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Attaque de requin en Egypte : un témoin raconte


Lundi 6 Décembre 2010 modifié le Mardi 7 Décembre 2010 - 09:51




Attaque de requin en Egypte : un témoin raconte
Ils ont beau bronzer sur les plages de Charm-el-Cheikh, les touristes de cette station balnéaire égyptienne se repassent en boucle le scénario cauchemardesque. Celui d'une septuagénaire allemande, déchiquetée dimanche par un requin, devant des vacanciers horrifiés. Et l'interdiction de se baigner dans les plages du secteur ne les aide pas à oublier la présence des dents voraces qui hantent la mer Rouge.

Une mort d'autant plus tragique que, la veille du drame, le maire de Charm el-Cheikh avait déclaré l'endroit sûr. Pourtant, quelques jours auparavant, trois touristes avaient été attaqués, dont deux mutilés, par des requins lors de deux incidents séparés.

Un touriste suédois plonge et ramène le corps de la victime

Le jour de l'attaque, Oxana Turenko, une vacancière russe, s'expose au soleil lorsqu'elle entend des cris. Elle se rue vers un petit promontoire rocheux. «J'ai vu un grand poisson, de deux ou trois mètres peut-être», dit-elle en montrant les eaux turquoise : «J'ai vu les bras de la femme s'agiter dans l'air. Tout le monde a commencé à crier aux baigneurs de sortir».

En entendant hurler «Attaque de requin!», Niclas Westmar, un commerçant suédois en vacances, bondit de sa chaise longue vers une jetée d'où il voit l'attaque. «C'était trop dangereux de plonger, raconte-t-il, j'ai vu deux requins». Il descend de la jetée, crie à un secouriste de nager avec lui et s'approche à quelques mètres de la victime dont le corps flotte dans un nuage de sang. Le secouriste parvient à attraper le corps sans vie et le pousse vers le Suédois, qui le ramène sur la plage. «Je ne pensais à rien. Je pensais juste qu'il fallait que je la sorte de l'eau», se souvient-il.

Julie Lund, une touriste danoise, se trouvait dans un bateau de plongée à quelque 300 mètres de là lorsque le requin a attaqué la septuagénaire. Son petit ami, lui, était dans l'eau. «Les garde-côtes se déplaçaient très vite en bateau pour avertir les gens. Les drapeaux rouges ont été levés sur la plage», a-t-elle dit. Lundi, la plage était surveillée par des secouristes chargés de faire respecter l'interdiction de se baigner.

Lundi, quelques baigneurs malgré les avertissements

Quelques vacanciers insistaient pourtant pour tremper leurs pieds dans l'eau, tout en regardant un bateau plein d'équipement de surveillance longer la côte, flanqué de trois embarcations. Le bateau de surveillance, initialement destiné à un projet pour l'installation de câbles électriques vers l'Arabie saoudite, a désormais pour mission de trouver le squale. Après les attaques de la semaine dernière contre les trois touristes russes, les autorités avaient annoncé la capture de deux requins. Le ministre de l'Environnement, Magued George, avait affirmé que le problème était réglé et ordonné qu'un mois de salaire supplémentaire soit versé aux hommes ayant attrapé les bêtes.

Les plages avaient été rouvertes malgré l'avertissement d'une association locale, d'après qui un requin était toujours libre. Le gouverneur du Sud-Sinaï, Abdel Fadel Choucha, assure qu'au moins l'un des deux requins capturés vendredi est bien l'auteur des attaques de la semaine dernière. Les autorités sont soucieuses de rétablir la normalité dans la station balnéaire, l'un des piliers de l'industrie touristique égyptienne, vitale pour l'économie du pays.

Les causes des accidents restaient difficiles à comprendre. «C'est imprévisible, n'est-ce-pas ?, déclare un touriste britannique. On ne peut pas savoir ce que fera un animal sauvage. Pourquoi devrait-on se sentir en sécurité ?».
«Et comment être sûr que l'on a repéré le bon requin et qu'on l'a tué ?», interroge Yann Vautrin, un Français responsable d'un centre de plongée à Charm.
Lundi 6 Décembre 2010 - 22:13

Atlasnfo




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