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Algérie : mandat d’arrêt international contre l'ex-ministre de l'Energie, Chakib Khelil


Mardi 13 Août 2013 modifié le Mardi 13 Août 2013 - 19:58

C'est une première en Algérie. La justice a "décidé" de frapper un grand coup dans une lourde affaire de corruption contre sa société publique des hydrocarbures, Sonatrach, qui assure 95% des exportations d'hydrocarbures du pays, 15e producteur mondial de pétrole. Elle a lancé un mandat d'arrêt international contre un de ses ex-ministres. Au cœur de ce scandale : Chakib Khelil, ancien PDG de la Sonatrach et ministre de l'Energie durant plus de dix ans, son épouse, ses deux fils, notamment, sont accusés de "blanchiment d'argent, abus de pouvoir et constitution de bandes criminelles".




Algérie : mandat d’arrêt international contre l'ex-ministre de l'Energie, Chakib Khelil
L'ancien ministre algérien de l'Energie Chakib Khelil et plusieurs proches font l'objet d'un mandat d'arrêt international dans le cadre du scandale de corruption de la Sonatrach, a annoncé lundi le procureur général près la cour d'Alger, Belkacem Zeghmati.

Ces mandats d'arrêt concernent au total neuf personnes, dont l'épouse et les deux enfants de M. Khelil, ainsi qu'un de ses hommes de confiance, Farid Bedjaoui, a déclaré M. Zeghmati lors d'une conférence de presse.

Le parquet de Milan, dans le nord italien, avait également lancé un mandat d'arrêt international contre M. Bedjaoui, considéré comme l'intermédiaire dans le versement de pots-de-vin à des responsables algériens, notamment à la tête de la Sonatrach, pour l'obtention de marchés en Algérie par l'entreprise italienne d'ingénierie et d'exploration pétrolière Saipem, filiale du géant pétrolier italien ENI.

La justice italienne chercherait à saisir 123 millions de dollars (92,6 millions d'euros) déposés sur des comptes à Singapour et Hong Kong contrôlés par Farid Bedjaoui. Il serait actuellement à Dubaï avec un passeport français et pourrait être extradé vers son pays d'origine. Sur un total de 22 accusés, deux sont des entreprises, l'italienne Saïpem, objet d'une enquête en Italie pour des pots-de-vin versés entre 2007 et 2009 en échange de sept contrats en Algérie évalués à 8 milliards d'euros, et la société Orascom de l'Egyptien Naguib Sawiris.

Khelil, un proche de Bouteflika.

Cette décision est un coup de tonnerre en Algérie car cet ancien président de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ancien de la Banque mondiale, avait souvent été présenté comme un "super ministre". Ce polyglotte, qui a travaillé pour Shell et Philips Petroleum aux Etats-Unis, est devenu conseiller de Bouteflika en 1999.

Selon le procureur général, les premiers éléments de l'enquête ont permis de retrouver des comptes dans le monde entier. Et "le montant de chacune des opérations varient entre 20 millions de dollars et 175 millions d'euros. Une partie de ces fonds a été investie dans l'achat de biens immobiliers", a-t-il affirmé.

En février 2013, l'ex-ministre part vivre aux Etats-Unis. Le quotidien El Watan s'interroge sur le fait que Chakib Khelil ait pu quitter le pays en toute quiétude alors que ses domiciles avaient déjà été perquisitionnés. Le procureur général a expliqué : "Chakib Khelil n’était pas inculpé au moment où ses domiciles étaient fouillés. Les convocations (judiciaires) lui avaient été transmises et il les avait bien reçues. Il a adressé une lettre manuscrite au juge d’instruction à partir des Etats-Unis, où il était installé, pour l’informer de son impossibilité à se présenter parce qu’il était malade et que son médecin lui a interdit de voyager durant une période de deux mois. Il a joint à cette lettre un certificat médical dûment signé. C’était le 13 mai 2013. Depuis, il n’a plus donné signe de vie."

Sera-t-il extradé ? Rien n'est moins sûr même si depuis le 11 septembre 2001, les Etats-Unis et l'Algérie coopèrent. "Il est vrai qu'il a la nationalité américaine, mais pour nous il est Algérien Il suffit qu'il quitte les Etats-Unis et tout dépendra du pays où il s'adressera...", déclarait lundi le procureur général près la Cour d'Alger, Belcacem Zeghmati.

Mardi 13 Août 2013 - 00:49





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