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Assassinat d'un opposant algérien en 1987 à Paris: sa famille conteste le non-lieu


Jeudi 18 Juin 2015 modifié le Vendredi 19 Juin 2015 - 01:25




La famille d'Ali Mécili, opposant algérien assassiné par balles en plein Paris en 1987, a contesté jeudi devant la cour d'appel de Paris le non-lieu rendu en novembre 2014 par une juge d'instruction française et demandé que l'enquête reste ouverte. La cour d'appel, devant laquelle le parquet général a demandé la confirmation du non-lieu, rendra sa décision le 10 septembre.

En exil en France depuis 1965, Ali Mécili, devenu avocat au barreau de Paris, avait été assassiné de trois balles au soir du 7 avril 1987, dans le hall de son immeuble, en plein centre de Paris.

Sa famille a toujours accusé le pouvoir algérien ou les services secrets d'être impliqués dans la mort de cet opposant, qui avait confié à ses proches avoir été menacé à plusieurs reprises avant le crime.

"Fermer ce dossier, c'est admettre l'impunité pour les crimes politiques", a affirmé à l'AFP Annie Mécili, devant la cour d'appel où l'audience était à huis clos.

Ali Mecili, 46 ans, était porte-parole d'Hocine Aït Ahmed, l'un des chefs historiques de l'indépendance algérienne et l'un des principaux opposants au régime de l'époque, lui aussi en exil. L'avocat était reconnu pour son rôle dans le rapprochement entre Aït Ahmed, chef de file du Front des forces socialistes (FFS) et Ahmed Ben Bella, qui avaient fondé en 1985 à Londres un front uni contre le président de l'époque, Chadli Benjedid.

Deux mois après le crime, la Brigade criminelle avait interpellé un suspect, Abdelmalek Amellou, chez qui les policiers avaient retrouvé un ordre de mission de la Sécurité militaire algérienne. Il avait été relâché après sa garde à vue et expulsé dans la foulée vers l'Algérie avec sa concubine, sur ordre du ministre de la Sécurité Robert Pandraud.

"L'empressement des autorités françaises à se débarrasser de ce suspect montre bien qu'il s'agissait d'une +affaire d'États+", a affirmé l'avocat de la famille Mécili, Me Antoine Comte.

L'enquête avait longtemps piétiné avant la délivrance en 2007 de deux mandats d'arrêts contre Abdelmalek Amellou et un possible commanditaire, un diplomate algérien arrêté en août 2008 à l'aéroport de Marseille. Cette arrestation avait provoqué une crise diplomatique avec Alger. Le diplomate avait bénéficié d'un non lieu en 2010.

"La complaisance des autorités françaises dans ce genre d'assassinat n'aboutit qu'à une chose, c'est qu'ils se reproduisent", a dénoncé Me Comte.

Selon une source proche du dossier, le dernier non-lieu rendu par la juge constate que les multiples demandes de coopération internationale sont "demeurées vaines".

Jeudi 18 Juin 2015 - 13:52

AFP




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