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Assez de l’incompétence. Réveillons nos consciences !


Lundi 31 Juillet 2017 modifié le Mardi 1 Août 2017 - 02:25

-- Par M. Abdellah Boussouf, Secrétaire général du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) --




Nous ne sommes plus surpris par la force des discours du Roi Mohammed VI, ni du réalisme qu'ils dégagent, ni des mots sans équivoque qu’ils contiennent. Le discours du trône du 29 juillet 2017 n'a pas dérogé à cette règle, mais s'est toutefois distingué des discours qui le précèdent par sa forte charge contre l’incompétence et les irresponsables, et les suites qu’il laisse présager.

Plusieurs observateurs s'attendaient à un discours du trône axé uniquement sur le dossier d'Al Hoceima, sur ses revendications sociales et économiques, sur ses détenus. Mais le discours a été plus loin . Il a profondément analysé, dans une langue comprise par tous, les différents dysfonctionnements qui contribuent à accentuer les crises et à entraver les projets de développement, puisque ce qui se produit à Al Hoceima peut en effet se reproduire à Khouribga, à Agadir, à Fès ou dans d’autres villes.

Le discours du trône de 2017 a mis le doigt sur plaies et l’accent sur un Maroc à deux vitesses : celui de la réussite des stratégies sectorielles comme celles de l’agriculture, l’industrie et les énergies renouvelables, et celui de la défaillance des programmes de développement qui ne font pas honneur au pays.
Une gestion à deux vitesses entre un secteur privé efficient, performant et créateur de richesses et d’opportunités de travail, et un secteur public moins performant, affecté par une mauvaise gouvernance, une maque d’efficacité et gangrené par des ambitions personnelles.

Le sens du Maroc à deux vitesses s’étend aussi à la problématique des mentalités de la gestion administrative qui n’admettent pas de changer, et des mentalités de la gestion politique qui ne sont point à l’écoute des préoccupations des citoyens et ne soucient que de leurs calculs politiciens ou de leurs intérêts partisans. Ces mentalités s’adonnent aux intérêts personnelles et partisanes au lieu d’accomplir leur devoir, allant jusqu’à risquer l’intérêt de la patrie sans aucun problème de conscience.
Ces pratiques malsaines ont largement contribué à pousser des jeunes, en particulier, à bouder l’engagement politique au sein des partis puisqu’ils ne font simplement plus confiance à une classe politique corrompue.

Voilà qui ne laisse pas d’autre choix au citoyen que de solliciter le Roi du pays et se plaindre de la procrastination de l’administration, demandant son intervention pour trouver une issue à leurs préoccupations ou problèmes, alors les politiques se cachent derrière le palais et lui imputent la responsabilité de leur défaillance.

Assez ! Une nouvelle étape s’ouvre. Le discours du trône de 2017 a défini de nouveaux seuils car la situation ne peut désormais plus perdurer puisque ce qui est en jeu, ce sont les intérêts de la Nation et ceux du citoyen.

C’est ainsi que Roi et le peuple expriment ensemble leur manque de confiance en des responsables politiques et leur manière d’exercer la politique. C’est ainsi que nous nous posons des questions sur l’utilité des institutions en place, sur la tenue des élections, sur la désignation du gouvernement, des walis, des ambassadeurs et des consuls qui ne sont pas à l’écoute des préoccupations du peuple…

Puisque garantir la sécurité, la stabilité du pays et sauvegarder les droits et les libertés du citoyen font partie des prérogatives du Roi, comme stipulé dans les articles 41 et 42 de la Constitution de 2011, Sa Majesté a sommé les responsables à répondre au choix entre s’acquitter pleinement de leurs missions ou se retirer, insistant sur la nécessité d’une application stricte des lois et de la Constitution, notamment en ce qui se rapporte à la corrélation entre responsabilité et reddition des comptes. Car le Maroc est au-dessus de tous, au-dessus des partis et des postes et il n’est désormais plus possible de se dérober à ses responsabilités ou de jouir de l’impunité.

La force du discours royal fera de tout retardement d’un projet social ou de développement pour des calculs personnels une trahison pour tout le préjudice qu’il porte aux intérêts et aux droits des citoyens.

Le discours du trône de 2017 a insisté sur l’application effective et sans faille de la Constitution, car ces dysfonctionnements sont une responsabilité collective du gouvernement, du parlement, des partis politiques et de toutes les institutions publiques. Dans ce cadre, il y a lieu de mettre l’accent sur la nécessité d’appliquer l’article 7 de la Constitution qui appelle les partis politiques marocains à œuvrer à l’encadrement et à la formation politique des citoyens, à la promotion de leur participation à la vie nationale et à l'exercice du pouvoir dans le cadre des institutions constitutionnelles.

Les partis politiques jouent-ils leur rôle constitutionnel ? Qu’en est-il de leurs sièges et leurs sections qui s’étendent sur tout le territoire national y compris Al Hoceima ? Les jeunesses des partis jouent-elles leur rôle dans le renouvellement des élites ? Ou se résignent-elles à animer les campagnes électorales et à produire des programmes consommés ? La régression dangereuse des partis politiques et le fossé qui les séparent des populations est un manquement explicite à l’article 7.

Comme dans tous les discours royaux, ce discours a contenu des solutions pour dépasser toutes ces difficultés : premièrement le changement des mentalités, deuxièmement doter l’administration des meilleurs cadres, troisièmement des partis politiques faisant appel aux élites les plus qualifiées, quatrièmement, promouvoir l’esprit de responsabilité et d’engagement civique.

Ce discours renouvelle le pacte avec le peuple pour poursuivre le travail sincère et répondre à ses besoins et aspirations. Ce qui est sûr est que les prochains jours connaîtront les nouveaux repères d’une nouvelle ère, celle de l’après discours du trône de 2017. La force du contenu et le réalisme du discours assurent qu’il ne restera pas sans suite.

(Traduit de l’arabe)


Lundi 31 Juillet 2017 - 15:21





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