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Algérie: la campagne officielle de l'élection présidentielle commence ce dimanche


Dimanche 23 Mars 2014 modifié le Dimanche 23 Mars 2014 - 21:08

La campagne officielle de l'élection présidentielle en Algérie a démarré ce dimanche, alors que les manifestations contre un quatrième mandat du président sortant Abdelaziz Bouteflika se multiplient. Elle devra se poursuivre jusqu'au 13 avril prochain, soit 3 jours fermes avant l'opération de vote, c'est-à-dire le 17 du même mois.




Abdelaziz Bouteflika, Ali Benflis, Ali Fawzi Rebaine, Moussa Touati, Louisa Hanoune et Abdelaziz Belaid (dans le sens des aiguilles d'une montre, en haut à gauche) s'affronteront pour la présidence algérienne.
Abdelaziz Bouteflika, Ali Benflis, Ali Fawzi Rebaine, Moussa Touati, Louisa Hanoune et Abdelaziz Belaid (dans le sens des aiguilles d'une montre, en haut à gauche) s'affronteront pour la présidence algérienne.
Six candidats sont en lice pour la course au Palais d'El Mouradia, à leur tête le président sortant Abdelaziz Bouteflika qui part avec les faveurs des pronostics pour remporter un nouveau mandat, le quatrième de rang depuis sa première élection en 1999.

Trois autres postulants ont déjà fait l'expérience de l'élection présidentielle, à savoir l'ancien Premier ministre Ali Benflis, candidat malheureux en 2004, la secrétaire générale du Parti des Travailleurs, Louisa Hanoune, qui s'est présentée à deux reprises en 2004 et 2009, idem pour le président du Parti Ahd-54, Ali Faouzi Rebaine.

Abdelaziz Belaïd, président du Front El Moustakbal, et Moussa Touati, président du Front national algérien, font leur baptême de feu, après la validation de leur candidature par le Conseil constitutionnel qui avait reçu les dossiers de douze prétendants.

Pour l'occasion, le président au pouvoir depuis 15 ans n'a pas prévu de grand rassemblement mais s'est contenté d'une lettre diffusée samedi pour assurer que son âge - 77 ans - et sa santé fragile n'étaient pas des obstacles à sa réélection.

Ses partisans continuent à le voir comme le garant de la stabilité et à porter à son crédit la fin de la guerre civile qui a fait 200.000 morts dans les années 1990.

Ses opposants estiment en revanche que la course est faussée par la mainmise du Front de libération nationale (FLN), qui domine la vie politique depuis l'indépendance en 1962, et se demandent comment Abdelaziz Bouteflika pourra exercer un quatrième mandat alors qu'il ne peut même pas mener campagne.

Depuis janvier et son retour de Paris où il a été hospitalisé pour une attaque cérébrale, le chef d'Etat sortant ne s'est exprimé qu'une fois en public, début mars, pour annoncer sa candidature.

Les partis d'opposition, notamment le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) et les islamistes du Mouvement de la société pour la paix (MSP), ont appelé au boycott du scrutin, mais leur voix n'a qu'une faible portée.

Dimanche, quasiment aucune affiche de campagne n'était visible sur les Murs des artères les plus fréquentées d'Alger, la capitale.

"Pour moi, ce sera Bouteflika", anticipe un Algérois de 29 ans, Abdel Waheed. "Il a remis l'Algérie sur les rails et il a apporté la réconciliation."

Mais beaucoup d'électeurs se montrent plus désabusés sur l'avenir du pays, malgré les réformes constitutionnelles promises samedi par Abdelaziz Bouteflika dans son courrier aux électeurs.

"Est-ce que ça change quelque chose ? Rien ne change de toute façon", déplore Linda, une étudiante de 20 ans, interrogée sur son intention d'aller voter ou non. "C'est toujours la même chose, il n'y a pas de solution en Algérie."

Le journal El Watan, souvent critique à l'égard du président en exercice, a publié dimanche un dessin sur lequel figure une affiche électorale avec un trou en lieu et place du portrait de Bouteflika et un électeur qui s'interroge: "Il y a quelqu'un ?"

Dimanche 23 Mars 2014 - 15:15





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