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Algérie : le gouvernement toujours en retard sur le peuple


Jeudi 12 Mai 2011 modifié le Jeudi 12 Mai 2011 - 12:00

Forcément une décennie d’improvisations et de vaines promesses, ça paye cache un jour. Bousculé par une Algérie en révolte, le président et son gouvernement multiplient les déclarations de prochaines réformes




Algérie : le gouvernement toujours en retard sur le peuple
Depuis le début de l’année, les dossiers doivent sacrément s’empiler sur le bureau d’Ahmed Ouyahia, chef du gouvernement. Selon L’Expression, l’équipe Ouyahia ne sait plus où donner de la tête. Submergée par les dossiers des réformes politiques et ébranlée par le front social, elle n’arrive plus à joindre les deux bouts. «Nous sommes débordés», a confié un membre du staff gouvernemental qui se plaint de fatigue à ce quotidien. C’est à se demander ce qu’ils faisaient depuis toutes ces années. In fine, y a-t-il un chantier de terminer depuis toutes ces années ?

Le front social

Trop de retard accumulé, beaucoup de promesses de lendemains meilleurs, particulièrement depuis l’envolée du pétrole, mais rien de concret. Ou très peu. Les manifestants se relayent chaque semaine à Alger pour exprimer leur colère. Aucun corps social n’est décidément épargné par la révolte. Il y a les travailleurs communaux qui peinent toujours à être entendus, l’enseignement supérieur toujours vent debout, le corps médical en grève depuis plusieurs jours, les étudiants et le personnel de la justice qui a toujours un pied dans la rue. Les mesures restent sans suite, l’administration ne suit pas. Les libertés syndicales restent à inventer, malgré les déclarations de Sidi Saïd et des ministres. Quand à l’activité politique, elle se résume aux

Trop de chantiers en retard


Le sens de la prospective ne semble pas être la première des qualités de l’actuel gouvernement. Même les caisses de l’Etat toujours remplies à flot, l’Algérien ne voit toujours pas son quotidien changer. Depuis une décennie, le président et son équipe se sont lancés dans de nombreux chantiers dont ils n’arrivent manifestement pas à maîtriser ni la durée des travaux ni les coûts. L’ouverture de l’autoroute Est-Ouest prend du retard et accuse d’énormes surcoûts. Sans oublier tous les scandales qui ont entaché la passation de marchés. Le chemin de fer promis depuis des années à une rénovation a lui aussi du plomb dans l’aile, avec des retards dans la livraison, l’annulation de projets, etc. Ne parlons pas du tramway d’Alger, ni d’ailleurs du métro dont la dernière annonce d’ouverture est remise à janvier 2012. Au palais du gouvernement on multiplie les projets de réforme.

L’Algérien oublié ?


Le jeune Algérien a le regard aiguisé, critique et surtout éveillé. Internet et les chaines télévision d’information qui relayent ce qui se passe dans le monde ne sont pas étrangers à cette exigence d’une vie meilleure. On est tout près de l’Europe, et inévitablement on en subit les influences. Mais pas seulement. La démission de l’Etat et des collectivités locales dans la prise en charge des problèmes pratiques et quotidiens du citoyen sont aussi un formidable carburant pour l'indignation et la révolte. L’Algérien a besoin de réalisations concrètes qui changent sa vie de tous les jours, pas seulement de grandes idées aux contours imprécis. Il a besoin d’une administration efficace, d’hôpitaux qui soignent, pas des mouroirs. Il veut des moyens de transport propres et à l’heure, des stades, des salles de cinéma, des concerts et des routes sécurisés pas des tombeaux à grand jour. Le jeune attend des infrastructures sportives et culturelles accessibles tous les jours, pas des festivals à coup de millions d’euros destinés plus aux étrangers pour redorer une improbable image algérienne.

Un régime sourd

Il n'entend pas la rue gronder. Un exemple ? La répression qui s'abat sur toutes les corporations qui manifestent. Alger est devenue une caserne de CRS. L'autre illustration ? le dernier discours du président fait l’impasse sur l’essentiel, le fondamental : l’Algérien dans sa vie quotidienne. Il a préféré encore surfer sur de prochaines réformes. D’abord la révision de la Constitution, celle-là même qui a été réformée pour permettre à Abdelaziz Bouteflika un troisième mandat. Cette énième réforme veut clairement dire que la précédente était mal faite, sinon comment expliquer le changement d’une Loi fondamentale censée être la colonne vertébrale de nos institutions ? Dans les pays qui se respectent, on ne réforme pas une Constitution chaque deux ans. Les réformes gouvernementales ressemblent aux tonneaux des Danaïdes. Abrogation de la loi électorale, la loi sur les partis politiques, les associations et le Code de l’information, etc. Tout reste à refaire donc. Mais de quelle manière ? Et à quelle fin ?


Jeudi 12 Mai 2011 - 11:58

Le Matin dz




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