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Algérie: Ban Ki-moon profane la mémoire des victimes de l'impunité




A quelques mois de la fin du mandat le plus piteux de l'histoire de l'ONU, Ban Ki-moon a trouvé le moyen de s'enfoncer encore plus dans le ridicule: la "colombe de la paix" a profané la mémoire des victimes de la torture en Algérie par une honteuse "lettre d'amour" à l'adresse de leurs bourreaux.

Par Jamal Chibli*




Ban Ki-moon à l'écoute du président Bouteflika
Ban Ki-moon à l'écoute du président Bouteflika
Au cours d'un récent passage à Alger, le responsable onusien s'est mis à distribuer, à tout-va, des actes de rémission au profit des tortionnaires notoires dans ce pays, en déclarant sa flamme pour "la politique de la Rahma" (réconciliation) utilisée, de manière abusive et tendancieuse, pour enterrer la vérité sur la tragédie de la décennie noire.

Décidément, les victimes doivent se retourner dans leurs tombes, en le voyant cautionner, à escient ou par méprise, la parade trouvée par les auteurs des pires violations pour échapper aux poursuites judiciaires pour crimes.

Rattrapés par leur lugubre passé, les potentats du régime algérien ont eu l'ingéniosité de concocter, il y a quelques années, une loi sur mesure dans le dessein de baigner éternellement dans l'impunité.

Le "certificat de bonne conduite" délivré par le secrétaire général discrédite toutes les parties, y compris des structures onusiennes, qui s'emploient à établir les responsabilités et lever le voile sur les atrocités commises durant la tragédie nationale algérienne.

Par cette bourde que même un petit fonctionnaire à New York n'aurait pas commis, Ban Ki-moon doit blesser, jusqu'au plus profond de l'âme, les morts et les vivants, puisque des milliers de familles algériennes, portant encore le deuil, réclament toujours que toute la lumière soit faite autour des assassinats, des arrestations arbitraires et des disparitions.

Ban-seing offert aux généraux algériens

Le blanc-seing offert gracieusement aux généraux algériens, hantés par les plaintes déposées par les victimes partout dans le monde, ne peut être interprété que par deux manières : Soit, Ban Ki-moon a été tout bonnement embobiné par son corbeau noir pour le Sahara, soit il est en collusion avec un régime rémunérant grassement les services rendus.

Avant de se prononcer sur un sujet aussi délicat, il aurait pu consulter les documents accablants élaborés par les organismes qu'il est censé chapeauter, à leur tête le Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires (GTDFI).

Dans son dernier rapport datant de septembre 2015, le GTDFI a recensé plus de 3.100 cas de disparitions forcées non élucidés en Algérie depuis 1980, alors que le régime algérien lui refuse obstinément de visiter le pays. Si ses enquêteurs ont été autorisés à se rendre in situ, ils auraient découvert des vertes et des pas mûres.


Ban Ki-moon et Lamramra, le ministre des Affaiires étrangères de Bouteflika
Ban Ki-moon et Lamramra, le ministre des Affaiires étrangères de Bouteflika
Vraisemblablement, Ban Ki-moon n'a pas entendu que les tergiversations des autorités algériennes ont fini par écoeurer les membres de ce groupe, pourtant mandatés par le Conseil des droits de l'Homme qui, à son tour, est placé sous la houlette du Secrétaire général.

Aussi, Ban Ki-moon n'a-t-il pas entendu les gémissements et les récriminations des mères, des épouses et des fils des victimes des années de braise, qui ont refusé de se salir les mains par des pétrodollars en contrepartie de leurs consciences.

Roulé dans la farine par le thuriféraire "envoyé spécial" qu'il trimbale dans ses valises, Ban Ki-moon n'a même pas entendu les aveux du régime algérien qui reconnait officiellement 8.023 dossiers de disparitions forcées, dont 6.146 sont du fait des agents de l'Etat.

Ban Ki-moon, le fossoyeur

Bizarrement, Ban Ki-moon n'a pas daigné feuilleter la littérature très riche sur le sujet qu'ont développée les organisations de défense des droits de l'Homme, auxquelles ses services se réfèrent à satiété pour s'inquiéter du sort d'un militant ici ou d'un journaliste là.

Et puisque les propos de Ban Ki-moon sont en rapport avec sa tournée consacrée à la question du Sahara, on ne peut que faire le parallèle avec son attitude sur le dossier des droits de l'Homme au Maroc, un pays qui ne trouve pas grâce à ses yeux, quoiqu'il fasse.

Le Royaume a adhéré à tous les mécanismes onusiens des droits de l'Homme, une chose que mêmes de grandes démocraties n'ont pas encore fait.

Le Royaume accueille sans gêne tous les rapporteurs de l'ONU, qui accomplissent leur mission sans la moindre restriction.

Le Royaume travaille sincèrement et sans complexe pour la liquidation du passif des droits de l'Homme, l'action de l'Instance Equité et Réconciliation (IER), au-delà des observations justes ou partiales, ayant été mondialement saluée, sauf par les scribouilleurs et les haut-parleurs de Ban Ki-Moon.

Dans les provinces du sud, le Royaume a installé des antennes opérationnelles du Conseil national des droits de l'Homme, dont l'action sérieuse est en train de convaincre les plus récalcitrants. Un vent de liberté souffle au Sahara marocain, dans une démarche inclusive donnant le droit à toutes les sensibilités de s'exprimer.

Qu'en est-il de l'autre côté du mur, là où Ban Ki-Moon a fait sa profession de foi pour les tortionnaires ? Après les déclarations farfelues sur la "rahma", les généraux algériens doivent être comblés de se payer une nouvelle virginité inespérée.

Quelle crédibilité peuvent avoir les rapports présentés au Conseil de sécurité par un secrétaire général loin de maîtriser ses dossiers et qui se laisse suborner par un lieutenant roulant pour son propre compte et celui des lobbys qui l'emploient ?

La légèreté et l'incompétence qui frappent, à l'heure actuelle, le travail de la plus importante organisation internationale risquent d'avoir des conséquences fâcheuses sur la sécurité et la stabilité dans le monde, à moins de réparer les méprises à répétition, particulièrement celles préjudiciables à des Etats respectueux de la légalité internationale.

Au fil des ans, Ban Ki-moon a démontré qu'il éprouve un malin plaisir à blesser le sentiment national des Marocains. Gare à la révolte d'un peuple authentique !!!

(*MAP)

Vendredi 11 Mars 2016 - 15:34



Vendredi 11 Mars 2016 modifié le Samedi 12 Mars 2016 - 22:31

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