive de la peine de mort du code pénal. Si les exécutions sont suspendues au Maroc depuis 1993, la peine de mort continuait d’être prononcée jusqu’en 2015. Et 92 personnes –dont une femme- sont dans les couloirs de la mort des prisons marocaines.

« Nous en appelons à une prise de conscience législative. De la même manière, nous appelons le gouvernement à adopter le deuxième protocole facultatif se rapportant au pacte international relatif aux droits civils et politiques et qui vise à abolir la peine de mort », a déclaré à Atlasinfo le bâtonnier Abderrahim Jamaï

Mercredi 11 Octobre 2017 - 18:40





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