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Algérie: violents affrontements au sommet de l’Etat


Par Atlasinfo


A deux mois de la présidentielle, les Algériens assistent, médusés, à un affrontement d'une rare violence au sommet de l’Etat. Avec l’attaque frontale lancée le 3 février par le chef du FLN, Amar Saïdani, contre le général Toufik, le puissant patron du DRS (ex-sécurité militaire), la «ligne rouge» a été franchie publiquement.




Algérie: violents affrontements au sommet de l’Etat
En règle générale, c’est le règne de l’omerta au sein du sérail, surtout s’agissant des coups tordus des «services». Or Saïdani accuse le général Toufik de tout ce que les Algériens chuchotent : errements du «tout sécuritaire» pendant la «sale guerre» des années 90 ; assassinats non élucidés du président Boudiaf, de Abdelakh Benhamouda, le secrétaire général de la centrale syndicale UGTA ou des moines de Tibehirine, sans oublier la déstabilisation des (rares) partis politiques qui gênent. Rien ne manque dans ce déballage des pratiques troubles du régime. Pas même les manipulations plus récentes par le DRS des groupes islamistes dans la bande sahélienne et les failles de la sécurité dans l’attaque de la base gazière de Tiguentourine début 2013…

Le hic, c’est que personne ne croit qu’un vieux routier du système comme le patron du FLN, fidèle parmi les fidèles du président Bouteflika, se soit soudain converti aux vertus de la transparence démocratique ou ait lancé une charge aussi périlleuse sans être «couvert» et sans solides garanties. Sa sortie est du coup analysée comme une offensive du «clan présidentiel» contre Toufik (74 ans) pour le mettre en retraite et forcer la voie à une nouvelle présidence Bouteflika. Le quotidien arabophone El-Khabar a même annoncé la destitution de Toufik Médienne.

« Les hostilités ouvertes entre l'état-major et le DRS, deux piliers majeurs de l'institution sécuritaire algérienne, semblent bien cependant dépasser le cadre de la présidentielle et la candidature éventuelle de M. Bouteflika contre laquelle au fond, personne, au sommet de l'Etat, n'a opposé de veto », écrit le journal le Monde de jeudi. « Mais le système d'arbitrage traditionnel ne fonctionne plus. L'équilibre interne originel au sein de l'armée est rompu », relève-t-il.

« Une usure synonyme sans doute également de fin de règne », en présence d'acteurs issus d'une même génération : Gaïd Salah, chef de l’état-major, est âgé de 74 ans, « Toufik », né en 1939, est aussi l'un des derniers « janviéristes » (hauts cadres de l'armée à l'origine de l'arrêt du processus électoral de 1991) à occuper un poste officiel.

« Créé en 1990 pour succéder à la Sécurité militaire née pendant la guerre d'indépendance, le Département du renseignement et de la sécurité avait peu à peu pris son autonomie jusqu'à devenir un Etat dans l'Etat redouté », poursuit le Monde, rappelant que c'est lui qui contrôlait jusqu'ici les nominations des militaires. Et c'est lui qui a lancé des opérations judiciaires retentissantes dans la lutte contre la corruption qui ont parfois concerné des proches de M. Bouteflika, comme Chakib Khelil, l'ancien ministre de l'énergie poursuivi en justice.

« Aujourd'hui, le balancier revient en sens inverse, et une partie de l'armée paraît vouloir reconquérir le terrain perdu », souligne-t-il.

Mardi dernier, le président Bouteflika est sorti de son mutisme à l’occasion du crash meurtrier d’un avion militaire. Volonté de calmer le jeu ou trop de provocations contre le DRS deviendraient périlleuses pour ses proches, particulièrement pour son frère Saïd ? «Nul n'est en droit, quelles que soient ses responsabilités de s'en prendre à l'Armée nationale ni aux autres institutions constitutionnelles» du pays", déclarait-il.

Dans une lettre adressée à Said Bouteflika pour les besoins d’un ouvrage qu’il entend consacrer à la famille Bouteflika, , Hicham Aboud, ex-officier du DRS, ancien propriétaire des quotidiens "Mon Journal" et "Djaridati", interdits de publication, accuse le frère cadet du président algérien de "perversion sexuelle", trafic de drogue et corruption. Plusieurs quotidiens et médias algériens ont laissé entendre que les graves accusations de Hichem Aboud sont une manœuvre orchestrée par le clan du général Toufik. Le grand déballage a commencé…

Mercredi 12 Février 2014 - 20:05



Mercredi 12 Février 2014 modifié le Jeudi 13 Février 2014 - 11:59


1.Posté par filou le 13/02/2014 23:44 | Alerter
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C'est un avion sans pilote l' état n' existe pas l' état est malade.

2.Posté par Funky le 14/02/2014 08:54 | Alerter
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Les affrontements ne sont pas une surprise. C'est leur violence qui surprend. Avant chacun aidait l'autre à se cacher derrière son petit doigt, là c'est le lavage du linge sale devant le monde entier. Peut-être, c'est une bonne nouvelle. Le système opaque est en train de s'effondrer.

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