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Algérie: une économie tributaire des hydrocarbures


Vendredi 11 Avril 2014 modifié le Vendredi 11 Avril 2014 - 22:08




Le président que les Algériens éliront le 17 avril devra faire face au défi de diversifier une économie tributaire des hydrocarbures, dont une éventuelle baisse des prix pourrait entraîner de nouvelles tensions sociales.

Le pays est régulièrement secoué par des mouvements de mécontentements, et en 2011 le gouvernement à dû puiser sans ses réserves pour financer des mesures sociales. C'est ce qui lui a permis de contenir le Printemps arabe, annoncé dès janvier par quelques manifestations.

Mais les tensions risquent de se raviver dans les années à venir, explique l'économiste Abderahmane Mebtoul, au fur et à mesure que le pays accroît sa dépendance aux hydrocarbures.

Selon lui, "l'Algérie est caractérisée par un équilibre tant macro-économique que macro-social artificiel, permis grâce à la rente des hydrocarbures".

Et si le chômage a baissé, pour atteindre 9,8% en 2013, ce taux cache un large secteur informel constitué de travailleurs précaires souvent illégaux, créant ainsi une économie parallèle, estime M. Mebtoul.

Un rapport de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale française de décembre 2013 note que "le secteur des hydrocarbures n'emploie que 3% de la population active mais représente environ 40 du PIB, environ 70% des recettes fiscales et 97% des recettes d'exportations".

Lorsque le président Abdelaziz Bouteflika a conquis le pouvoir en 1999, le pays se libérait à peine de l'emprise du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque Mondiale, qui lui avaient administré une thérapie drastique face au contrechoc pétrolier de la fin des années 1980.

Résultat: "360.000 emplois détruits de 1994 à 1998, des milliers d'entreprises dissoutes ou fermées, une accumulation considérable de déficits sociaux ainsi que la destruction d'infrastructures par le terrorisme estimées à 24 milliards USD", rappelle l'expert Mustapha Mekideche.

Avec le redressement des prix du pétrole en 2000, l'Algérie a remboursé sa dette, thésaurisé 200 milliards de dollars de réserves de change et a investi 500 milliards dans des projets colossaux.

"De 1999 à 2012, l'Algérie a perçu davantage de ressources que pendant les 36 années précédentes. Les exportations d'hydrocarbures ont rapporté en 13 ans quelque 751 milliards de dollars", selon M. Mebtoul.

Vendredi 11 Avril 2014 - 22:03





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