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Algérie : les illusions de la richesse pétrolière


Par Hasna DAOUDI


Trente ans après la nationalisation des hydrocarbures, la richesse pétrolière accumulée semble avoir disparu tant elle est absente des indicateurs du bien-être. En Algérie, selon Luis Martinez, Directeur de recherche et spécialiste du Maghreb au Centre d'Etudes et de recherches internationales (CERI), le pétrole a fait le bonheur d’une minorité et la tristesse de la majorité.




Luis Martinez, directeur de recherche au CERI
Luis Martinez, directeur de recherche au CERI
Dans une étude pour le CERI, datée de fin septembre 2010, Luis Martinez estime que l’absence de contrôle et d’une institution de régulation de la rente pétrolière en Algérie a conduit à sa dilapidation.

Depuis 2002, selon l’auteur, le pays a renoué avec la richesse pétrolière. L’envolée du prix du baril, bondissant de 30 à 147 dollars entre 2002 et 2008, lui a procuré des revenus extérieurs inespérés qui lui ont permis de se doter de réserves en dollars estimées en 2009 à 150 milliards. Mais, alors que les drames de la décennie 1990 ne sont pas entièrement pansés et les illusions de la richesse pétrolières se sont évaporées dans les méandres de la précarité, ce retour inattendu de l’abondance financière ne manque toutefois pas.

A quoi la manne va-t-elle servir ? Qui va la contrôler ? Va-t-elle provoquer ou entretenir à nouveau violences et conflits ?, s’interroge Luis Martinez qui note que l’Algérie ne dispose pas de moyens lui permettant d’exploiter cette richesse inattendue et que l’économie nationale se révèle incapable d’absorber les milliards de dollars générés par le troisième choc pétrolier.

Selon l’auteur de cette étude, les grands chantiers en Algérie, sous-industrialisée et dépourvue du capital humain nécessaire, sont mis en œuvre et réalisés par des entreprises étrangères.
« Dans un contexte de violence sociale-politique, Abdelaziz Bouteflika se voit aux prises avec le paradoxe qui fait de ce chef d’Etat le dirigeant d’un pays « riche » mais incapable de répondre à la demande sociale », écrit Luis Martinez, estimant qu’ « Il suffirait d’une bonne gouvernance pour que la rente accroisse la richesse nationale. Et le bien-être de chacun ».

Pour Luis Martinez, ce raisonnement, « valable dans un pays pétrolier démocratique comme la Norvège, n’est pas applicable à un régime non démocratique, où la manne pétrolière est investie non dans la réalisation de performances économiques mais dans les mécanismes et les rouages de la consolidation d’un système clientéliste ».
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Lundi 11 Octobre 2010 - 15:36



Lundi 11 Octobre 2010 modifié le Lundi 11 Octobre 2010 - 16:07


1.Posté par Dominique le 17/10/2010 23:08 | Alerter
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Le pétrole peut souvent empêcher d'avance dans le bon sens si la démocratie et la transparence ne sont pas au rendez-vou: c'est le cas de l'Algérie !

2.Posté par Farday le 18/10/2010 16:37 | Alerter
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Dans certains pays, le pétrole n'est pas un boosteur pour les projets et la procréation de richesse mais juste une manière pour la junte au pouvoir de se remplir les poches.

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