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Algérie: Benchicou dénonce le clientélisme et une justice aux ordres


Vendredi 16 Juillet 2010 modifié le Vendredi 16 Juillet 2010 - 23:33

L’auteur, écrivain et journaliste, Mohammed Benchicou, directeur du journal algérien d’opposition ‘’Le Matin’’, interdit par le régime, condamné en 2004 à deux ans de prison, officiellement pour ‘’infraction au contrôle des changes’’, nous détaille à l’occasion de la sortie de son livre ‘’Notre ami Bouteflika’’, les séries de secousses politico-médiatiques qui continuent d’ébranler la scène algérienne.




Le directeur du Matin DZ, Mohamed Benchicou
Le directeur du Matin DZ, Mohamed Benchicou
Benchicou pointe du doigt le régime politique algérien : clientélisme, démocratie violée, détournements massifs de fonds publics, justice aux ordres, répressions sanglantes. Tous les ingrédients sont réunis pour justifier chez l’écrivain-journaliste l’indignation morale des citoyens algériens.

Ecrit sous sa direction, le livre ‘’Notre ami Bouteflika’’ (Ed Riveneuve), comme l’explique le journaliste à atalsinfo.fr, est un livre collectif pour dénoncer une confisaction du pouvoir au détriment d’une « société civile algérienne qui n’en finit pas de payer l’incurie et la gestion désastreuse du pays depuis l’indépendance ».

« Le Malheur est que Bouteflika se vante d’être à la tête d’un régime moderne et démocratique, alors que c’est le régime le plus répressif, le plus autoritaire, le plus absolu, le plus dépassé du continent africain et au niveau mondial », déplore le journaliste.

Pour Mohamed Benchicou, « Bouteflika n’a pas de base de popularité parce qu’il n’a connu l’Algérie qu’en 1962. Il est né et a vécu 25 ans au Maroc. Il n’a connu l’Algérie que lorsqu’il a été nommé à l’âge de 26 ans, ministre de la Jeunesse, donc par le haut. Il n’a partagé ni les souffrances ni le vécu du peuple algérien ».

Algérie: Benchicou dénonce le clientélisme et une justice aux ordres
Interrogé sur la position du président algérien à l’égard du Maroc, Benchicou estime que cela relève de la « psychologie ». « Le roi Hassan II exerçait une séduction terrible sur Bouteflika. Il l’admirait tellement qu’il voulait l’imiter, copier son style, sa manière de parler, d’analyser. En un mot, il se prenait pour un roi ».

Sur les frontières fermées entre le Maroc et l’Algérie, Benchicou souligne que « Bouteflika a fait beaucoup de choses dégradantes pour l’image de l’Algérie envers le Maroc. Parmi lesquelles cette attitude bornée qui consiste à ne pas ouvrir les frontières, quoique le Maroc fut à l’origine de leurs fermetures ».

« Mais cela fait maintenant 16 ans que le problème persiste et il y a aujourd’hui de nouvelles générations d’entrepreneurs, d’hommes d’affaires qui ne peuvent pas évoluer avec cette fermeture des frontières. », constate-t-il.

Quant aux rumeurs sur l'état de santé du président algérien, Benchicou estime que « La maladie du président ne pose aucun problème. Chez nous, on ne quitte pas le pouvoir. On peut rester pendant vingt ans dans le lit, malade, tout en exerçant le pouvoir. »
Vendredi 16 Juillet 2010 - 15:50

Propos recueillis par Anas Bachir




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